‹ Economie forestière (volume 3)Chapitre 57 sur 99 · III. — MÉTHODE PAR VOLUME · texte numérisé non relu

III. — MÉTHODE PAR VOLUME

Article premier, — Conditions d'application de la méthode par volume.

Article deuxième, — Inventaire de la forêt.

Article troisième, — Durée du règlement d'exploitation.

Article quatrième. — Calcul de la possibilité. Elle est calculée en fonction du matériel total. Age d'exploitation. Répartition des bois en trois groupes : les gros, les moyens, les petits. Volume relatif normal des bois gros et moyens : le rapport 5/3. Volume total normal. Résultats d'expérience : constatations faites dans le Jura, les Vosges. On peut admettre que le matériel normal, dans la forêt, est moitié de ce qu'il serait si toute l'étendue était couverte de bois exploitables. Transferts effectués en vue d'établir le rapport normal du volume entre les bois gros et moyens. Affectation des gros bois au premier tiers de la durée de révolution. Calcul de la possibilité des produits principaux. Accroissement des gros bois. Possibilité des produits intermédiaires. Possibilité globale, comprenant tous les produits.

Article cinquième. — Etablissement du règlement d'exploitation. Répartition des parcelles en deux groupes. Le quartier des coupes de régénération, celui des coupes d'amélioration. Assiette des coupes d'amélioration.

Article sixième . — Application de l'aménagement. Précomptage des produits accidentels et intermédiaires. Les coupes de régularisation sont interdites. Révision du règlement d'exploitation.

Article septième. — Exemples d'application du procédé de calcul de la possibilité. Forêt de Vailly (matériel total très insuflisant, proportion normale entre les bois gros et moyens). Forêt do Sixt (matériel total prcsquesuffisant, proportion normale entre les bois gros etnioyens). Forêt du Rudlin (matériel total presque suffisant, surabondance de bois moyens).

Article huitième. — Critique de la méthode d'aménagement par volume pour les sapinières. Souplesse de la méthode. Elle ne suppose aucune forme de peuplements. Large part laissée à l'appréciation dans le

346 LES TRAVAUX ESSENTIELS DE l' AMÉNAGEMENT

procédé de calcul de la possibilité. Inexactitude des bases théoriques de ce calcul : les résultats sont néanmoins pratiquement acceptables. Article neuvième. — Emploi du taux Masson pour le calcul de la possibilité. Rappel du taux Masson. Comparaison du procédé Masson et du procédé de 1883 pour le calcul de la possibilité. Inconvénient du taux Masson provenant de ce qu'il ne tient compte que du volume total du matériel et aucunement de sa répartition entre les différentes classes d'âge ni de son état de végétation. L'emploi du taux Masson conduit la forêt vers rétat normal. Procédé indiqué par M.Scha3(Ter pour haler la constitution du matériel normal en employant un taux dériVé du taux Masson.

§ 1. — Aménagement des taillis pleixis ou taillis simples

Les taillis pleins (1) ou simples sont des exploitations de peuplements établies dans des forêts feuillues avec un âge d'exploitation assez bas pour que la régénération puisse se produire par rejets de souche.

L'âge d'exploitation peut, dans les taillis simples plutôt que dans toute autre forêt, se calculer d'après des considérations d'ordre financier relatives au taux de placement^ telles que nous les avons développées au .tome II de cet ouvrage (2).

Lorsqu'on envisage la plus grande rente, on a souvent intérêt à reculer assez loin l'âge d'exploitation, jusque vers trente ans, par exemple, plus ou moins, suivant les conditions locales.

On peut aussi, et c'est un cas fréquent dans les taillis simples, envisager une exploitabilité d'ordre technique. On poursuivra, par exemple, la production d'osiers qui se récoltent tous les ans, ou celle d'échalas de robinier ou de châtaignier, qui so forment en douze ou quinze ans, ou bien encore on veut obtenir des écorces de chêne pour lesquelles l'âge d'exploitation est de quinze à vingt ans, etc.

Dans les forêts soumises au régime forestier, l'article 09 de l'ordonnance réglementaire de 1827 prescrit d'adopter des âges

(1) Nous avons tenu à faire revivre ici cette expression de « taillis plein »,qui était en usage parmi les forestiers du xviii" siècle pour désigner ce que nous appelons ordinairement un « taillis simple ».

(2) Voir pages 354 et 368.

'nm

LES EXPLOITATIONS DE PEUPLEMENTS

d'exploitation de vingt-cinq ans au moins, sauf dans les taillis de châtaignier, de bois blancs ou sur les sols de la dernière qualité. Cette prescription doit être suivie toutes les fois qu'un décret d'aménagement spécial ne vient pas y déroger.

L'âge d'exploitation étant choisi on procède à l'assiette sur le terrain de toutes les- coupes annuelles. Celles-ci doivent être égales ou équivalentes, c'est-à-dire susceptibles d'un rendement égal d'une année à l'autre. Lorsqu'une série renferme des cantons dispersés, ou des cantons de fertilité différente, il faut autant que possible diviser chacun d'eux en un nombre entier de coupes, sauf à les faire plus grandes que la moyenne dans les cantons les moins fertiles et moindres dans les cantons meilleurs. C'est ainsi que si une forêt de 50 hectares est à diviser en 25 coupes et renferme deux cantons, l'un en bon sol de 29 hectares et l'autre en sol médiocre do 21 hectares, on assoira dans ce dernier dix coupes de 2 hect. 10 et dans l'autre quinze coupes de 1 hect. 93. On évitera ainsi de morceler les coupes, en même temps qu'on assurera mieux le rapport soutenu.

On a toujours soin, dans les taillis, de couper de proche en proche. Cela est facile sans grands sacrifices d'exploitabilité à cause du petit nombre des coupes dans chaque série; si l'on n'y peut pas arriver du premier coup, le résultat sera aisément atteint en deux révolutions. Il est particulièrement important^ dans les taillis, très exposés par leur âge aux dégâts divers qu'occasionne la circulation des voituriers, d'observer toutes les règles d'assiette destinées à assurer à chaque coupe une vidange indépendante (1). On réalisera le mieux possible cette condition en traçant les principales voies de vidange suivant les axes de symétrie de la figure dessinée par le périmètre de la forêt et en ouvrant les lignes perpendiculaires à ces voies de manière à donner aux coupes une forme rectangulaire, le petit côté étant formé par la route (2).

\tr'

(1) Voir plus haut, pages 43 à 45.

(2) Une bonne pratique, lorsque la forêt est divisée de part en part par une

348 LES TRAVAUX ESSENTIELS DE l' AMENAGEMENT

La direction de la progression des coupes est moins importante dans les taillis que dans les forêts où l'on peut craindre des chablis. On a quelquefois recommandé de protéger les taillis nouvellement recépés contre les vents froids et secs du premier printemps en abordant les séries par leur extrémité sud-ouest pour avancer vers le nord-est.

Il est rare qu'on n'ait pas intérêt à laisser dans les taillis simples quelques baliveaux destinés à parcourir deux révolutions. On avait autrefois Thabitude de les disposer en ligne tout le long des limites des assiettes annuelles pour séparer celles-ci les unes des autres et marquer la limite de la forêt le long des héritages voisins. Cet usage, qui consiste à employer des alignements d'arbres pour tracer des limites sur le terrain est, nous le savons, extrêmement ancien (1) ; les textes nous montrent dès les temps les plus reculés des arbres de laie souvent appelés plus tard des guides^ destinés à repérer les limites des coupes et des héritages. On a souvent été plus loin, jusqu'à laisser entre les coupes et le long des périmètres une bande de six pieds de largeur soustraite aux exploitations, et cette pratique est encore recommandée par Duhamel au xvin® siècle.

Aujourd'hui, on a cessé, en général, de localiser les baliveaux le long des limites; on les dissémine sur toute la coupe dans l'intérêt de l'abri du sol et du repeuplement. Il y a cependant un double avantage à rapprocher les arbres, à multiplier leur nombre le long des limites. Des cordons périmétraux défendent la forêt contre les usurpations, empêchent les vents de pénétrer dans les massifs, et ils constituent, ainsi que les alignements le long des séparations de coupes, un ornement de la forêt dont ils rompent la monotonie en y mettant à la fois un peu de pittoresque et de fraîcheur (â).

route, et qu'on peut craindre les effets de la dénudation sur la fertilité du sol, consiste à couper alternativement de part et d'autre de la route, renonçant ainsi au principe rigoureux de la coupe de proche en proche.

(1) Voir plus haut pages 95 et suivantes.

(2) Ace point de vue il est particuliùrement recommandable de former ces cor dons d'arbres verts, par exemple d'épicéas ou de pins, ou même d'arbres exotiques appropriés au sol et au climat.

LES EXPLOITATIONS DE PEUPLEMENTS 349

Oo n'a pas, en général, de coupes intermédiaires à prescrire dans les taillis simples. Les opérations connues sous le nom de nettoiements ^qui consistent à parcourir les peuplements âgés de huit à quinze ans environ pour éclaircir les cépées, couper les morts-bois et les brins traînants,peuvent, sans douté, être parfois utiles à la production (l).Elles sont devenues beaucoup moins intéressantes depuis le renchérissement excessif de la main d'œuvre, accompagné de l'avilissement du prix des bourrées qu'elles fournissent. (On peut estimer qu'elles produisent, par hectare, un millier de bourrées,cubant 8 à 12 mètres cubes.) 11 ne faut pas regretter outre mesure leur abandon progressif car, même lorsqu'ils sont faits avec modération et discernement, les nettoiements peuvent devenir franchement nuisibles en perpétuant les épines, morts-bois> en amenant le dessèchement du sol auquel on enlève son couvert immédiat, si utile toutes les fois qu'on n'a pas à faire à un terrain vraiment frais et fertile. Quant aux coupes d'éclaircie, elles ne sont indiquées que lorsquel'âge d'exploitation dépasse 25 ans environ, ce qui n'est pas souvent le cas dans les taillis simples.

Au point de vue de la forme, le règlement d'exploitation des taillis simples se réduit à un tableau, qu'on reproduit souvent en marge du plan topographique de la forêt portant la division en coupes, et qui indique les années auxquelles seront exploitées, pendant une ou deux révolutions, les coupes successives. On peut lui donner^ par exemple, la disposition suivante :

(3) Voir le Traité de V aménagement de Dralet, Toulouse, 1807, page 38. Voir aussi un travail de M. Schœffer publié dans le Bulletin de la Société forestière de Francke-Comlé et Bel for ty volume de 1897, pages 90-96. (Ce travail a été couronné par la Société des Agriculteurs do France.) Les nettoiements sont indispensables dans les taillis de châtaignier.

Règlement d'exploitation pour la foret de X... aménaféa en talllla simple à la révolution de 26 ans.

PREMIÈRE fiÈVOmrrOS DESCnUPKSdoigUTilsnl

DtUX[KMF, RÈVOLUIION

Asa dis bail

Page 1