LETTRE IX
On ne peut pas me refuser l'honneur de l'idée que j'ai donnée de rétablir le crédit eft France , puisqu'elle est toute tionvelle , et qu'elle n'a jamais été ni connue ni pratiquée, même dans les États les plus commerçants, qui se sont servis des crédits avec le plus d'avautage. Pour immquer la bonté de cette idée, on verra par la suite que les autres États régleront Jeurs établissements des crédits sttr le modèle de celui qde j'ai eu l'honneur de présenter.
Le succès de ce projet ne dépendra pas du hasard; il est fondé sur les -vrais principes, la confiance doit nécessairement suivre cet établissement, et par ma conduite de cette grande affaire, je porterai le crédit du roi et de l'Etat plus haut que le crédit d'aucun État n'a jamais été.
Je ne suis pas visionnaire; si mon projet est agréé, il produira tous les bons effets que je me suis proposé.
LETTHE X.
J'ai remarqué que vous travaillez à l'arrangement et au payement des dettes de l'État. Car je regarde les dettes dit roi comme telles : je ne pense pas de cette manière à cause de l'intérêt que j'ai là-dedans; quand je n'aurais pas de» effets royaux, je serais du même sentiment; je supposerai même que ces dettes avaient été contractées par les prédécesseurs du roi.
Un ministre qui travaille pour la gloire du prince, le bien de l'État et son propre honneur, ne peut pas former un plus beau dessein que de remettre et soutenir la foi publique.
Je m'estimerais très-heureux , Monseigneur, si je pouvais contribuer à vous aider dans cette vue; si vous jugez bon de m'honorer de votre confiance, mes lumières vous seront utiles. Je suis avec respect.
OBSERVATIONS SUR L'ÉTABLISSEMENT DE Là BANQUE.
Le projet de banque que le sieur Law a eu l'honneur de présenter étant agréé par le roi, supposé le 1er août, Sa Majesté peut ordonner l'ouverture de la banque pour le i 5, et les payements par billets à commencer le 20 : ce temps de quinze jours est nécessaire pour la nomination des inspecteurs, officiers et commis ; pour préparer le cachet et autres instruments ou matériaux qui serviront à la fabrique des billets , et pour mettre la maison dudit sieur en état d'y tenir la banque *.
Du 15 au 20 suffira pour que les trésoriers, receveurs et autres officiers, ordonnés pour les recettes et payements entre le roi et ses sujets , puissent convertir leurs caisses ; et aux particuliers , qui auront des payements i faire aux recettes royales, à prendre des billets pour être en état les uns et les autres de se conformer aux ordres de Sa Majesté, en faisant leurs recettes et payements par les billets de la banque.
OFFICIERS ADMINISTRATEURS DE LA BANQUE GÉNÉRALE, ET LES PERSONNES POUR SERVIR