‹ Economie forestière (volume 3)Chapitre 72 sur 99 · SIS · texte numérisé non relu

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sani 10 m. cubes par heclare et par an, tandis que le coupon B n'en produit que 3. Le coupon A, en servant 50 m. cubes tous les dix ans, s'enrichira de 5 m. cubes par année. Il présentera bientôt un matériel énorme de bois surannés (voir figure 15); les arbres se décomposeront, sécheront sur pied, ou bien tomberont en masse sous Taction du vent, obligeant ainsi à des coupes sans aucun rapport avec l'aménagement. Le coupon B, au contraire, ne pourra servir les 50 m. cubes qu'on lui demande chaque fois qu'il vient en tour qu'en s'app^uvrissant de plus en plus. Le massif deviendra incomplet ; il se formera, dans le cas le plus favorable, un sous-étage de semis, el finalement le peuplement jardiné sera remplacé par un gaulis ou perchis plus ou moins régulier.

Cet inconvénient serait bien moindre, sans doute, avec le mode de possibilité par pieds d'arbres. Si une coupe de 15 pieds d'arbres par hectare est prise tous les dix ans dans une parcelle riche, ce seront 15 gros arbres qu'on prélèvera, tandis que la parcelle peu fertile ne fournira que 15 petits arbres. On conçoit cependant que, si les différences de productivité sont trop grandes, l'application de la même possibilité par pieds d'arbres dans tous les coupons entraînera des inconvénients sérieux. Les coupons fertiles fourniront leur revenu en arbres trop âgés, déjà gâtés, et ce sera le contraire pour les coupons pauvres auxquels on enlèvera des arbres n'ayant pas atteint la dimension d'exploitabilité. On aura ainsi à subir le double inconvénient de l'inégalité du revenu et des sacrifices d'exploitabilité.

L'obligation de recruter chaque année la possibilité sur une partie restreinte de la série amènera à la prendre tantôt dans des peuplements où domine l'état de jeune futaie ou de perchis, tantôt dans des parties plus ou moins riches en gros bois. C'est dire que la coupe aura tantôt le caractère d'une éclaircic, fournissant du produit intermédiaire, tantôt celui d'une coupe de gros bois, de produits principaux. On est ainsi invinciblement conduit, dans les forets jardinées, pour peu que les séries nian-

LES EXPLOITATIONS d'aRRRES 1^2 1

quent d'homogénéité (ce qui est le cas général), à confundro les produits principaux et intermédiaires dans une possiliilité annuelle globale. La nature des choses nous amènera en effet à faire porter nos réalisations annuelles plus ou moins exclusivement tantôt sur l'une, tantôt sur l'autre catégorie de produits. L'emploi d'une possibilité globale est souvent une conséquence inévitable du jardinage réglé avec rotation.

Un troisième obstacle à la pratique qui consiste à parcourir cliaque année un coupon et un seul en y prenant une possibilité définie réside dans ta difficulté de l'exécution des martelages sur le terrain.

Quiconque a martelé dos coupes dans une sapinière suivant la formule du jardinage a constaté la difficulté qu'il y a à parcourir une étendue déterminée à l'avance, de 20 & 30 hectares ordinairement, dans des terrains difficiles, en y répartissant convenablement la coupe d'une quantité, également fixée à l'avance, de gros bois.

On peut, sans doute, s'aider des iavcntaires effectués du matériel. On peut aussi faire reconnaître préalablement les bois dépérissants ou viciés dont la coupe est imposée. Peut-être pourrait-on même diviser la forêt à parcourir en dix ans en vingt ou vingt-cinq assiettes, dont on visiterait annuellement une, deux, trois ou quatre, suivant les circonstances. Mais ce ne sont là que des palliatifs, et la dirfîculté o'en est guère atténuée. Toujours, après une journée de rude labeur, le forestier excédé do fatigue s'apercevra, ou bien qu'il est au bout de la parcelle et qu'il n'a pas encore marqué la quantité de bois voulue, ce qui l'amènera trop naturellement à concentrer outre mesure la coupe sur le point oii il s'est arrêté, ou bien, au contraire, il aura marqué la quotité voulue alors qu'une étendue notable est encore et restera intacte.

Celte difliculté est naturellement encore bien plus grande lorsqu'on impose au jardinage une coupe calculée de façon à constituer lt>s peuplements dans un état de mélange déliai des diver-

^22 LES TRAVAUX ESSENTIELS DE l' AMÉNAGEMENT

SCS catégories de diamètre. Elle finirait par aboutir à une impossibilité réelle, sauf le cas d'un homme opérant sur de toutes petites surfaces^ qu'il connaît parfaitement, et disposant de grands loisirs (1).

Après avoir ainsi mis en évidence l'impossibilité dans la plupart des cas (toutes les fois que les séries ne sont pas parfaitement homogènes à tous les points de vue), la difficulté considérable dans tous les cas de parcourir chaque année un coupon en y prenant la possibilité de la série entière il nous reste à examiner quelles sont les dispositions à prendre pour remédier à cette situation.

Deux combinaisons sont possibles, l'une ou l'autre convenant le mieux, suivant les circonstances.

Article cinquième. — Le règlement d*exploitation dans les forêts

Jardlnées avec rotation.

Lorsqu'on tient surtout à l'ordre dans l'assiette des coupes annuelles, on divise les séries en dix coupons (par exemple), permanents, à limites bien naturelles, aussi équivalents que possible, formant autant de parquets do coupes annuelles, qui seront parcourus successivement avec une rotation de dix ans. Au point de vue de la possibilité, chaque coupon sera considéré comme s'il était seul. On lui calculera une possibilité par le procédé adopté dans la forêt, comme s'il devait fournir un produit annuel, puis on multiplie par dix le chiffre de cette possibilité et on obtient ainsi un taxe que le coupon devra servir tous les dix ans, lorsque la rotation le ramènera en tour.

Supposons, pour donner un exemple, que l'on ait adopté pour calculer la possibilité le procédé du taux Masson, la révolution étant fixée à 160 ans. Le règlement d'exploitation serait établi comme dessous :

(1) Tel serait, par oxoniple, lo cas d'un pelit propriétaire opérant sur son domaine qu'il connaît, pour ainsi dire, arbre par arbre, pouvant et voulant consacrer à ses martelages un temps qu'il ne craint pas de prodiguer sans utilité réelle.

LES EXPLOITATIONS D AR&REi

msiit â'«xploitation pour la 1" aérle de jardinag*, dite dn Sapet.

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