Porte de U cb^ielle Laoscbot. — Canal Falcon
actuellement le temple précité. Peu de temps après ^ ils démolirent la chapelle et se mirent à construire une grande église sur le même terrain. Mais les. moines, convaincus de calvinisme obstiné, interdits et poursuivis, durent abandonner leur projet au cours de sa réalisation. Les terrains où s'aggloméraient les bâtiments inachevés, furent morcelés, et Ton ne réserva que remplacement du temple pour y construire une nouvelle église, placée sous l'invocation de St-André, et bénite le 6 juin 1529. Les. iconoclastes la ravagèrent quelques années après. De 1578 à 1585 les Calvinistes l'occupèrent. Enfin,, nouveau désastre, le 30 mai 1755 la tour s'efiFondra çntièrement. Voilà pourquoi le style de celle-ci,, que Ton mit douze années à reconstruire, diffère de celui de l'édifice lui-même.
ÉGLISE St-PAUL
L'intérêt qu'offre ce spacieux bâtiment est assez notable pour que nous transcrivions in-extenso l'appréciation qu'en donne Schayes. « Cette église et celle de Louvain, sont les plus beaux temples que l'ordre célèbre de Saint-Dominique ait possédés en Bel^ gique. Reconstruite en 1540 et achevée en 1571, elle présente un magnifique vaisseau de 81 mètres 50 centim. de longueur dans l'œuvre, divisé en trois nefs par deux rangs de colonnes cylindriques à chapitaux ornés de feuilles de chou frisé. Les bascôtés sont sans chapelles et il n'y a que celui de droite qui soit pejrcé de fenêtres, toutes à meneaux
flamboyants. Les fenêtres de la grande nef forment des ogives simples et sans divisions intérieures. A leur base règne, comme dans l'église Saint-Jacques de la même ville, une suite de balcons découpés en figures contournées. Le chœur presqu'aussi vaste que la nef centrale, est éclairé par un grand nombre de longues et belles fenêtres lancéolées. Sa voûte est surbaissée et à compartiments prismatiques, tandis que la voûte de la nef sont ogivales et à nervures croisées.
On n'observe d'autre apparence de Jransepts, qu'au bas-côté droit une chapelle carrée d'environ six mètres de profon- 45. - st-Georges.
, f , Dessin de Tauteur. (Voir p. 7t).
deur. Lexténeur de
l'église, d'une construction fort régulière, mais très simple, sans balustrade ni arcs-boutants, n'offre de remarquable que le grand portail orné avec assez de recherche dans le style flamboyant le plus tourmenté, mais dont la partie supérieure est restée
' Fenêtre de la chapelle LaDSChot.
inachevée ou n'existe pas ». L'église en remplaça une autre, sombre et laide, parait-il, consacrée en 1271 par le bien-heureux Albert le Grand, et, comme le temple actuel, dédiée à Saint-Paul.
Avant de passer en revue les monuments de l'architecture de la Renaissance, il est sans doute utile de jeter un coup-d'œil sur l'aspect qu'ont, en général, les habitations civiles au commencement du XVIe siècle. Les édifices religieux sont caractérisés par les églises Notre-Dame et St-Jacques. Quant aux constructions militaires, les derniers spécimens anciens ont disparu. Leur valeur se résumait à des qualités de force. L'« archaïque Tour Bleue (fig. 21), échantillon précieux de l'architecture militaire », démolie au XIXe siècle, en fut le dernier vestige.
La difi'érence capitale distinguant l'architecture civile réside donc, conîme divers dessins figurant plus haut le montrent, dans la forme des fenêtres et des portes, et souvent dans les dispositions, dans les proportions des colonnes et des appareils ornés. En effet, surtout parmi les spécimens qui nous restent, les fenêtres sont rarement ogivales. Toutefois les baies rectangulaires sont dans certains cas ornées d'un arc simulé qui prend, soit la largeur d'une seule fenêtre, soit toute la largeur de la façade. Au début du règne de l'ogive, la pierre du haut de la fenêtre, nommée linteau, repose presque toujours sur des impostes en biseau ou en échine. Les portes larges, à deux battants séparés par un jambage sculpté, sont souvent garnies de belles pentures. Ce luxe entraîne toujours à l'ornementa-
- Nicbe de la chapelle de Gr&ce.
tion du tympan de la porte. Si l'on trouve encore des exemples de ces dispositions, les décors, les ■dais, les statuettes, sont par contre détruits ou conservés dans un état pitoyable. Les œuvres sculptées sont d'ailleurs, nous l'avons dit, très rares chez nous. La Vierge et l'Enfant {fig. 64) provient d'une église de Liège, toutefois l'existence de certains -dessins permet d'avancer que nous possédions des «tatues semblables au XV" siècle. Isabeau de Bourbon (fig. 48) est probablement l'œuvre d'un fondeur anversois ; ce bronze admirable a malheureusement souffert de la furie des iconoclastes.
La population augmentant fort au XV« siècle, les maisons affectèrent des proportions plus élevées que de nos jours. Elles étaient étroites et très hautes ; quatre, et même cinq étages, ne suffisaient point. Certaines habitations logaient des familles dans leurs caves aménagées à cet effet, et dans leurs greniers.