‹ Economie industrielle;Chapitre 53 sur 72 · I>-FLUE>'CE SUR LE PROLÉTARIAT, ETC · texte numérisé non relu

I>-FLUE>'CE SUR LE PROLÉTARIAT, ETC

lande, pourtant éclairée, défendit, en 1633, les scieries à vent qui venaient d'être inventées (Cpr. Laxcelotti, Uhoggidi o gVingegni non inferiori ai passati, II, 457 et suiv. ; Beckmann, Beitr. z. Gesch. der Erfindg., I, 126, II, 275). En France, on défendit sous certaines pénalités la fabrication des boutons mécaniques, (Levasseur, Hist. des cl. oiwr., II, 332 et suiv., 532 et suiv.). Colbert, lui-même, était l'ennemi des machines nouvelles, « entendant donner au peuple de l'occupation suivant ses facultés, afin qu'il puisse vi^Te à l'aide de son travail, mais non lui ravir ce qu'il gagnait autrefois ».

(3) Parmi les manifestations de la première heure d'une manière de voir si modifiée, il faut citer la protection accordée dans le Harz, en 1621, au premier fabricant de soufflets en bois contre la persécution des faiseurs de soufflets en cuir.

(4) {Quart, fiec, cet. 1859, 503)^ C'est ainsi que Hargreaves, inventeur de la S pinnin g- Jenny, fut chassé du Lancashire par la jalousie des fileurs à la main et mourut dans la pau\Teté. Le Conseil des prud'hommes de Lyon fit détruire le métier inventé par Jacquard, qui fût trois fois en danger d'être mis à mort. Le 21 juillet 1854, la Junte révolutionnaire de Barcelone promit la destruction des machines qui rendaient trop de bras superflus. Les tisserands de Bielefeld convinrent, sous peine de forte amende, de ne pas employer de fil mécanique (Voir Zeitschr. /. Staatsiv., 25, p. 575). [Mathias Stinnes, à Müllheim fit, en 1845, naviguer sur le Rhin un remorqueur à vapeur construit en Hollande. Les conducteurs de chevaux, intéressés au remorquage, ouvrirent, en 1848, un feu violent avec des fusils et même des petits canons sur le remorqueur qui passait et sur son équipage. (L. Berger, Der alte Harkort, 1891*, p. 271). Le premier moulin à vapeur construit en Angleterre, en 1786, fut incendié cinq ans plus tard, et le peuple manifesta, par des chants solennels dans les rues, la satisfaction qu'il en éprouvait (Diehl, dans le Jahrb. /. Not., 3^ Folge, 36, p. 194)].

^imprévoyance cfune opposition de cette nature contre les macliines est prouvée par ses conséquences logiques. Celui qui se montre l'ennemi de tout dispositif rendant possible la réalisation d'un but donné moyennant une moindre dépense de travail humain devrait assurer tous les transports par des porteurs suivant des routes naturelles et condamner tout agriculteur à gratter la terre avec ses ongles (1). Les limites extrêmes à l'intérieur desquelles le salaire ouvrier, suivant les circonstances, est susceptible de se mouvoir sans jamais durablement les franchir, limites tracées par l'efficacité même du travail, doivent s'étendre en raison directe de la puissance des machines. C'est la seule explication possible des salaires plus élevés que les fabriques anglaises, par exemple, distribuent à leurs ouvriers, tout en vendant leurs produits à meilleur marché que sur le continent (2). — Ce serait une grave erreur de croire que les côtés fâcheux, si critiqués, de la grande industrie moderne, seraient impossibles sans les machines (3, 4), (§ 117). La régularité de celles-ci constitue un gros obstacle' à tout mauvais traitement infhgè par pur caprice aux faibles. Les machines réduisent l'inconstance et l'arbitraire des relations entre patrons et ouvriers, et en général, elles améhorent moralement celles-ci : elles sont, d'une part, un épouvantail pour les ouvriers récalcitrants à la besogne (5) ; elles obligent, d'autre part, le fabricant, même au cas de ralentissement de ses débouchés, à faire continuer encore un peu le travail, s'il ne veut laisser complètement improductif le capital qu'elles représentent et les laisser abîmer par la rouille, etc.. Le riche fabricant sera plus aisément généreux que l'homme

d'une médiocre fortune. Plus eminente est la situation qu'on occupe, plus on se voit exposé à l'éloge comme au blâme de l'opinion. Celui qui débute comme ouvrier devient souvent le patron le plus dur (6). On ne peut nier que les machines n'épargnent aux hommes beaucoup de travaux pénil)les, insipides et malsains.' Comparons seulement la surveillance d'un moulin à vent, à eau ou à vapeur, avec le misérable travail d'une esclave tourneuse de meule de l'antiquité, ou encore le matelot d'un navire à voile ou à vapeur avec le rameur d'une galère. Si, dans bien des cas, les machines n'ont diminué que fort peu ou même pas du tout la misère personnelle de l'espèce humaine, la cause en est uniquement à la maladresse sociale des hommes (7-8). Il en faudrait accuser la légèreté de la classe inférieure au moins autant que la dureté de cœur des classes plus élevées, ainsi que le fait que jusqu'il y a peu, presque tous les gouvernements ont favorisé davantage la grande industrie que la petite. [Les progrès accomplis par la technologie moderne dans les petites machines motrices ont rendu possible de mettre à la disposition des exploitations petites et moyennes, même dans l'agriculture, des forces à bon marché. Ils leur ont ainsi permis de compenser l'avantage acquis aux grandes exploitations dans un sens déterminé, et la vitalité du métier en apparaît sous un jour nouveau (9)].

Le tableau ci-après donne, pour 1907, la répartition des forces motrices en Allemagne entre les exploitations diverses, suivant leur importance mesurée au nombre des ouvriers occupés. On constatera que les petites exploitations n'ont pu s'attribuer que 7,7 "/o de tous les HP, et 7,5 ^ Iq de tous les kilowatts (10).

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