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IV. Les Ecclésiastiques du premier ordre, comme Cardinaux

De tels faits ne permettent guère de révoquer en doute qu'une portion de l'impôt ne le levât en nature, mais il reste à savoir si les taxes de ce genre n'étaient pas plutôt effectives, c'est-à-dire frappées sur le territoire d'une ville ou d'une province, qu'individuelles. Il n'est pas présumable surtout qu'elles aient eu ce dernier caractère relativement à la redevance des cuisiniers, muletiers et concubines.

I II n'y avait pas, à proprement parler, d'impôt, sous les rois de la première et de la seconde race, car ils vivaient du produit de leur domaine, comme tous les autres seigneurs. Mais l'impôt vint précisément de l'insuffisance de ce domaine, sous la troisième race, et on ne le prit en nature que tant qu'il ne fut pas possible de l'avoir ea argent.

chose près, tous les fonds de terre, ne restant presque à l'autre partie que ce qui provient de son industrie, dans laquelle nous comprenons la culture des terres, façons de vignes, la nourriture des bestiaux, le commerce, tous les arts et métiers, et tous les autres ouvrages delà main.

La troisième, que, bien que ces Exempts le soient de la Taille, du Ta il Ion, de l'Ustensile et des logements de gens de guerre, ils ne le sont pas du Sel pour la plupart, des Aides, des Douanes, de la Capi— ta t ion, ni de tous les Droits qui se lèvent sur les marchandises à l'entrée et sortie du royaume ; non plus que des Postes, à l'exception de quelques-uns, et de ce qui se lève sur les épiceries, le sucre, les eaux-de-vie, le thé, le café, le chocolat, le tabac, et plusieurs autres drogues et denrées; bien que plusieurs font tout ce qu'ils peuvent pour s'en exempter, et qu'ils s'en exemptent en partie par industrie ou autrement. Or , il est certain que toutes ces personnes ont intérêt que la Dîme royale ne s'établisse jamais, parce que, si elle l'était, il n'y aurait pas plus d'exemption pour eux que pour les autres, puisqu'il n'y en aurait point du tout. C'est pourquoi le roi doit d'autant plus se méfier de ceux qui lui feront des objections contre ce Système, que le pauvre peuple , en faveur duquel il est proposé , n'ayant aucun accès près de Sa Majesté pour lui représenter ses misères, il est toujours exposé à l'avarice et à la cupidité des autres, toujours au bout de ses affaires, jusqu'à être le plus souvent privé des aliments nécessaires au soutien de la vie ; toujours exposé à la faim, à la soif, à la nudité, et,, pour conclusion, réduit à une misérable et malheureuse pauvreté, dont il ne se relève jamais. Or, l'établissement de la Dîme royale préviendrait infailliblement toutes ces misères, et réparerait bientôt le désordre. On n'y verrait pas tant de grandes fortunes à la

170,579 propriétaires dont le revenu a pour limite î,000 fr.

6,680 propriétaires jouissant d'un revenu supérieur au précédent, mais inconnu.

De bonne foi, est-ce bien dans les chiffres qui précèdent, qu'il faut chercher la preuve d'une diffusion de la richesse plus normale qu'elle ne l'était au temps de Louis XIV? Eh! qu'importe la multiplication des propriétaires du sol, si le produit de la terre ne reste pas entre leurs mains, et que d'ingénieuses combinaisons fiscales et usuraires les en dépouillent au profit d'une caste de fonctionnaires publics et de traitants? Cependant, ce n'est pas un rêve que cette supposition. Qui donc ignore que, sans préjudice de l'impôt, la propriété foncière doit acquitter annuellement 500 millions d'intérêts ? Il faut donc ou nier ce fait, ou reconnaître que l'immense majorité des 6 millions de propriétaires, dont on fait tant de bruit, ne se compose pas de propriétaires réels, mais bien de propriétaires fictifs, nominaux, qui, simples seigneurs directs de la terre, n'ont sur elle aucuns droits utiles, parce qu'ils les ont engagés aux trafiquants de crédit et de monnaie. Voilà les véritables maîtres du sol,

DIMÊ AÔYALE. 13&

vérité, finiis on y terrait moins de pauvires; tout le itioride vivrait atéfe commodité, et les revenus du roi augmenteraient tous les ans à d'cril* saris être à charge, ni faire tort à l'Un plus qil'à l'autre.

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