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III. — Le VI/lK DR BALIVAGE

L'^ablisseinent d'un règlement d'exploitation pour Ja rc:

46a LES TRAVAUX ESSENTIELS DB l' AMENAGEMENT

en arbreg des taillis sous futaie est un problème que les forestiers s'efforcent do résoudre depuis plus de trois siècles sans qu'aucune solution entièrement satisfaisante ait encore été în<diquée.

Les arbres se récoltent, dans les taillis sous futaie, en même temps que les taillis, dans la même enceinte (1).

La coupe des arbres peut se régler soit avec une possibilité par pieds d'arbres, soit avec une possibilité par volume. Cette dernière n'a jamais été employée en France dans les taillis s'ous futaie, et nous n'en parlerons pas ici.

Le procédé le plus ancien, et encore actuellement le plus employé pour établir un plan de balivage, consiste essentielle^ ment en ceci :

Le nombre des baliveaux de Tâge à ajouter à la réserve lors de la coupe des taillis est seul fixé. Une fois qu'ils ont été incor-

(1) Autrefois les réserves en arbres ne se récoltaient le plus souvent qu'iV litre extraordinaire, comme il est encore pratiqué de nog jours pour les réser>'es eu masse (quarts en réserve des taillis) ou les réserves mobiles des hautes futaios (voir plus haut pa«»e 80). 11 n y avait naturellement aucune coïncidence nécesbairc entre le moment de la coupe dea arbres et celui de la coupe dos taillis. Sous la législation actuelle les arbres croissant au-dessus des taillis ne sont plus cunsi* dérés comme des réserves au sons ancien du mot, comme des défends, mis en dehors de la coupe; ils foui pailie de celle-ci et sont récoltés avec les taillis. Il y a là une ditlérence, qui mérite d'être signalée, entre le rôle ancien et actuel de» baliveaux de taillis.

On a conservé dans beaucoup de forêts particulières une pratique qui était autrefois bien plus répandue, et même dans les forêts soumises au ré«;imo forestier, Kllc consiste à ne manjuer et vendre les arbres qu'après que les taillis sont abattus. CesL-à-dire (pie ceux-ci ayant été vendus (à la réserve des baliveaux de Tàj^e, à l'autoniue l!i06, exploités l'hiver suivant, on procédera, au printemps 1901, à la marque (en abandon), et, à lautonme 1907, à la vente des arbres à abattre, lesquels devront être coudés l'hiver suivant. Celte pratique est excellente à tous égards. Elle permet de faire les balivages beaucoup mieux et plus vite tout à la fois. Elle est aussi préférable au point de vue de la vente,car ce n'est pas en giinéral le même marchantl cpii s'occupera dos taillis et de la futaie. Lorstpie la coupe est vendue en bhjc, l'une ou l'autre de ces deux classes de produits sora cédée par i'accpiéreur à un tiers avec un béuélice que le propriétaire de la foi*èt peut fort bien encaisser lui-même en vendant séi)arément. Les arbres se vendent boaucoup plus avantageusement ii des marchands qui peuvent les acheter sans avoir à s'encombror eu ménie temps de grandes quantités de bois de chauffage. Ces vcntob altiront dos auialours qui ijcuvout venir de loin,<iui n'ont pas besoin d'une cliontùlo locale. Le système de la vente soparée, sur pied, des taillis et des futaios, à un au d'intervalle, est le seul pratiipié, d'après les instructions en vigueur, dans les forêts soumihos au régime forestier en Belgique. (^Décret royal du 2b août ib'JU et règlement minitteriel du 10 septembre 1890.)

pores à la résorve,los arbres ne pourront plus être coupés qu'en cas de nécessité. Ce système a été appelé indéterminé (plan de balivage indéterminé) parce qu'on n'indique pas le nombre dos arbres modernes ou anciens de diverses catégories qui pourront être abattus ou devront ôtre conservés.

Le plan de balivage est déterminé lorsqu'il indique non seulement le nombre des baliveaux de l'âge, mais aussi celui des arbres de toutes les autres catégories, parmi ceux réservés aux coupes précédentes, qui devront être conservés.

Le plan de balivage indéterminé est évidemment le plus simple. C'est celui de TOrdonnanco réglementaire du Code forestier de 1827, actuellement en vigueur, où l'on lit :

Article 70. — (Applicable à toutes les forêts soumises au régime forestier.)

Lors de F exploitation des taillis, il sera réservé cinquante Aaliveaux de l^âge de la coupe par hectare. En cas d'impossi" bilitéy les causes en seront énoncées aux procès-verôaux de balivage et de martelage.

Les baliveaux modernes et anciens ne pourront être abattus qu*autant qu'ils seront dépérissants ou hors d'état de prospérer jusçu'à une nouvelle révolution.

Article 137. — Dans tes bois des communes et des établissements publics^ la réserve prescrite par P article 70 de la pré* sente ordonnance sera de 40 baliveaux au moins et de 50 au plus par hectare.

Lors de la coupe des quarts en réserve^ le nombre des arbres à conserver sera de 60 au moins et de 100 au plus par hec^ tare.

Le plan do balivage de l'Ordonnance de 1827 est applicable toutes les fois que raménageinent n'en indique pas d*aulro.

On lui adresse les critiques suivantes ;

1^ Il ne fait aucune distinction entre les essences ;

2^ Il laisse une trop large part à l'appréciation de celui qui

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doit décider si les arbres sont « dépérissants ou hors d'état de prospérer jusqu'à une nouvelle révolution ».

Le premier reproche est assurément fondé. Il devrait être entendu que les baliveaux seront des chênes, frênes ou ormes champêtres. On ne doit recourir à la marque des hêtres, bois blancs et charmes (1) qu'à défaut de chênes, ou, si l'on tient (et avec raison) à varier dans une certaine mesure la composition de la réserve, ces essences ne devront pas être conservées au delà d'une proportion en nombre et d'une dimension eu diamètre déterminées. En effet, si aucune production ne peut être préférable à celle de très gros chênes, frênes, ormes, qu'on laisse vieillir jusqu'à ce qu'il y ait nécessité de les abattre, il n'en est pas toujours de même pour des hêtres, charmes, etc., qu'il peut être indiqué de couper en principe lorsqu'ils ont atteint un diamètre maximum à Gxer.

Il est certain, cependant, que si l'on s'en était tenu toujours aux termes de l'Ordonnance les inconvénients n'auraient pas été bien grands. En ne marquant que de 50 à 60 baliveaux de Tàge à rhectare un forestier digne de ce nom les choisira bons. Ce seront des chênes, pour peu qu'il en existe, et des chênes d'avenir. Ce n'est que lorsqu'on a commencé à réserver iOO, 150, 200 et 300 baliveaux de Fâge à l'hectare qu'on a surchargé les coupes d'essences inférieures, qu'il est naturellement impossible de laisser vieillir comme le prescrit le second paragraphe de l'article 70.

La multiplication inconsidérée des baliveaux d'essences secondaires n'a pas seulement l'inconvénient d'être contraire à la lettre et à l'esprit de l'Ordonnance, dont elle rend le plan de balivage inapplicable. Elle contribue aussi, pour une large part, à la disparition du chêne dans les taillis sous futaie. Les hêtres,

(1) Esl-il nécessaire de raj)]>pler encore une fois, pour éviter toute fausse inicr- ]»i(''taliiin, (jue nous ncntrndons parler, dans ce pai'agraj)lie, que des foi*éts à clirne? Les loivls où le Intreduniine devraient, en i)rincipe, être titiitées en futaie. Lorï;(iu\lîos le sont en taillis sous futaie il n'y a pas le même inconvénient cjue dans les fnrùls à cliène à multiplier les réserves et à allontrcr les révolutions du taillis j>.uve (jue h» lich-r est nue essence d'uuihre et (juc les fainées sont beaucoup plus fré(iuenles iiuc les j;laudées.

et surtout les charmes^ réservés, produisent, en grande quantité, des graines qui multiplient ces essences, lesquelles n'exigent pas les mêmes soins de dégagement que le chêne. Ce dernier disparaît rapidement des forêts balivées avec un pareil excès (1). Nous empruntons les éléments des deux petits tableaux A et B ci-dessous à une brochure précitée de Suchaux. Ils reproduisent chacun les résultats de balivages effectués dans 30 coupes, comprenant plusieurs centaines d'hectares, de 1884 à 1885, dans des taillis sous futaie du département do la Meuse. Les 30 coupes du tableau A, balivées avec excès en hêtre et divers, nous montrent la disparition du chêne ; le tableau B forme la contre-partie du précédent. A des balivages antérieurs modérés correspondent en dernier lieu des chiffres do baliveaux d'essence d'élite bien plus élevés.

Tai)leaa A (balivage trop abondant). Nombre d'arbres

réservés k Thectare.

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