‹ Édifices anciens: fragments et détails, AnversChapitre 5 sur 35 · MAISONS EN BOIS · texte numérisé non relu

MAISONS EN BOIS

:. y a quelques années disparurent maintes maisons en bois qui nous montraient les types d'où dérivent les habitalions plus solides des siècles postérieurs.

Parmi les dessins, ne figurant que des fragments qui subsistent encore, un spécimen de maison en bois et en torchis^ puis quelques modèles plus jeunes de façades revêtues de bois, ont été reproduits afm de montrer le noyau même de l'architecture civile dans le marquisat du Saint-Empire. La première maison, dont on ne peut fixer la date de construction, est basée sur une assise âe pierre maintenant de fortes solives dressées'et soutenues entre elles par des traverses horizontales. Souvent on ajoutait à ce squelette, des arbalétriers ou des diagonales en bois. La charpente recevait, dans ses rectangles et ses triangles vides, des murs formés de blocaille, de briques ou de branchages entrecroisés, tapissés de mortier, de terre glaise, de plâtre, et se crépissait à la chaux ; parfois le revêtement se faisait en planches ou en lattis protégé par des ardoises.

Généralement ces misérables huttes se composaient d'un rez-de-chaussée et d'un grenier ; la

maison représe tée ci-dessus (fîg.

possédait un éta^ en saillie et d combles, à lei tour proéminent Il résultait de l'ec ploi de ce mo( de bâtir que l poutres de la cha pente, destinées soutenir chaqi:

étage,setrouvaiei découvertes. Ai XVeetXVI«siècli ces pans de bo non revêtus furei l'occasion de noB breuses sciflpti res.

Les baies < lumière n'étaiei pas nombreuse surtout dans 1< habitations mo; ennes ; plus lan le verre à vit] étant mis à la po tée des plus modestes bourses, e. - Type da maison à revêtement d

les fenêtres furent (Disparue)

moins rares; alors la majorité des façades, au

rez-de-chaussée, étaient entièrement vitrées de petits carreaux. Cette disposition s'observe au dessin figurant une maison de la rue au Fromage (fig. 5-8).

Notre exempte (fig. 1) présente le toit de tuiles qui, après un édit du Magistrat, datant de 1391, dut remplacer le chaume trop propice au développement des incendies, malgré l'intervalle prescrit d'un ou de deux pieds séparant tes maisons.

Gouttières et cheminées sont encore inconnues aux habitations privées. Les torrents d'eaux pluviales, tombant des toitures, allaient rejoindre les deux sortes d'ornières qui circulaient dans les rues souvent non pavées ; de là, l'eau, charriant des immondices, coulait vers un des canaux qui aujourd'hui sont tous comblés

ou voûtés. Ajoutons à ce spectacle, assez pittoretiqae, des espaliers en lattis couverts de vignes bien nourries aux bords des fossés.

C'est en 1546 seulement, qu'à la suite d'un incendie désastreux, le Magistrat lança un nouvel édit. Cette fois il défendait la construction de revêtements en bois et la réfection des anciens. Les maisons que l'on voyait il y a quelques années au Pont aux Anguilles (flg.^),aa Marché au Lait, à la place Ste-Walburge qui fut supprimée en 1881, dans la rue dft Saucisses, datent donc au moins du milieu du XVJb siècle.

Celle que l'on voit encore aujourd'hui dans la ruelle de la Chaise semble plus ancienne, et date sans a — Type de maison

doute de la même époque au rez-de-chaussée entièrement que la magnifique maison ''"^- '^'ï*™"'

qui a été démolie au Sablon (fig. 6). Toutefois des restaurations avaient maintenu cette dernière dans un meilleur état de conservation, lui avaient donné quelques ornements d'un âge plus jeune, peut-être

de l'année 1599 inscrite au-dessus de la porte. « Cette maison, disait Thys, qui se trouve dans un excellent état de conservation, est large et spacieuse et peut être rangée parmi les plus remarquables anciens

n du XVI' siècle

édifices de la ville. Elle présente un rez-de-chaussée en pierre, décoré de gracieux ornements, et quatre étages avec revêtements en bois qui se surplombent les uns les autres ; la plupart des fenêtres ont conservé leur vitrage antique i. Comme à toutes les maisons de ce genre, les deux arêtes du toit sont longées par une large planche, (voir fig. 3-5-7) dont le bord intérieur est dentelé de manière à figurer les redents de certains arcs gothiques ; ici le champ mêmejAe la planche est orné de découpures en creux.

Etroites et sombres, souvent très malsaines, telles étaient les rues d'alors. Les maisons surplombant la voie publique ne permettaient d'apercevoir qu'un mince ruban de ciel. Les tons bruns et gris des vieux bois ne devaient guère égayer ces ruelles. Pourtant, comme nous pouvons conclure d'après quelques jolies petites villes allemandes, le coup d'œil était assez pittoresque.

Car, si les maisons en bois, simples habitacles, ne révèlent aucun souci de beauté, il n'en était pas ainsi de toutes les façades.

Dès le XV siècle on introduisait, dans la ligne des constructions, des éléments lo. — Pompe du XVI- aiècle. visant à les relever PrèsderHospiceSt-JuIien

de quelqu' élégance. Soit revêtement en bois, soit façade de pierre, c'est à la même source que l'on empruntait des motifs. C'était le style ogival, qui a régné depuis le milieu du XIII^ jusqu'au XVI« siècle, auquel on empruntait des courbes, des fleurons, etc.

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