‹ Edgar Poe, sa vie et son uvreChapitre 253 sur 429 · Finnisclies Lied · texte numérisé non relu

Finnisclies Lied

o. Uiawatka, 18o5. « Le parallélisme ou répétition, dit Longfellow en son journal du H janvier 1836, est autant le Irait caractéristique des chants indiens que celui des chants finnois » [Life of H. W. Longfellow, by S. Longfellow, II, 365). En fait, il est une survivance des primitives monotonies du chant collectil.

4. M. Alphonso Smith fait justement remarquer que le repetend se rencontre dans les ballades anglaises surtout au début des passages de conversation. C'est là sans doute un moyen primitif d'attirer l'attention de l'auditeur en insistant sur l'apostrophe initiale, moyen qui, religieusement transmis par la tradition, a été plus ou moins lidèlem'ent préservé par W. Scott, par Byron et même par Tennyson en leurs ballades. Chez Poe, au contraire, le repetend i\\n n'a rien à voir avec la conversation, ne se rencontre jamais au début, mais

POE POÈTE : LE VOLUME DE 18io 401

plus parliculièrement convenir au mode clégiaque ^ Rien de plus naturels L'âme cpii souffre revient sans cesse à sa douleur; la fatigue même de la souffrance ramène invariablement l'esprit en sa fatale ornière. Si la peine est extrême, c'est un perpétuel piétinement de la raison qui ne peut échapper à ses douloureuses entraves, un graduel enlisement de la pensée incapable de se dégager des molles étreintes de son inerte mélancolie. Cédant sans doute à ses morbides prédispositions, Poe semble avoir été de bonne heure entraîné par ce monotone mouvement dune pensée ralentie. Aussi trouvons-nous en ses vers, de même du reste qu'en sa prose, des traces de ces constructions symétriques dès 1829 ^ et 1831 ^ ; elles se montrent plus nombreuses et parfois compliquées

presque toujours vers la fin des passages. xVussi, ce repetend, au lieu de précipiter le mouvement, comme il semble le faire dans les vieilles ballades, le ralentit.

1. M. Alph. Smith cite ce passage caractéristique de la Bible : « 0 mon fils Absalon, mon fils, mon fils! Plût à Dieu que je fusse mort pour toi, ô Absalon, mon fils, mon fils! » 11 fait remarquer que les petits poètes grecs venaient justement d'être traduits par Miss Barrett dont il cite deux vers de Bion : « I mourn for Adonis, Adonis is dead, — Pair Adonis is dead and the Loves are lamenting. » On peut encore remarquer des répétitions plus ou moins atrophiées dans y Aslrophel de Spencer, dans le Lycidas de Milton, dans YAdonaïs de Shelley, dans VAve aLque Vale de Swinburne, dans le Thyrsis de M. Arnold, dans 17/1 Memoriam de Tennyson (XI, LY. 4; X. 1.)

2. « Le retour irrégulier de terminaisons similaires, dit Guest [Uistory oT English Rhylhm; London, 1882, p. 265-iJ66) donne au vers un air de négligence et d'égarement qui convient à l'élégie. »

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