CHAPITRE IV
La diminution du revenu national n'a pas pour cause l'augmentation des revenu! do roi.
Si la diminution du revenu des fonds, qui a causé celle des revenus
de l'industrie, est une chose si certaine que personne n'en doute, la
cause ne l'est pas moins, quoiqu'on n'y faste point de réflexion, et
v que l'on mette sur le compte de l'augmentation des revenus du roi
ce qui n'en est point du tout l'effet.
Les fonds sont diminués de moitié pouf le moins, parce que fe ptti de toutes les denrées est à la moitié de ce qu'il était il y a trente tfùS; , et les denrées souffrent cette diminution, parce qu'il s'en cttftsofflfflê beaucoup moins, Par exemple, les boucheries donnent bien fitôfrlS; les foires des villes où il se débitait des boissons ne sont pas auquart, pouf la quantité, de ce qu'elles étaient, et le prix même en est bien moindre. Ainsi , il faut que les fonds qui les produisaient souffrent une ptfffeiffe diminution , provenant non-seulêment de celle du prix dans fa vente des denrées , mais encore dans leur croissance ; parce que n'y ayant aucuns fruits de la terre qui ne demandent de la dépense pour fa calture , qui produit plus ou moins que l'on fait des avances pour mettre les choses dans leur perfection, lesquelles sont toujours les mêmes indépendamment du débit que l'on en aura, ce débit venant à ne pas répondre à ce qu'on a mis , fait que l'on néglige ces mêmes avances dans la suite, et réduit le produit non-seulement à la moitié de ce qu'il • était , mais même à rien, y ayant des terres entièrement abandonnées, qui étaient autrefois en grande valeur, qui est une perte qui se répand sur tout le corps de l'État : en sorte qu'un pareil destin arrivé k un village d'auprès Cherbourg en fait ressentir des effets jusqu'à Bayonne, par une liaison imperceptible , mais très-réelle, que toutes les parties d'un État ont les unes avec les autres.