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Rue des Douze Mois, n

pour l'érection du monument. Après avoir offert 30.000 florins, la Ville d'Anvers promit de payer aussi l'excédent des dépenses occasionnées par l'achèvement complet de l'édifice.

Les marchands de la Hanse, qui en toutes choses déployaient un grand luxe, s'attirèrent maintes critiques. « Comme un trait curieux des coutumes de cette époque, on cite cette particularité, que les Hanséates se rendaient tous les jours en corps à la messe, chez les Dominicains, et le soir à la Bourse, précédés d'une troupe de musiciens jouant de fifres et de violes ».

La construction, que l'on voit entre les Canaux Falcon et de l'Amidon, nommée a Hesse huis » ou maison Hesse, est une autre œuvre de Corneille De Vriendt. Elle fut construite vers 1564 par les négociants hessois pour servir de maison terminus à une ligne importante de roulage qu'ils avaient établie entre Anvers et l'Allemagne. Depuis l'époque où y eut lieu, en 1580, l'abdication de l'archiduc Mathias, gouverneur-général des provinces belges fédérées, « la maison Hesse, comme la maison Hanséatique, dit Thys, ne fut plus employée que pour casernement de troupes, tant il est vrai que décadence et militarisme sont d'inséparables compagnons, qui marchent la main dans la main ». Actuellement, cet immeuble, couvrant une superficie de 1435 mètres, appartient à la Ville.

La maison des Bateliers, dite de Vier Winden, (rue des Serments, fig. 32) est un type très caractéristique de l'architecture civile de l'époque. Le

rez-de-chaussée est surmonté de six étages couronnés d'un pignon orné de grandes statues aux deux extrémités de sa base. L'une de ces figures porte une ancre, l'autre un gouvernail ; plus haut, se voient deux obélisques comme on en rencontre sur maints monuments élevés pendant la Renaissance. Des vases, autre ornement très vulgaire alors, surmontent le sixième étage ; au sommet, on voyait autrefois une statue de l'apôtre des Bateliers. Les sculptures ornementales de cette période ne sont guère rares, mais les statues n'abondent malheureusement pas. La figure 74 offre un St-Michel en bois peint et doré qui fut, selon toutes probabilités, taillé au cours de la première moitié du XVIe siècle.

Analysons succinctement et chronologiquement les autres monuments qui nous restent de l'époque ; les caractères généraux distinctifs ou de beauté du style de la Renaissance seront aisés à faire ressortir après cette exposition.

Nous trouvons d'abord, vers l'année 1541, la construction de la Maison des Drapiers (Beyershuis), nu 36, Grand'Place. Sur sa façade, une inscription devenue illisible, avertissait : « Les préparateurs de drap firent rebâtir, jusque dans les fondements, cette maison nommée la Vieille Balance, détruite par un incendie, le 4 octobre 1541. » Dix intéressants bas-reliefs offrent le principal attrait de ce local de confrérie. L'un d'eux représente, symbolisant le nom de l'enseigne, deux hommes s'occupant d'une balance ; d'autres font souvenir de divers.

moments du métier des drapiers ou représentent

leurs outils.

Les bas-reliefs en pierre (voir fîg. 23) et les

ornements taillés dans le bois des portes s'étalent sur toutes les constructions de quelque peu d'importance. Le bas-relief original qui surmontait le portail de la Maagden Huis, Longue rue de l'Hôpital n° 29, a été déposé au Musée des Antiquités, et remplacé par une copie. La figure 26 offre la disposition et l'encadrement de cette grande pierre sculptée. Parmi d'autres, une maison aujourd'hui disparue (voir fig. 29), de la

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