CHAPITRE III
Recherches Personnelles
a. Association médicamenteuse.
b. Traitement par Réaction chimique.
$ r Association médicamenteuse.
Préambule : Notre carrière déjà longue nous à appris que pour guérir et non blanchir une lésion e: zemateuse quelconque, il ne suffit pas d’appliquer sur elle un médicament quelconque, de toute nécessité, il faut compléter le traitement interne approprié par un traitement externe ayant un maximum d’effet d’où trois règles à.suivre : :
1° Préparer la lésion à recevoir le médicament curateur pour en favoriser l’absorption.
2° Atténuer et faire disparaître le prurit, générateur de l'extension et de la gravité de la lésion. 3° Modifier par un médicament approprié les couches épidermiques atteintes et toujours infectées. Ce n’est qu’en appliquant cette méthode et dans l'ordre indiqué qu’on arrive à la Stérilisation totale
de la région atteinte et à redonner à l’épiderme solidité et souplesse c’est à dire la guérison.
Raisons du Traitement
Pour répondre d’une façon aussi parfaite que possible à ces trois règles nous avons choisi comme médicaments : à
1° l’Adrénaline;
2° la Stovaïne;
3° le Soufre Colloïdal.
Voici les raisons qui ont guidé notre choix :
Adrénaline. Par son pouvoir vase-constricteur, la Solution d’Adrénaline au millième ou à d’autres ütres Suivant les cas influence d’une façon puissante la vascularisation de la peau, des tissus et organes . Sous-jacents jusqu’à une profondeur variable et en-. traîne par cela-même des modifications considérables des processus divers que le taux de cette vascularisation met en jeu ainsi que leurs conséquences objectives et subjectives.
Mais cette action vaso-constrictive de l’Adrénaline, la première à se manifester et la seule utilisée ordinairement, n’est pas la seule produite en effet, ni la seule utilisable.
Suivant des lois connues, la vaso-constriction est suivie d’une vaso-dilatation réactionnelle dont la portée n’est pas moins puissante.
La durée, l’importance respective de ces phases, leurs conséquences sur l’état des tissus, variables suivant l’état physiologique ou pathologique des régions traitées, comportent de multiples effets sur. d’assez nombreux phénomènes morbides.
Ces phénomènes morbides sont très intéressants « passer en revue,
La peau est naturellement influencée la première par le badigeonnage qui vient restreindre brusquement son activité circulatoire et réduire en totalité où en partie les phénomènes résultant de l’hypérémie active ou passive.
Aussi d’une façon générale : rougeur, tumeur et chaleur DIMINUENT et l’on comprend que soient atténués les procéessus chroniques : dermatoses, eczema, acné, couperose, nœvi, etc. (Sardou de Nice.;
L'action de l'Adrénaline en badigeonnages ne se limite pas à la peau : les modifications vasculaires plus étendues en profondeur permettent d’influencer ‘es organes sous-jacents.
Ces phénomèes semblent être tous dus à la phase vaso-conStrichive de l’action adrélanienne.
Il en est d’autres qui semblent plutôt le fait de ‘a phase vaso-dilatatrice qui succède rapidement à la première et qui est capable par la suractivité circulatoire qu’elle provoque d’influencer heureusement les tissus languissants. |
C’est probablement à cette phase qu'est due l’action d'arrêt du badigeonnage d’adrénaline dans les processus infectieux à leur début : parotidités, 1ym-
phangites, peri- po variqueuses, piqûres envenimées, etc.
Toutefois il semble bien. que Je maximum d’influence soit dû à la gymnastique vasculaire réalisée par les alternances de ces phases opposées.
Dans tous les cas la suractivité de circulation produite provoquant une leucocytose inténse permet à la peau ainsi traitée d’absorber au maximum les médicaments que l’on oppose à la lésion, condition première de notre traitement.
Stovaine. (Chlorhydrate de l’Amyleinè. B.) est un anhestésique local obtenu synthétiquement par Fourneau. |
Les Professeurs de Lapersonne et Reclus qui l'ont employé dans la chirurgie oculaire ont montré que la
Stovaïne était cinq fois moins toxique que la Cocaïn?. d’où facilité de l'employer beaucoup plus largement.
Si nous ajoutons qu’à ces propriétés il faut lui 2n reconnaître une autre : celle de produire une vasodilatation nous aurons expliquer notre choix.
Son emploi vient se surajouter à celui de l’Adrénaline et les deux médicaments ainsi employés preparent au maximum le terrain à l’absorption médicamenteuse proprement dite : le Soufre Colloïdal.
Soufre Colloïdal, — L'importance biologique du Soufre est telle que l’on comprend aisément pourquoi la thérapeutique tant interne qu terne en fait un emploi si fréquent.
Le Soufre a été employé depuis la plus haute an-
tiquité dans le traitement des dermatoses , il est parïticulièrement efficace en applications locales; bactéricide incontesté, jouant pour la peau le rôle d’un antiseptique inoffensif et sûr, il est d'autant plus ac-. tif qu'il est composé de grains plus petits.
Le Soufre à l’état colloïdal est le seul qui puisse donner toute satisfaction parce que réduit à son maximum de fractionnement.
Obtenu par la méthode chimique il présente à l'U Ltramicroscope un très grand nombre de grains réguliers animés d’un rapide mouvement brownien, il apparait comme un liquide jaune et d’une assez grande opacité aux concentrations thérapeutiques courantes; dichroïque et transparent sous. une faible épaisseur.
En application sur Hi peau et les Ti Uuies ol détermine une irritation légère, dilate les capillaires sanguins, sollicite l’hyperplasie des cellules et provoque un décapage rique des conduits et des cu's de sac glandulaire.
A l'Hôpital St-Louis, M. le Prof. Danlos l’emploie couramment en pommades et en lotions.
Les résultats obtenus sont des plus nets dans le Favus, la teigne tonsurans et l’Eczema.