VIII. -*- l'église romaine et LA SCIENCE
Durant le moyen âge, l'Église semble contenir tous les éléments de la vie sociale. Mais, à partir du seizième siècle, peu à peu, l'Église se dépeuple. A chaque instant, une institution, un élément vital se détache d'elle. D'abord, c'est l'État qui devient laïque ; puis, l'art qui se fait grec et romain ; puis, la liberté individuelle qui prend la forme protestante ; tout à l'heure ce sera la science qui fera son schisme avec l'Église, et celle-ci finira ce par ne plus signifier que le corps du clergé. »
L'inquisition parait avoir assuré, dans le Midi, le triom-
* UltramotamUime, leçons 4* et 5*.
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plie de rultramontanisnie et de rabélissement. Le bourreau vient d'arracher la langue de Vanini; Giordiano Bruno, Dominis viennent d'être jetés au feu. En ce moment apparaît Galilée, le Dante de la science modenie, comme le nomme Edgar Quinet, et son Rabelais, ajoute M. Mîchelet. Ce n'est point un simple mathématicien, car il se vantait lui-même « d'avoir employé plus d'années à la philosophie que de mois aux mathématiques. » Il les professait, mais en même temps il s'adonnait à la musique, à Tanatomie et aux lettres : il ne lisait point le Tasse « et les pleureurs, » il lisart l'Arioste, aimant à saluer ses découvertes de cet admirable éclat de rire, au bruit duqpiel fut fondée la Foi profonde *. En son immense esprit germait un vaste système, qui nous est resté inconnu ; nous ne connaissons de lui que ses créations, elles suffisent à constater son génie. Du mouvement de la lampe sacrée dans la cathédrale de Pise il a déduit la loi de l'isochromisme du pendule; plus tard, il a noté la chute des graves, créé la dynamique et l'hydrostatique. Du verre grossissant de Hollande il a fait le télescope; héritant de Copernic, complétant Keppler, avec celui-ci préparant Newton, il a découvert la constitution de la voie lactée, le mouvement de rotation du soleil, la génération des comètes, les quatre satellites de Jupiter, il a appliqué les lois des corps célestes à la mesure des longitudes; en un mot, il a sondé la profondeur des deux. A tous ces titres il mérite la dignité que lui a conférée Edgar Quinet : il est le « Pontife de l'Univers. »
Comment le sacerdoce de la science a-t-il été reconnu par le sacerdoce de l'Église? — Vers 1556, Paul III accepte la dédicace d'un livre où Copernic suppose que c'est la
. *■ Comparez à la leçon de M. Quinet, sur Galilée, les fMg^es 85^ 8d, 422 et 424 de Bichelieu et la Fronde, de M. J. Michelet.