L'ANCIENNE BOUCHERIE
Cet immense bâtiment civil, construit à la fin du XVe siècle, est l'œuvre de Herman De Waghemakere. Peu restaurée jusqu'à ces dernières années, cette halle à la viande, ainsi que les restes de la Vieille-Bourse, sont les meilleurs guides à consulter sur l'art de Herman et sur celui de l'époque en général. Une multitude de tourelles et de fragments de murs (parmi d'autres, voir le coin du Pont-aux-Tourbes et du Canal au Fromage) présente ce mode de construction, et comme style et comme appareil. Les murailles de la Boucherie, formées de briques rouges entre-coupées de chaînons de pierre blanche, sont percées des quatre côtés de fenêtres rectangulaires. Seules^ les longues façades du bâtiment ont reçu, au rez-de-chaussée, de très intéressantes baies à ogive surbaissée. La symétrie des lignes, la simplicité les matériaux employés, les dimensions de l'édifice, et les proportions parfaites qui régnent dans le format des pignons et des tou-
relies, donnent au monument un caractère très remarquable de grandeur et même de beauté.
Fondé sur l'ancien glacis du Bourg, en remplacement d'une construction du XIII^ siècle, sa façade principale s'allonge le long de ta rue des
30. — Maison du XVI* siècle. — Rue Jardin des Arbalétriers, n* 0.
Bouchers ; la partie postérieure du grand quadrilatère touchait le bord du fossé de l'ancien bourg.
• L'Ancienne Boucherie ou Vleescbbais, resta la propriété des bouchers jusque dans les dernières années du XVIII« siècle ; alors les corporations ayant été supprimées, elle fut confisquée et adjugée, comme bien national, au prix de 350,000 fr. en
assignats (8 mai 1799). Les bouchers, comptant sur des temps meilleurs, avaient racheté l'immeuble, en nom personnel; en septembre 1841, les membres survivants de Tancienne corporation en firent la cession à M. Peyrot-Van Bemmel, et depuis lors, ce bien resta dans cette famille. »
a L'incendie qui éclata dans les magasins du Gans, en 1866, menaça à divers moments de se communiquer à la maison des Bouchers, convertie depuis quelques années en un vaste entrepôt de marchandises ; chacun croyait ce bel édifice définitivement perdu. Heureusement il resta préservé, comme par une espèce de miracle, et sa destruction ne vint pas s'ajouter aux ruines déjà si nombreuses occasionnées par cet effrayant désastre. i>
« Les façades sont encore aujourd'hui dans un bon état de conservation, et les cinq tourelles hexagonales, couronnées de clochetons, qui flanquent l'édifice, n'ont guère trop souffert des ravages de près de quatre siècles qui ont passé au-dessus d'elles. La ville ferait bien de racheter ce monument^ qui offre un type remarquable de l'architecture civile du XVIe siècle. » On sait que ce vœu, exprimé par Thijs, est exaucé depuis longtemps et que déjà depuis quelques années l'architecte de la Ville, M. Van Mechelen, s'occupe de la restauration du monument.
La tourelle située dans une propriétéprivée du Marché-aux-Œufs (fig. 20) appartient à la même époque ; c'est un très joli spécimen de tour comme il en existe plusieurs autres à Anvers.
- Porte intérieure de l'ancienne Citadelle.
(Alewindre Farnè«e, 1585),