‹ Economie forestière (volume 3)Chapitre 60 sur 99 · B.-^ MÉTHODE DES AFFECTATIONS RÉVOCABLES · texte numérisé non relu

B.-^ MÉTHODE DES AFFECTATIONS RÉVOCABLES

On remédie à la plupart des inconvénients de la méthode des

(1) Ce cas est cité par M. Duchaufour, aujourd'hui conservateur des forâte, alors chef du ser\icc des araénafjcments de la l" conservation, dans un article publié par la Revue des Eaux et Foréls (volume de 1903, pages 66-67).

(2) « Lorsqu'un crée quatre alTectations (seulement) dans une forôt aménagée à 120 ans, le quart de la forôt est consacré aux coupes de régénération... Le désordre s'Introduit vite sur une aussi grande surface, dont les coupes ne sont pas limitées par des contenances fixes.. Un autre inconvénient de ce petit nombre de coupures est que toutes les prescriptions de raménagement sont sur le papier et pas assez sur le sol de la forêt. L'aménagement n'apporte pas avec lui son c(mtrôlc, comme le font les nombreuses coupures des forêts de taillis que les agents (forestiers) sont obligés de suivre et d'obseiTcr par lo seul etl'et des lignes de coupons... Aux administrations publiques surtout il faut des procédés faciles, opérant par leur seul mécanisme l'ordre et la régularité... Nous pratiquons en France, depuis îJO ans, une méthode trop simplifiée sur le terrain, trop compli(iuée sur le papier, etc. (Put on, Traité d'Economie foreâtièrcy tome 11, pages 109-lH. Paris, Marchai et Billard, 1890.)

LES EXPLOITATIONS DE PEUPLEMENTS

affectations permanentes en la modifiant de façon à lui donner la souplesse désirable.

La durée delà révolution étant fixée et partagée en périodes, les affectations se forment uniquement en considération de Texploilabilité des peuplements et du rapport soutenu, sans qu'on s'attache à ce qu'elles soient d'un seul tenant, ni naturellement délimitées. Dans nos forêts -si parfaitement arpentées, percées, inventoriées, la coupe rigoureusement de proche en proche n'est plus, depuis longtemps, qu'une tradition archéologiquement res« pectable, mais qui ne justifie pas des sacrifices lorsqu'elle en est inséparable.

On réalise les bénéfices de la coupe do proche en proche, sans en subir les inconvénients, en divisant l'affectation en tour en un nombre plus ou moins grand de suites dans chacune des*quelles on coupe de proche en proche. Les exploitations sont ainsi disséminées dans l'ensemble de l'affectation, tout ein se pratiquant avec continuité dans chacune des suites. Ce procédé a encore l'avantage de permettre d'augmenter à volonté l'éten* due des affectations, et par conséquent des séries ; de réduire ainsi le nombre de celles-ci et do supprimer par là une des principales causes d'anomalies que Ton rencontre dans les forêts à séries nombreuses. Il ne sera pas inutile, peut*étre, d'insister ici sur ce point do la formation de suites de coupes dans l'intérieur d'une affectation.

Soit une forêt divisée en trente parcelles et l'affectation on tour formée de quatre groupes de parcelles : 1 et2 — 11 — 16 — 26 et 27. On pourra former une suite des parcelles 1 et 2 en prescrivant d'y asseoir chaque année une coupe, lorsqu'il sera possible, en abordant ce groupe de parcelles par l'extrémité Est et en avançant progressivement vers TOuest. La parcelle li formera, à elle seule, une autre suite, où les coupes seront assises dans le même ordre, la parcelle 16 une troisième et Tcnsemble des parcelles 26 et 27 une quatrième. Ce système, qu'on peut réaliser sans grande difficulté même avec l'emploi d'une possibilité par volume, devient encore bien plus pratique dans

38o LES TRAVAUX ESSENTIELS DE l'aMÉNAGEMENT

le cas, que nous examinerons ci-après, de Temploi d'une possibilité par contenance.

La réduction du nombre des séries, la dissémination des affectations, la formation de suites de coupes permettent de réduire à leur minimum les inconvénients des anomalies qui rendent parfois les aménagements si difficiles.

La conception du règlement général étant ainsi modifiée, il n'y a plus aucune raison de considérer celui-ci comme immuable pour un temps indéterminé. On le révisera au contraire systématiquement à la fin de la période, et l'on arrêtera alors une nouvelle répartition des parcelles entre les diverses affectations, sans se considérer le moins du monde comme lié par le passé, et sans autre considération que l'exploitabilité des peuplements et le rapport soutenu. Comme conséquence ce ne sera plus une deuxième période de la révolution qui s'ouvrira après la première ; la période en tour sera toujours la première. La notion de la révolution deviendra moins précise, elle se trouvera plus ou moins remise en question à nouveau après chaque période, comme il convient lorsqu'il s*agit d'une conception aussi fondamentale et que l'expérience seule peut préciser entièrement. Il serait « puéril de croire que les bases de l'aménagement ne fussent pas sujettes à modification, à mesure de l'application )> (i); « il y aurait illusion à prétendre, un siècle d'avance, enchaîner, pour ainsi dire, la marche de la nature et contraindre l'intervention des hommes (2). »

Page 1