Devis, conversation, entretien
8. L : J’ai eu quelquefois le désir de savoir si votre cœur est touché de cette douce émotion, et en quel degré Dieu vous met.
9. L remplace toute la finale du paragraphe par la conclusion suivante : Car il faut quitter tout autre mouvement volontaire et suivre uniquement les pentes
DE MARIE DE L’INCARNATION
Il fait bon commencer çà-bas10 ce que l’on désire poursuivre éternellement et ne mettre ni fin ni borne au Maître des Anges, puisque nous connaissons notre Sauveur Jésus qui nous a le premier aimés et enseigné cette leçon. Suivez-la donc, en suivant vos Saints, qui l’ont entièrement suivie, pour devenir saints et arriver à la divine ressemblance de ce divin Epoux, sans l’attrait duquel il n’y a point de saints.
Vous me demandez comme il est possible d’avoir le corps si près de Dieu et l’esprit si éloigné de lui. La misère est grande en effet et est la vraie marque de nos infidélités. Et le vrai moyen de nous en tirer, c’est cette douce et volontaire servitude de cœur, par attache sans remise* 11, laquelle attire après soi tout l’esprit par une douce et amoureuse violence qui ne tue pas le corps, mais au contraire le nourrit de ses biens12.
Comment13 il se peut faire que l’esprit se14 retire si injustement de Dieu, dites-vous ? Cela n’est que trop facile à notre misérable amour de nous-mêmes. On dit que depuis qu’un cœur est navré15, il aime partout ; mais cela s’entend s’il laisse vivre en soi les coups des inspirations divines, sans les refermer par ses misérables médicaments, je veux dire les raisons [de] l’amour-propre, lequel changeant les mouvements du
de la grâce pour arriver à ce commerce avec notre souverain Bien. Je demeure pourtant volontiers dans mon ignorance, et me contente de lui demander pour vous cette faveur, comme celle que je trouve d'un très grand poids pour la perfection. — - L, à son ordinaire, interprète. Mais sur un point capital, celui de la correspondance nécessaire à l’appel aux états de la vie intérieure, il affaiblit et même dénature la pensée de Marie de l’Incarnation.