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Écraseur linéaire pour les tumeurs hémorroïdales

La douleur, l’hémorragie, le ténesme et le serrement qui s’en suit furent dans tous les temps l’embarras le plus grave pour les chirurgiens dans l’extirpation des tumeurs hémorroïdales ; chacun eut recours à des expédients de différente nature, et tà cet effet furent imaginés des instruments plus ou moins compliqués, aptes à conjurer les accidents sus-indiqués. On entendit enfin applaudir unanimement d’un pôle à l’autre l’écraseur Ghassaignac qui, pressant les tissus, et sans crainte d’hémorragie primaire, extirpait en quelques minutes les ANGIOMES les plus grands et les plus invétérés.

Mais qui ne connaît pas la douleur insupportable et la, cicatrice circulaire qu’il produit, et par conséquent le rétrécissemeyit du sphincter, d’où la nécessité de V anesthésie pour éviter la douleur, et de la dilatation graduelle et celle des pessaires pour réparer l’autre accident?

Afin d’éloigner ces ennuis dans l’opération dont il s’agit, j’ai étudié depuis longtemps, et avec assiduité, la recherche d’un serre-nœud nouveau qui, depuis deux ans déjà, m’a donné des résultats très-satisfaisants, tant dans la 4® salle

Hommes que dans l’autre des Viivft-et-im à l’hèpital des Incur cilles, comme aussi dans ma clientèle privée, ce qui est attesté par plusieurs de mes confrères distingués. Et puisque la façon de l’employer est tout à fait la même que pour l’instrument de Chassaignac, j’ai pensé être dans le vrai en l’appelant nouvel écraseur linéaire, avec la différence toutefois qu’on n’éprouve aucune grande douleur par son application, et que la cicatrice qui résulte de la cliute de la tumeur est linéaire au lieu d’être circulaire ; c’est pour cette raison qu’on n’a jamais eu à vérifier de rétrécissement; la défécation a été toujours, au contraire, prompte et facile, et à mon étonnement je n’ai jamais eu à déplorer aucune hémorragie parmi mes malades, ni dans la première ni dans la deuxième période.

On ne doit pas croire que ce que je viens de dire soit applicable seulement pour les tumeurs extérieures, puisqu’avec un résultat pareillement heureux, j’ai employé cet appareil pour l’opération des tumeurs internes profondément placées, et cela au moyen d’un tube ou canule que j’ai greffé à Eécraseur simple, ce qu’on peut comprendre clairement par le dessin ci-annexé et par la description que j’en vais faire tout à l’heure. Pour terminer, je dirai que j’ai étendu l’application de cet instrument sur des tumeurs de différente nature et d’une grosseur très-prononcée et plus ou moins pédonculeuses.

Mais, pour ne pas m’éloigner de mon sujet, j’arrive à la description et à la façon d’employer l’écraseur linéaire.

L’instrument est double : l’un est destiné aux tumeurs externes, l’autre est spécial aux tumeurs qu’on appelle aveugles, c’est-à-dire internes. Le premier se compose d’un fût soit en plaqué, soit en argent; sa forme est celle d’un parallélogramme dont les angles sont émoussés, et la surface libre

et convexe cannelée au milieu et ayant deux œillets aux extrémités; c’est cette partie qu’on applique sur la tumeur; les faces latérales sont plates; enfin, la face inférieure présente un trou qui sert d’écrou à une vis qui tourne sur son axe. 11 y a enfin une pièce glissante ' munie d’un bouton pour Tenvelopper avec un fil d’argent et de trois trous : celui du centre donne passage à la vis, et les deux autres reçoivent un fil d’argent revêtu de soie, ou un double fil recouvert du même métal ; ce fil passe par les deux œillets du fût ; et on le fixe à la pièce glissante qui sert à faire tourner la vis sur son axe, et c’est ainsi que l’instrument reste monté.

L’autre, qu’on peut employer pour les tumeurs internes, est modifié de la façon suivante : le fût est plus mince, et c’est la face latérale qui est convexe. A la face inférieure s’applique une canule qu’on peut allonger à volonté; pour le reste il n’y a pas de différence. Pour compléter l’appareil, j’ai fait construire une pince à pression fixe, ayant deux branches transversales, une de celles-ci a la pointe creuse à douche, et l’autre relevée de façon à s’adapter dans le creux de la branche opposée.

FAÇON D’EMPLOYER L’ÉGRASEUR

Une fois le malade disposé, on le fait placer au hord du lit et de façon que les fesses soient au dehors; le chirurgien attirant la tumeur au moyen de la pince, en allonge pédoncule, et si ce dernier n’existait pas, il se formerait par cet te manœuvre; cela fait, il passera le fil sur la tumeur et commencera à donner à la manivelle un mouvement de rotation;

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cette manœuvre fera monter la pièce glissante, et le til écrasant graduellement, on continue à comprimer, et après six heures au moins pour deux ou trois fois parmi les trente-six lieures, la tumeur finira par tomber dans les trente-six heures. Jusqu’à ce que l’hémorroïde soit tombée, on assurera l’apjxareil par une dandelette de sjparadrap, et on appliquera siir la tumeur une vessie de glace.

La simplicité de l’appareil, ses proportions ténues qui n’effrayent pas le malade, l’hémorragie qui ne s’est jamais produite, l’absence presque totale de douleur qui évite de recourir à Y anesthésie, et surtout la forme linéaire de la cicatrice, que jusqu'ici on n’avait pas obtenue par d’autres moyens, me donnent l’espoir que vous accueillerez favorablement mon écraseur et voudrez bien le soumettre à l’analyse.

Paris. — Imprimerio H. de Borniol, 77, rue des Sainls-Pt’res.

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