VI AVERTISSEMENT
tiques et littéraires que Gorki a publiés depuis la Révolution. La plupart ont paru dans sa t^evue Lietopis, dans son journal Novaïa Jizn et dans diverses publications révolutionnaires.
La valeur documentaire et V intérêt psychologique de ces pages n'échapperont pas aupublic.Gorki, dont l'œuvre est si russe, si imprég/)iée de l'odeur du terroir national, apparaît ici comme un occidental, comme un rationaliste, qui veut arracher l'âme du peuple aux iiifluences paralysantes de l'Orient mystique.
Le peuple russe ne sera sauvé que par la science et par la raison : tel est le leit-motiv sur lequel il ne cesse de développer depuis 1917 de 7nultiples variations. L'ouvrier et le paysan russes ploiigent encore par mille racines dans la barbarie ; trop longtemps esclaves, ils n'omit pas acquis le sentiment de la dignité individuelle; Ustl aiment pas le travail; ils ne respectent pas la science. Leur libération physique des chaînes du tsarisme ne sera rien sielle n'est pas accompagnée de la libération morale des âmes.
Dès le début de la révolution, Maxime Gorki a vu clair et dénoncé le péril. « Il ne faut pas oublier^ disait-il en tnars 1917, que ?îous vivoîis dans l'épaisseur d'une tnasse de millions d'êtres politiquemeni incultes et sans aucune éducation sociale». C'est cette tragique situation qui a frappé de stérilité les plus nobles efforts des chefs de la révolution, que