SUR IA RECONNAISSANCE
Les hommes n’ont que des idées imparfaites de leurs devoirs sur les bienfaits, les obligations et la reconnaissance. Ilest si pénible pour la plupart d’entre eux de se sentir obligés, qu'ils ne cessent de chercher des raisons et des argumens pour prouver qu'ils n’ont pas été débiteurs, ou qu’ils ont amplement satisfait à ce qu’ils devaient ; argumens par lesquels ils ne manquent pas de se laisser facilement persuader eux-mêmes. A et B sont étrangers l’un à l’autre ; B est à la veille de se voir arrêté pour dettes ; A lui prête l’argent nécessaire pour assurer sa liberté. B, devenu débiteur de À, s’acquitte au bout de quelque tems. Ne doit-il rien de plus ? Ila sans doute acquitté la dette pécuniaire, mais la dette de reconnaissance lui reste, et ie laisse encore débiteur envers 4, dont la commisération l’a secouru dans sa dé. tresse. Si, par la suite, B trouve à son tour À
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parlie, de la dette de reconnaissance, en lui prètant pareille somme. Je dis en partie, et non entiéremiänt ; car lorsque A prêtait à B de largent, il n'avait existé aucun bienfait antérieur qui l'y en-
‘ gageñt. C’est pourquei je pense que, #1 À se
trouve une seconde fois dans le même besoin, B est tenu, s’il le peut, de lui rendreencore le même service,
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