‹ Ecrits populaires de Franklin [microforme]Chapitre 7 sur 7 · AVIS À UN JEUNE ARTISAN · texte numérisé non relu

AVIS À UN JEUNE ARTISAN

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J'ai mis par écrit les pensées suvantes qui m'ont été utiles, et qui peuvent aussi l’être pour vous, si vous les suivez.

Souvenez-vous que le lemps est de lPargent Celui qui, par son travail, peut gagner dix francs par jour, et quise promène, ou reste oisif une moitié de la journée, quoiqu'il ne débourse que quinze sous pendant ce temps de promenade ou de repos, ne deit pas compter ce déboursé seulement. I] a réellement dépensé, disons mieux, ila jeté cinq francs de plus.

Souvenez-vous que le crédit est de Pargent. Si un homme me laisse son argent dans les mains après l’échéance de ma dette, il m’en donne l’intérêt, ou tout le produit que je puis entirer, pendantle temps qu’il me le laisse. Le bénéfice monte à une somme considérable pour un homme

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qui a un crédit étendu et solide, et qui en fait un bon usage.

Souvenez-vous que l'argent est d’une nature prolifique. L’argent peut engendrer l'argent ; les petits qu’il a faits en font d’autres plus facilement encore, et ainsi de suite. Cinq francs employés en valent six ; employés encore, ils en valent sept et proportionnellement jusqu’à cent louis. Plus les placemens se multiplient, plus ils se grossissent ot c’est de plus en plus vite que naissent les profits. Celui qui tue une truie pleine en anéantit toute la descendance jusqu’à Ja millième génération. Celi qui engloutit un écu détruit tout ce que cet écu pouvait produire, et jusqu’à des centaines de francs. ;

Souvenez-vous qu’une somme de cinquante écus par an peut s’amasser en épargnant guère plus de huit sous par jour. Moyennant cette faible somme que lon prodigue journellemeut sur son temps ou sur sa dépense sans s’en apercevoir, un homme,avec du crédit, a, sur sa seule garantie, la possession constante et la jouissance de mille écus à cinq pour cent. Ce capital, mis activement en œuvre par un homme industrieux, produit un grand avantage.

Souvenez-vous du proverue ; Æ: bon payeur est le maître de la ovrse Cisartres Cclu qui est conAu 0:

le travail et l'éconenie, rien ne contribue plus au succès d’un jeuno domine dans le moude, que la

| t'a justice dans toute afaire. C'est pourquoi ne gardez jamais l'argent, que vous avez emprunté, une heure au dela du moment où vous avez pronus de le rendre, de peur qu’une inexactitude ne vous ferme pour toujours la bourse de votre ami.

Les moindres actions sont à observer en fait de crédit. Le bruit de votre marteau, qui, à cinq heures du matin, où à neuf heures du soir, frappe loreille de votre créancier, le rend facile pour six mois de plus ; mais s’il vous voit à un billard, s’il entend votre voix à l'auberse, lorsque vous devez

être à Pouvrage, 1l envoie chercher sor argent dès

le L'ndemain, etle demande avant de le pouvoir toucher tout à la fois. C’est par ces détails que vous moalrez Si VOS obliuations sont présentes à

votre pensée ; c’est par là que vous acquérez la réputation d’un homme d’ordrs aussi bien que d’un

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dres détails, vous en Cprouverez de bons eft:s, vous découvrirez avec quelle étonnante rapidité une addition de menues dépenses monte à une somme considérable, et vous recunnaîtrez combien vous auriez pu économiser par le passé, combien vous pouvez occasionner une grande gène.

Enfin le chemin de la fortune sera, si vous le voulez, aussi uni que celui du marché. Tout dépend surtout de deux mots, {ravail el économe, c’est-à-dire de ne dissiper ni le temps ni l'argent mais de faire de tous deux le meilleur usage qu’il est possible. Sans travail et sans économie, vous ne ferez rien ; avec eux vous ferez tout. Celui qui gagne tout, ce qu’il peut gagner honnètement, et qui éjaus "ges tou çe.qu'il fragne, sauf Jes dépenus nécessaires, ne » paf manquer de devenir

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riche, si toute fois celui qui gouverne le monde, et vers qui tous doivent lever les yeux, pour obtenir la bénédiction de leurs honnêtes efforts, n’en a pas, dans la sagesse de sa providence, décidé

autrement.

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