M LAW
L'agriculture et le commerce domestique et étranger, étant conduite avec adresse, peuvent porter le royaume à ce haut degré de puissance, le remplir de magasins de ce qui est nécessaire pour le besoin et agrément de la vie, pour la défense de l'État ; le rendre capable d'entretenir 500,000 hommes par terre, et 300 vaisseaux par mer, sans surcharger les peuples ; au contraire, la France serait alors la retraite des heureux et l'asile des malheureux.
De remédier à la cherté des espèces par le commerce des Indes, constitue la France dans une dépense sur l'Espagne. Par mon travail, je rendrai les Indes inutiles ; et la France n'aura plus besoin des autres puissances, elle sera en état de fournir des espèces abondamment à ses peuples.
Je soulagerai le roi et l'État en diminuant l'intérêt de l'argent, non pas par des lois, mais par une abondance des espèces.
Les espèces que la France fabrique des matières qu'elle tire des Indes, baissent et perdent de leur valeur par les quantités qui sont apportées en Europe; le crédit que je propose d'introduire sera d'une valeur plus assurée, et gagnera 20 et 50 pour 100 sur les espèces; pendant que des emplois faits en espèces ne vaudraient que 2 pour 100, des emplois faits en papier vaudraient 5 '.
La fausse démarche d'un ministre ou la mauvaise conduite des négociants peuvent porter le désordre dans les affaires du roi et dans le commerce, en laissant profiter les étrangers sur la France, ce qui produira une balance due aux étrangers et un transport des espèces. Mais le secours que mon travail produira à ce royaume sera permanent ; la mauvaise conduite des ministres ni des particuliers ne pourrait jamais lui enlever ce secours ni le diminuer. La monnaie sera toujours dans une abondance proportionnée au besoin des peuples ; elle ne sera ni trop chère ni à trop bon marché.
Le moyen le plus sûr pour conserver le royaume en paix, c'est d'être en état de faire la guerre. La France bien gouvernée sera tellement respectée des autres puissances, qu'elles n'oseraient entrer dans des alliances qui pussent lui faire le moindre ombrage ; elles chercheraient leur sûreté dans sa protection.
Les offres que je fais sont éloignées de toute surprise : je ne demande pas des sommes au roi, ni aucune confiance de la part de Sa Majesté, ni des peuples; je ne demande qu'à travailler et à être protégé. Je n'ai pas besoin d'une autorité qui pût porter le moindre préjudice au roi ni au peuple; la protection que je demande à Votre Altesse Royale n'est que pour des choses qui sont en elles-mêmes utiles et nécessaires, et que Sa Majesté devrait établir, quand elle n'aurait pas en vue les grands biens que je propose de produire.
Que Votre Altesse Royale ne soit pas en peine du succès que j'ai l'honneur de lui proposer, ce n'est pas le meilleur comédien qui joue le plus grand rôle, c'est celui qui le joue le mieux. Je connais mes forces et j'aime trop le repos pour m'engager dans une affaire que je n'entends pas à fond. Mes idées sont simples; les principes sur lesquels je les travaille, et les conséquences que je tire de ces principes, sont justes.
Quand tous les banquiers et négociants français et étrangers seraient dans une méûancedemon projet, ils ne m'empêcheraient pas de réussir; je forcerai leur confiance, et j'aime mieux la tenir de la bonté de mon travaiî et de ma conduite , que d'une opinion qu'ils auraient formée sans raison ; et j'assure
* Ceci ne se rapporte vraisemblablement plus au projet d'établissement de la Compagnie des Indes, mais peut-être à un projet de banque territoriale, dont il serait difficile de démontrer l'impossibilité, sHHm a lu avec attention la première partie de ce volume. {Note de M. de Senovert.)
— Voyez, sur ce projet de banque territoriale, le chapitre vu des Considérations sur le numéraire.
?otw Altesse Royale que l'ambition de faire du bien à tout un peuple, et la certitude où je suis de réussir, m'engagent au travail plus que l'intérêt '.
L'empereur accorde des taxes^ des douations, des privilèges et une très-forte protection, pour encourager un établissement de banque confus et formé sans principes. Je propose un projet simple, j'offre de l'établir à mes frais, et j'ai de la peine d'obtenir la permission de travailler! Je supplie Votre Altesse Royale de faire attention à ce que j'ai l'honneur de lui représenter, et si elle juge bon de m'eraployer, de vouloir bien me soutenir contre les ennemis du roi, de Votre Altesse Royale et de l'État, la jalousie, la prévention et l'intérêt particulier ; que je puisse travailler avec profit pour l'État et avec honneur pour moi; car plus je puis rendre service, plus je m'attends à trouver d'opposition.