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II. — Nature des vents dangereux

En dehors des tempêtes auxquelles rien ne résiste, les vents les plus dommogcables ne sont pas toujours les plus impétueux. Ce sont ceux qu'accompagnent des précipitations abondantes, par un temps relativement doux, qui signalent, dans la plus grande partie de la France, les mois de pluviôse et de ventôse, c'est-à-dire dans le voisinage del'équinoxe du printemps. Il est facile de s'expliquer que, à vitesse égale, le vent renversera plus facilement des arbres dont la cime, chargée d'eau, est devenue très lourde, augmentant ainsi considérablement la masse, et par

Fig. 2. — Direction des vents dominants en France.

suite la force vive pour provoquer la rupture ou le déracinement du houppier qui oscille sous l'action du vent. Le déraci-

nombre de forêts domaniales dos Vos<(os.M. de Gail [lue. cil.) estime à 60.000 fr. la dépense occasionnée à l'Etat rien que de ce chef.

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nement sera d'autant plus facile que le sol détrempé n'a que peu de cohésion. Lorsque la terre est gelée, en hiver, les chablis sont toujours moins abondants, toutes choses égales d'ailleurs.

En plaine, les vents dangereux sont généralement ceux qui viennent de la mer la plus rapprochée, de TOuest ou du Sud- Ouest, les vents de pluie, qui sont du reste aussi les plus fréquents dans la plus grande partie de la France, à l'exception de la vallée du Rhône (fig. 2).

En montagne, les vents les plus dangereux sont souvent ceux qui descendent le cours des vallées, dont l'impétuosité n'est arrêtée par aucun obstacle, le sol se dérobant devant eux. A chaque confluent de vallées, la masse de l'air en mouvement se trouve renforcée de l'apport fourni par la vallée latérale ; aux points de rencontre des deux vallées se produisent des remous, vents tourbillonnants j et l'expérience nous montre que ceux-ci sont les plus redoutables en foret.

11 peut être assez délicat, en montagne, de se rendre compte do la direction habituelle des vents dangereux. L'orientation des vallées, la présence ou l'absence d'abris, provoquent des déviation locales des courants dont il est nécessaire de se rendre compte avec soin. Les gardes forestiers, les bûcherons fourniront à cet égard des renseignements précieux. Un préposé intelligent et attentif sait fort bien quel est le vent qui fait des chablis dans chacun des cantons de son triage. La direction de chute des chablis gisants dans la forêt fournira aussi des indications; enfin, on observera sur les lisières les déformations caractéristiques que subissent les arbres battus par le vent : ils ont souvent la forme en drapeau^ c'est-à-dire que Ja cime, presque plane, se trouve tout entière d'un côté de la tige, ce qui donne à l'arbre la forme d'un drapeau flottant au vent. (Voir II« volume, fig. 87, page 221.)

36 NOTIONS PRKI.IMINAIRKS A i/aMKNAGEMENF

IH. — Circonstances topographiqubs qui influent sur la production DES CHABLIS.

En montagne, les points les plus exposés aux dégâts du vent sont naturellement les pics, les sommets isolés qui ne sont abrités d'aucun côté, les crêtes et surtout les dépressions des crêtes : les cols. Sur ces derniers points, il est fréquent que le danger des chablis oblige à des précautions spéciales, ou même à des traitements particuliers pour les peuplements qui y croissent. En seconde ligne, se rangent les éperons, points de rencontre de deux vallées, où les vents produisent des remous et des tourbillons dangereux.

Les lisières supérieures des massifs, vers le haut des versants, sont naturellement beaucoup plus exposées que les lisières basses, du côté do la vallée. Elles sont non seulement plus exposées auvent, mais encore aux avalanches de neige, éboulemonts, etc. Aussi est-il souvent indiqué, dans les pays de montagne, de constituer en zone de protection toute la partie supérieure des massifs; les exploitations, dans ces régions élevées, sont alors réduites à l'extraction périodique des bois morts et des chablis, sans qu'on y poursuive aucun revenu régulier. Lors môme que les forêts s'élèvent jusqu'au sommet des versants, et couvrent la ligne de crête, il est fréquemment nécessaire de détacher, pour la soumettre à un traitement spécial, une bande s'éténdant de part et d'autre le long de la crête, jusqu'à une altitude inférieure de 60 mètres environ à celle de la ligne de faîte.

En plaine, les points les plus exposés sont les périmètres, et tout particulièrement les périmètres ouest et sud-ouest. Dans les régions maritimes, ce sont les lisières du côté de la mer qui doivent fréquemment être laissées en dehors des exploitations, pour servir de zone de protection aux parties placées en arrière.

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