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Ces résultats sont intéressants sous un double rapport : ils montrent d'abord la rapidité de l'absorption exercée par les membranes des voies* dige^
tives, et, ensuite, que les matières fortement azotées sont absorbées beaucoup moins rapidement ; la différence d'absorption que l'on rencontre entre le fromage et le blanc d'œuf confirment même cette conclusion ; car le fromage renfermait , uni au caseum, des proportions notables de beurre et de sucre de lait, tandis que le blanc d'œuf représentait à fort peu près de l'albumine pure, sans mélange de substances à composition ternaire. Les conséquences que l'on déduit de ce fait ont leur importance au point de vue de l'alimentation; car, par des raisons que nous exposerons bientôt, il résulte évidemment qu*une nourriture exclusive en matières azotées est insuffisante pour entretenir la vie, parce que l'animal n'en absorbe pas, dans un temps donné, une quantité suffisante pour suffire à tous les besoins de l'organisme, ce qui explique la nécessité de l'intervention des substances grasses, du sucre, de l'amidon, pour que l'aliment azoté satisfasse à toutes les exigences de la nutrition.
En résumant le phénomène de la digestion, on voit que les aliments en passant par l'estomac et les intestins, subissent une sorte de départ : la partie indigestible, non assimilable, est expulsée; des matières digestibles absorbées, les unes, solubles, sont portées directement de l'estomac dans le sang déjà en circulation ; les autres, changées succesivement en chyme, puis en chyle pénètrent dans les capillaires où elles ne tardent pas à être assimilées , à s'hématiser , à devenir, en un mot, le sang qui remplace celui que,
la respiration détruit d'une manière incessante pendant toute la durée de la vie.
Le sang charrie dans le tissu de tous organes les principes nécessaires à leur nutrition. Il est aussi la voie par laquelle sont éliminées les substances dont le séjour dans l'organisme occasionnerait de grands désordres ; c'est pour les animaux un fluide à la fois réparateur et épurateur ; son action dans les phéno-» mènes vitaux, sa destruction, son renouvellement exi* gent que ce fluide soit animé d'une certaine vitesse*
Le sang éprouve une importante modification de la part de l'oxygène ; il y a combustion, oxydation, et par suite production de chaleur. Dans les animaux chez les quels l'air n'agit pas immédiatement sur toute la superficie du corps, il existe un organe spécial, le poumon, où le sang revient périodiquement subir les effets de l'atmosphère. Dans son parcours, il dépose dans les tissus des matières assimilables, élimine celles qui seraient nuisibles à l'organisme et recrute les éléments qu'élaborent les voies digestives pour le reconstituer.
Ce mouvement continuel, cette circulation du sang a lieu dans une direction coi^stante, par une force d'impulsion dont le siège est dans le cœur.
Pendant le contact du sang dont le poumon est imbibé avec l'air, il se réalise un phénomène chimi-que important. Une partie de l'oxygène que l'animal fait pénétrer dans sa poitrine, en respirant, est changé en acide carbonique aux dépens d'une fraction du carbone du sang ; à chacune des expirations qui suit
une aspiration, le volume de gaz acide carbonique mêlé à l'air expulsé des poumons, représente, à très peu près, le volume de l'oxygène anéanti. L'acide carbonique est moindre, parce que ce n'est pas seulement le carbone qui s'unit à l'oxigène ; une partie de l'hydrogène s'y combine également, de sorte que dans la respiration, indépendamment d'une production d'acide carbonique, il y a formation d'une certaine quantité d'eau qui se confond avec celle émise par la transpiration pulmonaire. Enfin, l'oxydation de quelques-uns des éléments du sang contribue à la disparition de l'oxygène de l'air inspiré.
La re^iration a donc, par ses produits, la plus grande analogie avec la combustion; j'ajoute que l'analogie se maintient dans les effets, car, c'est sans aucun doute à l'action chimique réalisée dans l'appareil respiratoire, qu'est due la chaleur animale , la température que possède, à divers degrés mais avec constance, tous les êtres vivants.
La quantité d'oxigène absorbée dans un temps donné, pendant la respiration d'un animal, dépend donc pour la plus grande partie du carbone et de l'hydrogène. brûlés; mais, l'acide carbonique et l'eau formés dans cette circonstance, varient naturellement avec l'espèce, l'âge et le poids des individus.
Les belles expériences de M. Scharling ont donné les nombres suivants comme représentant le carbone brûlé durant la respiration de Thomme.
Tableau.
GÉNÉRALITÉS SUR LA. MOESTiON
AGE .ET SEXE DE l'iNDIVIDU.
POIDS
de l'individu.
CARBONE brùlé eo 24 heures.
Homme de 35 ans
kilogrammcf.
granmot, 219,47 224,37 239,71 165.88 133,13 125,42 141,60
Jeune homme de 16 ans
Soldai âffé de 28 ans
Fille de 19 ans
Garron de 9 ans el demi
Fille de 10 ans
Vieillard do 102 ans (1)
(1) Observalion due k MU. Andral el Gavaret. D
Des nombreuses observations qu^il a faites, M. Scharling conclut que :
l"" L'homme expire des quantités variables d'acide carbonique aux divers époques de la journée.
2*" Toutes choses égales d'ailleurs, l'homme brûle plus de carbone quand il a mangé que quand il est à jeun et plus aussi, à l'état de veille, que pendant le sommeil.
3** Les hommes expirent plus d'acide carbonique que les femmes ; les enfants brûlent, proportionnellem'ent, plus de carbone que les hommes.
M. Scharling plaçait les individus dans une espèce de guérite d'une capacité limitée, dont l'atmosphère se renouvellait incessamment, en même temps que l'air évacué traversait un appareil propre à condenser Tacide carbonique. Cette méthode expérimentale convient surtout quand on l'applique à l'homme qui, au besoin, vient en aide à l'observateur. Mais elle
serait à peu près impraticable s'il sagissait d'animaux d'un très-^rand volume.
J'ai cherché à doser l'acide carbonique^ produit dans la respiration du cheval, de la vache et du porc, par une méthode indirecte, moins certaine que celle adoptée par M. Scharling, mais dont l'emploi est en quelque sorte une nécessité.
J'ai fait usage de l'analyse, en examinant comparativement, d'un côté, les aliments consommés, et de l'autre, les déjections et les sécrétions rendus par un animal dont le poids n'augmente pas sensiblement pendant la durée de l'observation. On a ainsi toutes les données pour conclure par différence, la quantité de carbone éliminée par la respiration et la transpiration. Cette méthode permet en outre, de reconnaître si, dans l'acte de la respiration, les animaux émettent de l'azote.
En admettant, comme je l'ai fait en traitant de l'alimentation, qu'un animal, soumis à la ration d'entretien, rend précisément les matières qu'il reçoit, j'ai supposé que pendant son existence, il n'absorbe pas l'azote de l'air qu'il respire : non seulement dans les circonstances ordinaires, les animaux ne prélèvent pas d'azote sur l'atmosphère, mais ils en exhalent constamment comme l'a établi Dulong. Cet a^ote exhalé provient, en définitive, des aliments consommés, et ce fait, important sous le double rapport de la physiologie et de la physique du monde, est en même temps d'une application si directe à une des plus graves questions de l'agriculture, que je crois
devoir indiquer la méthode expérimentale par laquelle je suis parvenu à le confirmer.
Les observations ont porté sur une vache laitière et sur un cheval adulte ; ces animaux furent placés dans des stalles dont le sol était disposé de manière à permettre de recueillir sans perte les excréments et les urines. Avant d'être soumis aux expériences, la vache et le cheval avaient été nourris pendant un mois au moins avec la même ration qui leur a été administrée durant les trois jours et les trois nuits passés dans la stalle. Pendant le mois, le poids des animaux n'a pas varié d'une quantité appréciable, circonstance qui a permis de supposer que ce poids est aussi resté invariable pendant les soixante et douze heures que le dosage a duré.
La vache laitière a été nourrie avec du regain de foin et des pommes de terre ; le cheval avec du regain et de l'avoine. Les fourrages étaient pesés avec exactitude, et l'on déterminait sur des échantillons leur humidité et leur composition. L'eau bue était mesurée, et par un examen préliminaire on avait recherché la quantité de matières saline et terreuse qu'elle contenait. Les produits rendus ont été recueillis avec le plus grand soin ; les excréments , l'urine , le lait , étaient pesés, et chaque jour on prélevait sur les matières dosées des échantillons proportionnels aux poids de ces mêmes matières. C'est sur ces échantillons réunis durant le dosage qu'on a pris les quantités soumises à la dessiccation et à l'analyse élémentaire. Voici le résultat des deux expériences.
BT SUR LA RBSPIBATION.
ALIHBHTS CONSOMMÉS PAH LB GHBVAL BN i4 HBUBBS.