‹ Écrits inédits de Saint-SimonChapitre 25 sur 58 · ROYAUME · texte numérisé non relu

ROYAUME

Les qualités cy à costé sont celles que le brevet donne au comte d'Arran, et auxquelles les lettres patentes et Fenregistrement qui suivirent un mois après, ajoustent que c'est pour avoir fait le mariage de la Reine d'Escosse avec Monseigneur le Dauphin, prévenu les entreprises formées au contraire, fait consentir les Ëstats d'Escosse et livré les places fortes.

C'estoit de l'infortunée et trop célèbre Marie Stuart qu'il s'agissoit et du Dauphin qui fut depuis François II. Les Guises frères de la Reine douairière d'Escosse et oncles de Marie Stuart, avoient plus d'intérest de faire ce mariage à beaucoup près que l'Estat, dont ils recueillirent dans sa courte durée tant de grandeur et de puissance^ et la France tant de guerres et despenses pour l'Escosse, et nul autre fruit

On se dispensera d'une généalogie fort exacte de cette grande Maison. Elle est estrangère, elle a paru des instants en France, et à la manière d'Angletterre elle peut passer pour esteinte puisqu'il n'y a plus de masles sortis de cette branche illustre dont il est icy question, et qui après

IGO DUCHÉS VÉRIFIÉS ËSTELNTS.

Marie Stuart avoit le premier droit à la Couronne d'Escosse. Mais les curiosités historiques suppléront avec usure à une généalogie éloignée ou estendue.

Jacques Hamilton créé comte d'Arran par Jacques II Stuart Roy d'Escosse dont le père Jacques I luy fit espouser Marie sa fille, 1468, qu'il obligea de quitter Robert Rondins comte d'Arran son premier mary. Arran est une isle dans le golphe de Cluyd sur les costes d'Escosse. La mère de cette princesse estoit Marie d'Egmont- Gueldres. De ce mariage si grand pour Hamilton, sortirent deux fils et une fille. L'aisné espousa une fille de J. Stuart comte de Lenox seigneur de Darnley ; le cadet espousa la fille de Jean Stuart duc d'Albanie, et ce cadet fut tué dans un combat donné entre le comte d'Angus et son frère aisné Jacques HamiKon comte d'Arran. Le duc d'Albanie beau père de son frère et Régent d'Escosse sous Jacques V, ayant soumis David et Guillaume Humiers proscripts pour leur révolte, confia leur garde au comte d'Arran, qui gaigné par le mariage de leur sœur les laissa aller, forma un party dans lequel il engagea le comte de Lenox fils de sa sœur et demanda la Régence comme estant le plus prochain de la Couronne par sa mère, sœur du père du Roy. Le Régent le soumit bientost, se le réconcilia et s'en allant en France le nomma un des Commissaires pour gouverner en son absence, lesquels l'élurent après pour leur chef. Il répudia sa femme pour espouser Jeanne Reton, tante du cardinal Reton archevesque de Saint-André. Il se brouilla avec Douglas comte d'Angus. La haine s'augmenta lorsque Jacques V ayant pris les resnes du gouvernement se laissa conduire par sa mère et par le comte d'Arran. Ils se combattirent puis, se réconcilièrent. Il ne laissa que deux fils. L'aisné fut noslre duc de Chastellerault, le cadet fut

archevcsque de Saint-André après son cousin le cardinal Belon. Ce cadet fut très méchant, très vicieux, très ambi» ticux et fut enfin pendu pour avoir eu part au meurtre du comte de Mourray.

Jacques Hamiiton comte d'Arran puis duc de Ghastelle* rault, espousa une fille du comte de Norton. L'hérésie entra en Escosse en 1530. Un Hamiiton neveu du comte d'Arran et du duc d'Albanie y fut bruslé le premier. Son frère et sa sœur y couroient la mesrae fortune si le Roy Jacques Y ne les eust fait absenter. On a veu tiltre de Guise [tome V, page 85] que ce Roy ayant perdu la fille de Fran-* çois I sans enfans, il vint en personne avec ses trouppes à son secours sans avoir esté mandé ny prié, ce qui le brouilla avec Henry VIII Roy d'Angletterre frère de sa mère, et qu'il ne voulut estre remarié que de la main de François I et encore à une Françoise, qui à faute d'autres luy donn^ la sœur des Guises vefve du duc de Longucville duquel les enfans ne vescurent pas. Jacques Y ne fut pas plus heureux que les autres quatre Jacques ses pères en droitte ligne. Jacques I Roy d'Escosse mourut en Angletterre au bout de dix huit ans de prison. Jacques II son fils et son successeur fut assassiné et laissa son fils Jacques III qui périt dans une bataille contre Jacques IV son propre fils, et celui cy mourut de rage d'avoir esté vaincu par Henry Ylll à son avènement à la Couronne d'Angletterre. Jacques Y fils et successeur de ce dernier eut précisément le mesme sort en 1542, et laissa Marie Stuart sa fille unique aagée de huit jours, fameuse par la singularité de sa vie et encore plus par l'excès et le comble de ses malheurs.

JU il

i62 DICHÉS VÉRIFIES ËSTËINTS.

L'Escossc de tout temps protégée par la France, estoit partagée entre la faction angloise et la françoise qui eut pour but de gouverner et de marier la petitte Reine au petit Dauphin qui fut depuis le Roy François II. Béton archevesque de Saint-André après son oncle chancelier d'Escosse, estoit fils du baron Reton de Ralfour d'une Maison ancienne. Il avoit esté ambassadeur d'Escosse en 1534 auprès de François I qui le fit ëvesque de Mirepoix et luy procura le chapeau de cardinal, de Paul III Famèse en 1558. Devenu Légat en son pais et Primat il se mit à la teste de la faction françoise et se saisit du gouvernement pendant l'absence des principaux seigneurs prisonniers des Anglois à la bataille qui fit périr Jacques V. Hais bientost après la Noblesse assemblée à Edimbourg le convainquit d'avoir supposé un faux testament à ce Prince qui le nommoit Régent, le destitua et mit en sa place avec tiltre de Viceroy Jacques Hamilton comte d'Arran. Il estoit le plus prochain de la Couronne après la petitte Reine, enclin aux opinions nouvelles sur la religion et fut confirmé par le Parlement qu'il s'attacha par la prompte convocation qu'il en fit à Edimbourg. Henry YIII qui vouloit réunir l'Escosse à TAnglelterre par le mariage de la petitte Reine avec son fils, cajolla le Viceroy et luy fit offrir sa fille Élizabeth. Le Viceroy balança et conclut enfin ce traitté avec Henry en 1543. Reton échapé à ses gardes n'oublia rien pour le traverser et pour profiter de la foiblesse du Viceroy peu versé encore dans les affaires et dont il estoit cousin germain. La France luy envoya le jeune comte de Lenox Mathieu Stuart qui sortoit d'une fille de Marie fille du Roy Jacques III et du bisayculdu Viceroy. Il sçavoil bien que Stuart n'avoit droit à la Couronne qu'après cette branche dllamilton et ces deux Maisons estoient si enne-

CHASTELLERAULT. HAMILTON COMTE D'AKHAN. 165

mies que Lcnox s*cstoit réfugié en Francç contre la persécution de l'autre et y comandoit la garde escossoise. Ce compétiteur qui n'aspiroit à rien moins qu'à espouser la Reine Douairière fut aidé par la trahison du propre frère du Viceroy gaigné par le cardinal Béton à rarcheyesché duquel il succéda depuis, et celuy cy fit peur à son frère de l'irrégularité du mariage de leur père qui avoit espousé leur mère du vivant de sa première femme qu'il avoit répudiée. Celuy de leur grand père avoit encore plus le mesme défaut, puisque Marie fille du Roy Jacques II avoit aussy répudié son mary pour Tespouser. Le Viceroy eut peur du Pape s'il l'irritoit, et qu'il ne vinst à casser ces mariages et à rendre par là son estât doutteux qui ne l'avoit jamais esté; et il fut séduit jusqu'à passer de la résolution qu'il avoit prise de faire passer la petitte Reine en Anglettcrre, à celle de se réconcilier avec le Cardinal et de faire abjuration entre ses mains en présence de la Reine Douairière de la nouvelle Religion qu'il professoit* Béton voulut un gage plus seur de sa stabilité, il luy demanda son fils en ostage ; le Viceroy l'accorda et Béton le mit en seureté au chastcau d'Edimbourg.

Béton laissant au comte d'Arran le nom de Viceroy, en usurpa l'autorité et ne pensa plus qu'à se mettre au large en se délivrant du comte de Lenox, qui ne luy estoit plus nécessaire et qui avoit esté envoyé à son secours contre le Viceroy. Il n'oublia rien pour le perdre auprès de la Reine Douairière en Escosse et de ses frères en France, et il y réussit si promptement et si bien que le jeune Comte n'eut d'autre ressource que de s*enfuir en Angletterre. Henry VIII l'y receut bien et luy fit espouser sa propre niepce fille de sa sœur et du comte de Douglas sœur de la duchesse de Suffolck-Brandon vcfve sans enfans du Roy Louis Xll. De

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ce mariage de la Douglas avec le comte de Lenox vint mylord Darnley qui dans les suittes espousa la jeune Reine d'Escosse dont ils eurent Jacques I Roy de la Grande Bretagne et qui réunit sous le mesme sceptre les Couronnes d'Angletterre et d'Escosse pour ne se plus séparer. D'Aubigny frère de Lenox partit en France où, sur la retraitte de son frère en Angletterre, il fut mis en prison. Mais Montgommery quoyqu'ennemy des deux frères eut la générosité à son retour en France d'y découvrir les artifices du cardinal de Béton et procura la liberté à d'Aubigny. Ce cardinal persécutoit la nouvelle Religion à feu et à sang et ne se rassasioit point des supplices. Il dominoit le Viceroy dont il entraisnoit la foiblessc, ou agissoit malgré luy. La fureur et la cruauté de ses exécutions excitèrent à tel point contre luy qu'il fut résolu de s'en défaire, et bientost après il fut assassiné dans son palais à Saint-André, et puis pendu aux grilles de ses fencstres en 1545.

Lé Viceroy essuya bien des orages et une grande défaille par les Anglois. Les Guises, devenus plus puissants en France por l'avènement d'Henry II à la Couronne qu'ils l'avoient jamais esté, envoyèrent deux secours en Escosse l'un après l'autre et y sceurent si bien mesnager les affaires que moyennant le don et l'érection de Chastellerault en Duché pour le comte d'Arran ils emportèrent sur les Anglois le mariage d'Escosse et l 'envoy de la petitte Reine en France. La Reine sa mère l'avoit menée à Dumbritton où Villegagnon l'embarqua, trompa heureusement la flolle angloise qui le guettoit au passage, et arriva heureusement en Bretagne, 1548, d'où elle fut conduitte à la Cour.

Deux ans après le Viceroy gouverné par l'archevesque de Saint-André son? frère qui d'ailleurs menoit une vie très

desbordée, demeura si fortement brouillé avec la Reine Douairière, que celle cy n'y pouvant plus tenir et ne tirant pas de ses frères tout l'appuy qu'elle désiroit, résolut de passer en France pour y agir par elle-mesme. Elle y resta un an et emmena avec elle Clutin d'Oisel célèbre dans son temps par Tespée et par sa capacité en négociations. Il eut la qualité de Général et celle d'Ambassadeur desquelles il s'acquitta avec grande réputation, mais d'abord il ne fut qu'Ambassadeur. La Douairière trouva l'archevesque de Saint-André assez malade pour ne pouvoir donner de conseils à son frère qui se laissa effrayer d'une part et séduire de l'autre. On luy portoit une pension de 12000 livres, bien forte pour ce temps là et un écrit signé d'Henry II et du Dauphin son fils et des deux Reines d'Escosse mère et et fille, par lequel le Yiceroy estoit reconnu et déclaré héritier présomptif de la Couronne d'Escosse au deffaut de la jeune Reine et de sa postérité. Mais arrestons nous icy un moment sur une anecdotte curieuse.

Le mariage réel ne fut bien décidé qu'en ce voyage de la Douairière d'Escosse, quoyque les Guises ses frères ne cessassent de l'appuyer des plus flatteuses raisons de l'acquisition si aisée d'une Couronne et des droits certains sur celle d'Angletterre au défaut des enfans d'Henry VIII dont Testât mesme estoit très susceptible d'estre attaqué par la qualité de ses divers mariages. Le Connestable, jaloux de la grandeur nouvelle où ce mariage alloit porter les Guises, mais plus encore en digne citoyen comme il le monstra bien envers ces Guises mesmes quand la Religion et l'Estat l'obligèrent à se sacrifier en pleine connoissancc de cause en se réunissant à eux, tillre de Montmorency [tome V, page 141], le Connestable, dis je, représentoit au contraire rexcmple de l'Espagne affoiblie par ses Estais séparés quoy-

que si riches, et dont la pluspart ne Festoient d'elle que par la Méditerranée. Que l'Escosse estoit un pais très pauvre, ennemy de toutle apparence de tribut et de joug dont on ne tireroit rien et où il faudroit envoyer sans cesse à travers rOcéan et passant devant TAngletterre. Que ce pais estoit plein de partis et de factions que TAngletterre ne cessoitet cesseroit encore moins d'allumer et d'entretenir par la jalousie du voisinage et par celle encore des prétentions possibles sur elle mesme, et traverseroit de touttes ses forces et de toutte son industrie les passages des secours qu'il y faudroit continuellement envoyer. Qu'il seroit donc bien plus sage et plus utile de ne se charger point d'un tel fardeau sous le nom flatteur d'une Couronne, mais de marier à quelque prince françois la petitte Reine d'Ëscosse, les y renvoyer et leur continuer les assistances que la France a voit toujours données aux précédents Rois d'Escosse» s'en asseurer l'alliance et par là donner assës d'inquiétude à l'Angletterre chez elle pour la destourner de troubler autruy. Ce simple exposé fait l'éloge du grand sens du Connestable et le malheureux succès de l'avis opposé qui fut suivy n'y laisse rien à répliquer. Luy mesme a raconté ce trait historique du secret du cabinet d'Henry II au chevalier Melvill gentilhomme escossais que le célèbre Montluc évesque de Valence en ramena de son ambassade. Le Connes* table le prit à luy d'où il passa chez l'Électeur Palatin qui l'employa en diverses négotiations. Il a esté finir ses jours dans sa patrie où il s'occupa à escrire des mémoires fort estimés, et où il n'a pas oublié d'insérer ce curieux morceau.

La Douairière d'Escosse retournée en ce Royaume à la fin de 1551, y dépouilla bientost après comme on vient de voir le Viceroy de son tiltre, de sa puissance et des mar-

qucs mesme de son autorité qu'il luy remit publiquement en cérémonie en luy faisant sa démission. Son frère qui exerçoit toutte sa puissance sous son nom et qui n'y pouvoit survivre n'avoit pas esté à temps de l'en empescher. Il s*emporta contre sa foiblesse et se tourna à faire un parti contre la nouvelle Régente. Le prieur de Saint-André bastard du feu Roy d'Escosse et beau frère bastard de la Régente se rangea de son costé. C'est luy qui fut si connu depuis sous le nom de comte de Mourray; et ce fut là l'époque des cruelles inimitiés entre l'archevesque et luy qui les firent enfin périr, l'un par la main d'un assassin et l'archevesque par celle du bourreau. Pour le duc de Chastelleraull qui depuis sa démission n'estoit plus rien en Escosse et qui ne se plaisoit pas parmy tant de troubles, il quitta la parlic et vint en France avec le jeune comte d'Arran son fils.

Cependant les troubles augmentèrent en Escosse, les Anglois s'en meslèrent, et les Guises y firent envoyer des secours à diverses reprises. Leur grandeur, leur puissance setrouvoit à son comble depuis l'avènement de François II à la Couronne ; elle n'avoit pas mesme le contrepoids de Catherine de Médicis dont le fils enfant ne voyoit que par les yeux de sa femme qui en fut la victime par la jalousie et la haine implacable que sa belle mère en conceut, qui la conduisirent par degré jusque sur l'eschaffaut. Sa santé estoit délicate et la paroissoit encore plus qu'elle ne l'estoit en effet. Celle de François II n'estoit pas plus robuste ; il n'y avoit point eu encore d'apparence d'enfans. Les Guises crurent qu'ils n'en auroient points et que moyennant la Régence de leur sœur en Escosse et Tappuy du party catholique ils pourroient s'en procurer la Couronne. L'avis du Connestable l'eust aisément donnée à un

iefi DUCHÉS VÉRIFIÉS ESTEINTS.

de leurs enfans» mais le comble de leur grandeur en France leur estoit plus cher, pour ce qu'ils y médittoicnt déjà, et il leur estoit trop capital d'y faire régner leur nicpce, c'est à dire eux mesmes comme ils firent en plein et à descouvert sous François II. Mais au cas de mort de leur niepce sans cnfans et accrus comme ils estoient en France, ils voulurent revenir à la Couronne d'Escosse qui les barroit en rien leurs autres desseins. Le duc de Chastellerault les embarassoit et ses enfans avec leur droit d'héritiers présomptifs. Us essayèrent sur eux ce qu'ils tentèrent bientost après sur les Bourbons par l'Inquisition d'Espagne, par de semblables veues sur la Couronne de France, par qui les Bourbons eschapés d'Orléans par la mort soudaine de François II, pensèrent cstre enlevés et expédiés et ne deurent leur double salut qu'à deux mi* racles. Des panneaux sur la Religion furent tendus aux Hamiltons. Le père prudent et timide s'en alla sans dire adieu en Escosse, et le fils qui le voulut suivre se trouva arresté à Chastellerault où on luy voulut faire le procès comme à un hérétique. Il trouva moyen de se sauver et de giiâgner l'Escosse où il trouva son père auprès de la Régente. Son frère le marquis d'Elbœuf y venoit d'arriver ensuitte du bonhomme la Brosse créature des Guises, chacun avec un secours, et une recrue de missionnaires menés par leur trop fameux confident l'évesque d'Amiens si connu depuis soUs le nom du cardinal de Pellevé. Le comte d*Arran plus avisé que son père ne voulut pas se monslrer dans une Cour si dangereuse pour eux après ce qui venoit de leur arriver en France par les Guises. H en remonstra le danger à son père qui l'en crut et qui passa aussytost dans le camp des confédérés avec qui les Guises venoient de faire rompre la trêve par touttes

CHASTELLERAULT. HAMILTON COMTE DARUAN. 160

sortes d'insultes à Trogmorton ambassadeur d'EHzabeth en France.

Le duc de Chastellerault se trouva à la teste de tous les chefs Protestants dont il ne larda pas à reprendre là Beli« gion, et avec eux publia un manifeste très injurieux au gouvernement de la Régente et qui alloit à la dépouiller detoutte autorité. C*estoit Tannée 1559; la Régente mourut en 1560 moins d'une année après, et les deux partis firent la paix par Tentremise d'Elizabeth. Souverains et particuliers fort distingués aspiroient au mariage de cette grande Reine et les seigneurs d'Escosse luy proposoient le comte d'Arran. Il fut écouté mais éconduit comme tant d'autres, et il tourna ses pensées vers la Reine d'Escossc qui venoit de perdre le Roy François II son époux sans enfans et que sa cruelle belle mère s'estoit hastée de renvoyer en Escosse. Lenox disputoit le premier droit à la succession à la Couronne. Il estoit Stuart, mais le duc de Chastellerault quoyqu'IIamilton, avoit sur luy Taisnesse à la compter par les femmes qui en Escosse comme en Angleterre excluent par aisnesse sans distinction de sexe. La Reine par le choix qu'elle fit enfin en 1565 de mylord Damley fils de ce comte de Lenox décida de cette concurrence, et le fils qu'elle eut de ce mariage régna depuis sur PAngletterre, l'Escosse et l'Irlande sous le nom de Jacques I. Le duc de Chastellerault et son fils outrés de ce mariage se laissèrent aller au prieur de Saint-André devenu comte de Mourray, qui y perdoit toulte son autorité, et au prétexte que le nouveau Roy estoit Catholique. Us armèrent et furent battus et réduits à se sauver en Angletterre avant que le secours leur enfust arrivé. Le nouveau Roy ne jouit pas longtemps de sa grandeur. Il fut assassiné en 1567 dans Edimbourg par le comte de Bothuel qui trois

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mois après espousa sa vefve. Ce mariage de la Reine souleva tout contre elle et avec tant de force qu'elle fut obligée d'abdiquer la Couronne, de la résignera son fils encore dans la plus pelitte enfance, et la Régence au comte de Mourray qui s'estoit retiré en France. Les Hamiltons firent leurs protestations lors du couronnement du petit Roy Jacques à Sterlin, 29 juillet 1567, pour conserver leur droit à la Couronne sur ceux de Lenox ; et déclarèrent qu'ils ne la cédoient point au jeune Roy en considération de celuy de son père, mais uniquement au droit de la Reine sa mère. Peu de jours après le comte de Mourray arriva de France enEscosse,etle duc de Chastellerault passa d'Escosse en France de dépit de n'estre pas Régent. Mourray ne tarda pas à se brouiller avec la Reine d'Escosse qui se sauva au chasteau de Loevin où elle estoit gardée et qui assembla de3 Irouppes. Le Régent en fit autant de soncosté. Hamilton arclievesque de Saint-André qui vouloit faire monter le comte d'Arran sur le trosne en luy faisant espouser la Reine abandonnée par Bothuel qui s'estoit sauvé en Suède, opiniastra le combat. 11 fut donné le ISmay 1568. Le party de la Reine fut défait, elle se sauva par mer en Angletterre où elle eut ordre d'Élizabelh de s'arrester à Carliste. De là les conférences d'York où Ëlizabeth se constitua juge de touttes les affaires d'Escosse, et n'y trouva point de difficulté.

Toutte la conduitte de la Reine d'Escosse y fut contradictoirement discutée devant les commissaires d'Angletterre par ceux de la Reine d'Escosse et par ceux de ses ennemis sous le nom du Roy son fils, qui avoient le Régent à leur teste. A ce Régent le duc de Chastellerault vint disputer la Régence, comme le plus proche héritier de la Couronne à un bastard. Le bastard répondoit qu'il a voit esté choisi et

CHASTELLERAULT. HANILTON COMTE D*ARRAN. 171

élu à la Aégence comme Tavoienl esté tous les Régents précédents qui n'avoient tous obtenu ce pouvoir qu*à tiltre indépendant de leur naissance, et il fut maintenu par Ëlizabeth. Tel fut le commencement de la captivité de rinfortunée Marie Stuart, Reine héréditaire d'Ëscosse et Douairière de France, qui fut de plus en plus resserrée, et qui au bout de dix huit ans la conduisit sur un échafTaut. Dès que le Régent d'Escossefut retourné d'York à Edimbourg, il assembla le Clergé et les Seigneurs. Le duc de Chastellerault Ty suivit de prés, muni d'un acte de la Reine d'Escossc par lequel elle Tadoptoit pour son père, le nommoit Yiceroy et défendoit aux Escossois d'obéir à un autre. Cette sorte d'adoption avoit esté autrefois en usage en Escosse et s'appelloit une Arrogation ; mais elle y csloit hors d'usage et comme abolie depuis plusieurs siècles. Aussy ne fit on aucun cas de celle cy. Le duc de Chastellerault y renonça mesme, et envoya un long écrit contre le Régent à l'Assemblée du Clergé, qui répondit qu'elle n'avoit pas pouvoir de connoistre de cette contestation et envoya l'écrit au Régent. La foiblesse ou la facilité si ordinaire du duc de Chastellerault le fit bientost mollir puis se rendre aux reproches de quelques seigneurs qui luy estoient unis, en sorte que nageant entre deux eaux et ne contentant personne, les seigneurs assemblés consentirent à l'envoyer en prison au chasteau d'Edimbourg où il demeura près d'un an. Cependant il y eut de grands troubles parmy lesquels le Régent fut assassiné. Tout aussytost le party de la Reine d'Escosse se souleva et fit une course en Angletterre qui fut cruellement vengée par les ravages des Anglois en Escosse, pendant lesquels le duc âe Chastellerault fut mis en liberté avec les deux ou trois seigneurs associés à sa fortune. Ceux cy s'assemblèrent

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inutilement. Le party contraire avoit toutte la supériorité et déclara Régent le comte de Lenox père du Teu Boy assassiné. L'autre party eut recours au fameux duc d'Albe gouverneur alors des Pais Bas qui leur envoya de tout en abondance, et le duc de Chastellerault demeura des principaux de ce party. Sa douceur naturelle ne permit pas de le croire complice de la mort du comte de Mourray quoyqu'exécuté dans Lithquo qui luy appartcnoit et par un llamilton son parent proche qui se sauva en France, outre que le duc estoit alors en prison. On crut reconnoistre l'arme et le cheval du meurlrier pour appartenir à un fils du duc abbé d'Arbroth ; et Tarchevesque de Saint-André son frère ne se défendit pas d'y avoir trempé lorsque son procès luy fut fait par les suittes. Mais comme il n y eut aucune preuve contre le duc ny contre ses enfans, ils furent restablis presqu'aussytost après par le Parlement qui les avoit condamnés par contumace. Dans la continuation de ces désordres, le duc de Chastellerault eut en 1571 la douleur de voir son frère l'archevesque de Saint-André pendu presque sans forme de justice comme complice du meurtre du Roy et du Régent, et accomplir ainsy la prédiction funeste que le célèbre Cardan luy en avoit faille beaucoup d'années auparavant lorsqu'il le guérit de celte hydropisie dont la Reine Douairière d'Escosse se prévalut à son retour de France pour se faire céder la Régence par le duc de Chastellerault. Ce prélat estoit homme de teste et d'exécution, d'une ambition qui se permetloit tout et d'une débauche outrée. Point ignorant, courageux, ferme, suivi, et plein de ressources.

Cette mesme année 1571, en juin, le duc de Chastellerault et quelques autres seigneurs furent condamnés par le Parlement et leurs biens confisqués pour la suilte

de ces troubles. Claude Hamilton le troisiesme de ses fils^ bisayeul de la comtesse de Gramont, outré de cette confiscation se saisit peu de jours après de Sterlin avec autant de conduitte que de courage où il prit prisonniers le Régent et quelques seigneurs qui y estoient avec luy. Mais le comte de Marr le défit au sortir du chasteau, ce qui n'empescha pas que le Régent ne fust blessé à mort malgré ceux à qui il s'estoit rendu, dont il mourut peu d'heures après. Le comte de Marr eut la Régence. Il mourut natu* rellement un an après et eut pour successeur le comte de Morton, beau frère ou neveu ou cousin germain du duc de Ghastelleraull.

Les troubles de Religion et d'Estat continuoient toujours et la Reine Elizabeth s'en mesloit avec succès pour ses desseins contre l'ancienne Religion et contre la Reine d'Escosse sa prisonnière. Il cstoit question de réunir ce qui estoit attaché à celte dernière, ou qui sous ce nom servoient leurs haines et leurs jalousies particulières, au party qui sous le nom du petit Roy estoit celuy du Régent et du gros de l'Escosse sous Tinfluence d'Ëlizabeth. Le duc de Chastellerault estoit le plus considérable de ceux qui s'estoient opposés aux Régents, mais celuy cy estoit peut estre son beau frère ou son parent le plus proche, sa femme mère de ses enfans estant fille d'un comte de Morton. Il se réunit à luy et luy ramena encore plusieurs autres seigneurs. Élizabelh envoya des trouppes, fit peur à l'Escosse de celles que la France y deslinoit, surtout de l'exemple récent de la Saint-Barihélemy, et acheva par TAssemblée de Perth en 1575 de réunir les partisans de la Reine d'Escosse à ceux du Roy son fils et du Régent* Le duc de Chastellerault y travailla plus qu'aucun autre et V fit enfrer Jean et Claude ses fils. Il ne survescut

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guères qu'un an à cet ouvrage, et il mourut en Escosse en 1575.

Les Guises qui s'estoient si utilement servis de luy pour

le mariage de la pctitte Reine d*Escosse leur niepce avec

François II et qui pour cela luy avoient fait donner Chas-

tellerault et Ten avoient fait faire Duc, ayant depuis changé

d'intérest et projette de se défaire de luy et de ses enfans

comme on Ta veu cy dessus, ne les regardèrent pins que

comme des ennemis qui leur avoient échapé et qui pour

cela mesme méritoient toutte leur indignation. Ils saisirent

donc l'occasion de la paix faitte entre les deux partis

d'Escosse à la mort de la Reine leur sœur par rentremisc

de la reine Elizabeth et des liaisons que le duc de Chastel-

lerault et son fils qui aspira au mariage d'Elizabeth prirent

en Ângletterre, à quoy la passion extresmc de Catherine de

Médicis de luy faire espouser le duc d'Alençon son troi-

siesme fils ne contribua pas peu. Le Duché de Chastellerault

fut donc confisqué et réuni à la Couronne comme sur un

rebelle et par cela mesme esteint, et pour que la chose

tint mieux le présent à vie en fut fait et enregistré en

1563 à la mareschale de Montmorency femme du fils

aisné du Connestable Anne qui cstoit basfarde d'Henry II.

Le duc de ChastelleraulJ vint en 1567 faire un voyage en

France de dépit de la préférence que le comte de Mourray

avoit eu sur luy pour la Régence d'Escosse, il y réclama

son Duché et sa Dignité. La mort du Connestable Anne tué

la mesme année à la bataille de Saint-Denis luy fit concevoir

des espérances, mais les Guises qui n'en devinrent que

plus puissants et dont son dépouillement estoit Toiivragc

le sceurent bien maintenir, en sorte que ny le duc de

Chastellerault ny aucun de sa postérité n'ont jamais pu }

revenir depuis»

GUASTELLERAULT. HAMlLTOiN COMTE D'ARUAN. i75

Ainsy futesteint le duché de Chastellerault sur la mesmc teste pour laquelle il avoit esté érigé douze ou treize ans auparavent, nonobstant la postérité ; et cet exemple est unique y ayant postérité.

Elle fut de quatre fils et de deux filles dont Tune espousa Georges Gordon comte de Uuntley, l'autre Jacques Fleming.

I/aisné des fils devint insensé et après quinze ans de démence il eut pour tuteur le capitaine Stuart qui s*empara de Fisle d'Arran dont Jacques 1 le fit comte. On verra cy dessous le capitaine Stuart et mylord Ochiltry son fils, et leur haine contre les Hamiltons.

Le second ainsy devenu Taisné fut Jean comte d'Arran dont on parlera après ses frères.

Claude le troisiesme, baron de Paslay, fut celuy qui se saisit de Stcrlin et du comte de Lenox Régent qui estoit dedans et à qui il en cousta la vie. II se réfugia auprès de la Reine Élizabeth avec son frère en 1579 et fut restabli six ans après par son autorité en Escosse, et fut fait marquis de Paslay par Jacques I en 1599. Il laissa un fils qui de Marie Boyd en eut un autre nommé George qui d'une Butler eut plusieurs enfans, entrautres la comtesse de Gramont dont il sera parlé tiltre de Gramont aux Duchés Pairries Existants.

David fut le quatriesme et dernier fils desquels tous la race est finie.

Jacques Hamilton second fils du duc de Chastellerault, devenu aisné et comte d'Arran par la démence de son frère, est celuy qui eschapa de sa prison de Chastellerault où les Guises le vouloient faire périr pour s'en défaire sous prétexte de Religion, qui se sauva en Escossci qui y fit changer de party et de Religion à son père, qui aspira au mariage de la Reine Élizabeth 4 puis à celuy de la Reine

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d'EscossCy et qu'on a veu à l'article précédent un homme tout autrement ferme et résolu que son père. Il eut le mesme sort que Claude son frère pour leur retraitte en Anglotterre et leur restablissement en Escosse. Jacques 1 le créa marqiûs d'IIamilton eh 1599 ; il ne laissa qu'une fille dont le mary baron Maxnvell eut le col coupé eh 1613, et un fils qui fut :

Jacques marquis d'IIamilton fut très bien auprès du Boy Jacques I qui luy donna son ordre de la Jarretière et le créa en 1619 baron d'Ennerdale et comte de Cambridge pour le faire, pair d'Anglelterre. Il eut aussy une charge de chambellan, et celle de séneschal du Palais. Il mourut 2 mars 1624 non sans soupçon de poison, amèrement regretlé du roy Jacques I. De la fille de Jacques Cunningham comte de Glaincairne, il laissa deux fils. Le cadet Tut comte de Lanerick et fut tué combattant pour le Roy Charles II à la bataille de Worcester, 13 septembre 1651, et laissa d'Élizabeth Maxwell un fils unique qui mourut sans avoir esté marié et des filles mariées au comte de Diriton, à Robert Carnegie comte de Soulheske, à Jacques Cunningham baron de Kilmores fils du comte de Glaincairne, à Jacques baron d'AImont comte de Clarendar et au baron de Rlair. L'aisné fut :

Jacques marquis puis duc d'IIamilton et le dernier de sa maison fut très bien auprès du Roy Charles I qui le fit son chambellan et chevalier de la Jarretière. Il conclut en 1630 un traitté pour Charles I avec le grand Gustave Roy de Suède contre la Maison d'Austriche, et pour la protection des princes d'Allemagne, et surtout du Palatin prétendu Roy de Bohême vaincu et chassé, dégradé et proscript et beau frère de Charles I. Ce qui fut estrange c'est que Charles I n'y fut point nommé. Le marquis d'IIamilton

fut soubçonné d'avoir voulu s'unir luy mesme avec Gustave pour faire valoir ses prétentions surl'Escosse, quitouttefois ne pouvoient exister de droit ny mesme d'apparence contre celuy des descendants de Jacques V fils de Marie Stuart Reine d'Escosse et père de Charles I et de la Palatine. Ce silence du nom de Charles I vint de ce qu'il traittoit en mesme temps sur les errements du Roy son père avec l'Espagne, et par ce ricochet avec l'Empereur en faveur du Palatin avec lesquels il ne vouloit pas se brouiller, et de la folle idée qu'un traitté où son nom ne paroistroit pas ne pourroit luy estre imputé. Il fut donc tout au nom seul de Jacques marquis d'Hamilton grand cscuyer de Sa Majesté Britannique, qui s'estoit dévoué à la cause publique de la liberté de l'Allemagne contre l'oppression de la Maison d'Âustriche, et qui promeltoit 6000 Anglois. Ce traitté portoit de la part de la Suède touttes les conditions pour ce secours, et de ne faire point de paix sans y faire comprendre le Marquis qu'il recevoit pour un des chefs de ses armées comme il le fut en effet. L'instrument en fut signé à Stockholm le dernier may 1630 par le colonel Hamilton, parent du Marquis, et par Ramsey gentilhomme de la chambre de Charles I, et ratifié par un escrit de la main du Marquis du premier mars 1631. L'année suivante, mylord Rey, colonel escossois au service de Suède et qui avoit esté employé au traitté, revint avec le colonel Hamilton, et l'accusa d'avoir concerté l'invasion de l'Escosse avec le Roy de Suède et les trouppes que Charles I luy fournissoit dans une autre veue. L'accusation fut instruitte et receue non dans un tribunal ordinaire mais dans celuy du grand mareschal d'Angletterre purement militaire, qui ne pouvoit ordonner que le duel que Rey demandoit et que Ramsey ne fuyoit pas ; et on ne voit pas

vil 12

; pourquoy la querelle tomba plustost sur luy que sur le

colonel Hamilton. Faute de preuves il ne fut rien jugé, et ce qui est encore plus extraordinaire c'est qu'il n'y fut en tout fait mention aucune du marquis d'Hamilton, premier personnage^ et tellement principal dans cette affaire qui n'eut point de suitte pour lors. Mais bientost après il parut un autre délateur plus hardi. Ce fut mylord Ochiltry fils de ce capitaine Stuart célèbre par ses crimes, sa fa* veur, ses disgrâces, sa fin tragique sous Jean I, qui avoit usurpé l'isle d'Arran sur son pupille et qui en garda le bien et le tiltre qu'il porta toujours comme on a yeu cy dessus, ce qui avoit mis une grande haine entre les familles. Mais Ochiltry manqua aussy de preuves au tribunal du Lord Chef de Justice, qui le condamna à une prison perpétuelle dont il ne sortit qu'au bout de vingt ans. Le marquis d*Hamilton, seur de la confience de Charles I par les tesmoignages les plus tendres, suivit son traitté et se distingua sous Gustave avec les Suédois.

Il se trouva en Escosse au funeste voyage qu'y fit Charles P' et qui fut la cause prochaine de tous ses malheurs. Une querelle meue pendant la séance des Estais entre le marquis d'Hamilton et le comte d'Argyle qui s'accusèrent l'un et l'autre de trahison pensa tout mettre en feu. Mais elle n'eut d'autre suitte que la satisfaction que Charles P' eut la facilité de donner à leur ambition. Il fll le marquis d'Hamilton duc et le comte d'Argyle marquis. Ce dernier fut un ingrat qui se distingua entre led plus furieux ennemis du Roy qu'Hamilton sei*vit en touttes façons d'une manière signalée. Mais la cavalerie royale gaignée par Cromwell se mutina le 22 aoust 1648 et luy livra ses chefs avec le duc d'Hamilton à leur teste, qui M envoyé prisonnier au chasteau de Windsor. D trouva

GHASTELLERAULT. UANILTON COMTE D'ARRAN. 170

moyen de s'^i sauver, mais frappant à la porte d'une auberge dans le fauxbourg de Southwarck il fut reconnu par un soldat et mené à la Tour de Londres* Le Roy avoit péri sur Teschaffaut le mardy 30 janvier 1649 à une heure après midy. Un autre tribunal fit perdre la teste au duc d'Hamilton, le 9 mars suivant, et à quatre auti'es seigneurs avec luy . Ny sa qualité d'Escossois qu'il réclama pour estre renvoyé devant les Pairs en Escosse, qui fut combattue par celle qu'il avoit de comte de Cambridge en Angletterre, ny celle de prisonnier de guerre dont on se mocqua, ne luy servirent de rien. Il fut exécuté le premier de ceux qui le furent avec luy, et leur donna l'exemple d'une grande fermeté et d'une grande douceur. Il estoit brave et habile, il s'estoit fait de la réputation dans les armes et dans les affaires. Il avoit paru avec éclat parmy les Suédois à la teste de ses 6000 hommes, à la teste des Estais et des armées d'Escosse, et en Angletterre à la teste des trouppes du Roy ; mais son ambition, son inconstance, sa méchante conduitte l'avoient rendu suspect aux deux partis. Le Roy Tavoit fait mettre en prison en 1644 ; ils s'estoient réconciliés et il mourut pour luy.

Il n'avoit que quarante trois ans. De son espouse qui estoit morte dès 1638 et qui estoit fille de Guillaume Fielding comte de Dinbigh, il eut trois fils morts tout jeunes et deux filles. L'aisné espousa Guillaume Douglas marquis de Douglas, fait duc d'Hamilton par Charles II après son restablissement, et de luy descendent les ducs d'Hamilton d'aujourd'huy. L'autre fille espousa Jean Kendée comte de Cassils.

Ainsy finit la Maison d'Hamilton, au moins dans ce qu'elle avoit de plus illustre par la proximité à la succession à la Couronne et par toutte la grandeur qu'elle en receut; Elle

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