MOIS
Février Mars. ., Avril. .
Mai....
Juin. ..
Juillet.
Août. . ,
DKCRlt MOYE?l DB SATORATION DB L AIR EN
CENTIEMES
Sous le massif
h 300 mètres en dehors du massif.
DifTérence en faveur de la forêt
Les observations faites en Suisse, de 1869 à 1880, ont donné les résultats suivants :
Printemps
OIFFÉRRKCKS EN FA DB SATURi
Inlerlaken (mélèzes)
VEITR DB tJk. FORÊT DA ^TION DB l'air a 1»
Berne (épicéas)
lNS I.B DtCKt MOYEfi >50 DD SOL
Porentruy (hêtres)
Eté
Automne
Hiver
Moyenne annuelle (12 années d'observations)
Les relevés faits en Alsace (1) et en Bavière conflrment pleinement les précédents.
L'humidité relative, plus grandcsous bois, contribue pour une grandepart àexagérerTimpression de fraîcheur que Ton éprouve en pénétrant, pendant la saison chaude, sous un massif.
Dans le courant de la journée, la différence entre le degré de saturation de Tair sous bois et hors bois augmente avec la différence detcmpérature entrel'air sous bois et hors bois.Lafigure n* 5,empruntée à M.Hoppe (2), le montre nettement. Les obser-
(1) La moyenne des mois de mai à septembre de l'année 1877 a donné, pour l'augmentation du degré de saturation de l'air par la forét : 5,1 pour le hôtre, 6,6 pour l'épicéa, 3,7 pour le pin sylvestre. (Ney, op. ci/., p. 26).
(J) Forsl-mefeorologische Sludien im Karsigebielej^urM. E.Hoppe de la Station
tNFLUKNCE DES FORETS SUR LE CLIMAT
valions de M. Hoppe ont été exécutées dans le Karst, région montagneuse, au Nord de Trieste, s'étcndant entre Tlstrie et la
Fig. 5. — Marches comparées, sous bois et hors bois, de la température et de l'humidité relatives de l'air, pendant la journée du 24 juillet 1897, d'après M. Hoppe.
Garniole. Toutes les lectures ont été faites par lui personnellement^ le psychromètre employé est le psychromètre à aspiration d'Assmann.
Si l'humidité relativeest plus grande sous bois il n'en est pas de même de rhumiditô absolue, c'est-à-dire du poids ou de la tension de la vapeur d'eau renfermée dans l'air. Toutes les observations faites en France, en Suisse, en Autriche, en Allemagne, etc., concordent à nous montrer des différences absolument insignifiantes entre l'air de la forêt et celui des terrains agricoles. Voici quelques données numériques à Tappui; elles sont empruntées à la station do recherches autrichienne (observations de M. Hoppe, dans la région du Karst) et s'appliquent à une période s'étendant du 18 juillet au 4 août 1897.
de recherches de Mariabrunn. (Tirage à part du Cenlralblall filrdas Gesammie forsiwesen).
Economie fokestikkk. — I. 6
66 l'utilité des forêts
LIEU D'OBSERVATION : Tension moyenne de la t*-
peur d'eau, de 7 h. du matin à 7 h. du soir, millim.
Prairie de 2^ entourée de bois 11.2
Sapinière de 70 ans, à 160 pas de la station en
prairie 11.2
Sapinière de 70 ans, à 30 pas de la station en
prairie H.l
Prairie entourée de bois !. 11.1
Plantations d'épicéas d'une vingtaine d'années, à 80 pas de la station en prairie 11.2
Les observations suisses et allemandes donnent des résultats du même ordre.
Les différences de tension de la vapeur dans l'atmosphère sous bois et hors bois sont de moins d'un dixième demillimètre^ et souvent nulles. Le plus généralement l'air forestier renferme un peu moins d'eau. Les diiïérences sont un peu plus marquées en été qu'en hiver.
L'on doità M. Fautrat (1) des observations intéressantes sur le
degré de saturation de Tair immédiateipent au-dessus du niveau des cimes.
lien résulte que, pendant les quatre années 1874 à 1877, le degré de saturation de l'air à 2 m. environ au-dessus des cimes d*un massif jeune et vigoureux de chênes et hêtres a été, en moyenne, supérieur de un et demi pour cent à ce qu'il était, à la même distance du sol, à 300 mètres plus loin, au-dessus de terres cultivées. Cette différence, très faible, n'est pas plus marquée en été qu'en hiver; elle est aussi restée à peu près constante et dans le même sons pendant les quatre années d'observation. Si l'on tient compte des différences de température il est facile de constater que la couche d'air qui surmonte le massif renferme moins d'eau que celle qui se trouve à la mêmedistance du sol au-dessus d'un champ cultivé. 11 eûtété plus logiquepeutêtre de comparer l'air immédiatement au-dessus des cimes à celui qui surmonte immédiatement la végétation agricole; on
(1) Op. cit.y pp. 18 et suiv.
INFLUENCE DES FORÊTS SUR LE CLIMAT
peut supposer qucrécart si faible se serait trouvé alors en sens inverse.
Les observations de M. Fautrat ont aussi porté sur l'état hygrométrique de Tair surmonlantun massif de pins sylvestres. Il a trouvé cet air un peu plus voisin du point de saturation (de dix pour cent environ) que l'air à la même dislance du sol audessus des terres cultivées, et do deux pour cent seulement qtie l'air à Im.SO au-dessus d'un champ voisin.
Il serait désirable que ces expériences fussent reprises sur une plus grande échelle.
§ 4. — Les précipitations atmosphériques.
S'il est vrai qu'en été surlout l'air est plus froid dans le voisinage d'une grande forêt, il est naturel de penser que les pluies y seront aussi plus abondantes. En effet, celles-ci sont toujours duos à la condensation d'une partie de l'eau atmosphérique, condensation dont la cause habituelle est un abaissement de température (1). L'observation confirme du reste complètement cette déduction tirée, a priori^ de ce que nous savons de l'influence des forêts sur la température.
Avant d'exposer les résultats obtenus à la station de recherches de Nancy, il est nécessaire de décrire rapidement le dispositif inauguré en i866, par M. Mathieu, pour les expériences entreprises en vue d'élucider la question de l'influence des forêts sur le régime des pluies. Voici, reproduite à peu près textuellement, la description faite par M. Mathieu lui-même, dans un rapport adressé, en 1878, au chef de l'Administration des forêts (2).
Trois stations, situées aux environs de Nancy, ont été affectées aux observations pluviométriques.
(\) Ou une diminution de pression qui, du reste, provoque un abaissement de température.
(2) Rapport de M. Mathieu au sous-secrétaire d'Etat, président du Conseil d'administration des Forêts, en date du 25 février 1878. (Imprimerie Nationale.)
68 l'utilité des forêts
La première est installée dans la forêt de Haye, au lieu dit les Cing-TranchéeSy à huit kilomètres et à Touest de Nancy, à Taititude d'environ 380 mètres, et au centre d'un vaste massif boisé de plus de 7.000 hectares. On s'est proposé d'y mesurer la quantité d'eau qui tombe dans une région boisée, et de rechercher la proportion de l'eau interceptée par le couvert des arbres ; de façon à comparer la quantité de pluie reçue par le sol de la forêt à celle qui arrose le champ voisin du massif.
Pour cela, deux pluviomètres ont été disposés : l'un en plein bois, sous un perchis de hêtres et de charmes, qui était âgé de 40 ans en 1866; l'autre, à peu de distance du précédent, au milieu d'un espace défriché de plusieurs hectares, attenant aux maisons forestières des Cinq-Tranchées.
La quantité d'eau que reçoit un pluviomètre placé sous un massif peut varier avec la position de l'instrument, suivant qu'elle correspond au plein ou aux trouées du feuillage. Pour éviter cette cause d'erreur, le pluviomètre de la forêt est de forme spéciale ; il est pourvu d'un récepteur de grande dimension, dont la surface circulaire est exactement égale à la projection de la cime de l'une des perches du massif. La tige de l'une de celles-ci la traverse en son centre et, à l'aide d'une collerette qui l'entoure, y déverse l'eau pluviale qui, dans les grandes ondées, ruisselle sur sa longueur.
La deuxième station, celle de Bel le fontaine , est située à six kilomètres au nord-ouest de Nancy, à l'altitude d'environ 240 mètres, sur le bord du massif forestier, au centre duquel se trouve la station des Cinq-Tranchées. Un pluviomètre de construction ordinaire, mais, de grandes dimensions, y permet de mesurer la chute d'eau annuelle sur un sol déboisé tout voisin (à quelques centaines de mètres) d'un grand massif forestier.
Enfin, la troisième station est celle A'Amance. Tandis que les précédentes stations sont forestières, celle d'Amance, à dix kilomètres au nord-est de Nancy, à l'altitude de 380 mètres, est au centre d'une région nettement agricole. Oxi y a installé un pluviomètre au milieu d'un terrain découvert.
INFLUENCE DES FORÊTS SUR LE CLIMAT 69
Les expériences, commencées par M. Mathieu, ont été poursuivies, sans aucun changement au dispositif décrit ci-dessus, jusqu'en 1882.
A cette époque des nécessités de service firent transférer le troisième poste d'observation, primitivement établi à Amance, à la maison forestière de /a -Bc/wrw/^, près Champenoux, dont! alli' tude n'est que de 225 mètres. Malgré cela, et aussi malgré le voisinage de cantons boisés, les observations faites ont prouvé que la nouvelle station, qui n'est située d'ailleurs qu'à 4 kilomètres au sud-est de celle qu'elle a remplacée, était soumise au même régime pluvial.
Le tableau ci-après indique le résultat des observations depuis leur origine jusqu'en 1899, année de leur clôture; les constatations effectuées pendant ces trente-trois années ayant été constamment concordantes sans aucune exception, il aparu inutile de les prolonger davantage. Ce tableau donne les quantités absolues d'eau pluviale reçues par chaque poste; en outre, pour rendre les comparaisons plus faciles, on a indiqué quelle serait, en ramenant à 100 millimètres la hauteur de l'eau recueillie annuellement au pluviomètre des Cinq-Tranchées, l'épaisseur cor-, respondante de la lameà Bollefontaiueet à Amance-la-Bouzule.
On voit que, sans aucune exception, pendant toute la durée des observations, la station agricole a reçu sensiblement moins d'eau que les stations forestières. De plus, huit fois sur dix, la pluie a été plus abondante au poste des Cinq-Tranchées, situe au centre du massif do Haye, qu'à celui de Bellefontaine, établi sur la lisière.
Ce résultat, déjà signalé en 1878 et 1889, ne saurait, fait remarquer M. Mathieu, être l'effet du hasard : c'est, au contraire, la conséquence d'une cause permanente, qui, dans les conditions où l'on s'est placé, ne peut être que l'état superficiel du sol, très boisé dans deux stations et découvert dansia troisième.
Ici se présente une objection. C'est à l'Est du plateau de Haye que se trouve la région d*Amance-la-Bouzule; il est démontré qu'elle est moins arroséequo laforèt; jnaiseirserait-il de mémo
l'utilité des KOnÊTS
Quantités d'eau reçues annuellement, en terrain découvert,
dans chacune des trois stftlons (1).
ANNÉES
Totaux...
Moyennes
QUANTITÉS ABSOU'ES.
LIS a!<Q- TRANCHÉCt
millim.
BUXS- FONTAIM
millim.
AMA.XCB
LA BOCZULI
millim.