LIBRE-ÉCHANGE SUR LE CAPIT. DE LA FRANCE
même. La France aliénerait successivement son numéraire, ses propriétés immobilières, ses rentes publiques, ses canaux, ses chemins de fer, toutes les choses, en un mot, qui ont une valeur et donnent un revenu. Cette aliénation nous serait annoncée par la balance du commerce; si cette balance nous était constamment défavorable , si nous achetions continuellement plus que nous ne vendons , il faudrait bien qu’en fin de compte le payement fût fait au moyen des valeurs que nous avons énumérées.
Le système du libre-échange ferait écouler ainsi au dehors une partie du capital. Une autre partie, qui n’est pas échangée, serait frappée de stérilité; elle était employée dans les travaux productifs , elle resterait paralysée par la concurrence irrésistible des industries étrangères. Ce seraient des machines, des métiers , des bâtimens de toutes sortes, des approvisionnements actuellement sans objet, des terres dont la fertilité ne serait pas assez grande pour qu’elles indemnisassent des frais de culture, des mines qui ne pourraient plus être exploitées ; des routes , des canaux, employés aux transports, maintenant inutiles ; des navires oubliés dans les ports , des moteurs hydrauliques laissés sans emploi , et même l’habileté acquise des populations désormais inoccupée.
C’est là un capital énorme dont on jugera l’importance en se rappelant que son revenu s’élevait déjà, il y a plus de dix années, à près de 10 milliards. Assurément , il ne serait pas entièrement perdu , puisque toutes les industries ne seraient pas anéanties et que certaines portions du capital seraient transfor-
mables ; elles pourraient être moins productives, mais elles ne seraient pas totalement sans valeur; toutefois la perte serait énorme; la perturbation produite par de tels changements porterait le caractère d’une véritable catastrophe.
11 nous suffit ici de le constater de nouveau sans insister : nous avons , en parlant de la production , été forcé d’invoquer les conséquences qui seraient amenées immédiatement par la suspension du travail et mesurer son mode d’agir sur la richesse accumulée. Nous pouvons donc nous arrêter : nous avons suivi dans toutes les phases les effets du libre-échange sur la prospérité et la puissance de la France.
RÉSUMÉ ET CONCLUSION