A MADEMOISELLE
Ah ! que m'importe si mon sort terrestre n'enferme en luimême que peu de chose de cette terre ; que m'importe si des années d'amour ont été oubliées dans un moment de haine ? — Je ne pleure point, parce que les désolés sont plus heureux que moi, mignonne, mais parce que je vois que vous vous affligez en songeant à ma destinée à moi... qui ne suis qu'un passant.
;a mademoiselle ***
Les ombrages sous lesquels je vois, dans mes rêves, les plus folâtres des oiseaux chanteurs, sont des lèvres ; — et toute la mélodie de ta voix n'est faite que de mots créés par tes lèvres.
De tes yeux, enchâssés dans le céleste sanctuaire du cœur, les re;:ards tombent alors désolés, ô Dieu ! sur mon esprit funèbre, — comme la lumière d'une étoile sur un linceul.
Ton cœur, — ton cœur ! — Je m'éveille et soupire, et me rendors pour rêver jusqu'au jour de la vérité que l'or, — capable de tant de folies, — ne peut jamais acheter.