FRONTISPICE
Le frontispice d'un ouvrage doit, autant que possible, en présenter le résumé : selon nous, il doit être composé dans l’esprit de l'ouverture d'une partition musicale et contenir une partie des motifs qu’on retrouve ensuite é|>ars dans le cours de l'ouvrage.
Suivant ce point de vue , nous avons supposé un vestibule décoré d'arabesques, de peintures et de sculptures empruntées aux plus
célèbres de Rome(i). Pour caractériser davantage notre sujet, nous avons placé au centre du tableau les attributs de la papauté , les clefs et la tiare; enfin, pour rendre hommage aux pontifes et aux princes romains qui ont le plus encouragé les arts , nous avons inscrit leurs noms sur l’imposte de l'arcade et sur son prolongement. Les noms des architectes dont les travaux ont le plus contribué à l'embellissement de la ville, figurent de même sur l'archivolte: disposés en demicercle autour de la tiare, ils en forment comme l’auréole (2).
On 11e pouvait se dispenser de rappeler à l’esprit combien l’architecture de la ville moderne est redevable à celle de l'ancienne. Nous avons cherché à exprimer cette idée en plaçant sur le premier plan et au centre du vestibule l'image antique de Rome. Cette statue a reçu pour piédestal un tombeau, celui des Scipions , sur lequel on voit la louve et l'inscription caractéristique S. P. Q. R. Derrière cette figure apparaît au loin la ville moderne, ou plutôt un groupe de ses principaux monuments.
Palais P aima, via (telle Coppelle.
Antonio da Sangallo construisit pour Messcr IMnrchionne Raldassini ce palais qui, depuis, fut successivement la demeure du cardinal Roma et de la famille Mellini : il appartient aujourd'hui au comte Palma.
« Il est ordonné de telle sorte , dit Vasari , qu'on le regarde , mal-
(1) Les arabesques el le» ornement» sont tirés de lu chancellerie des palais Giraud et Massimi, du Vatican, de S. Agostino, etc... Les peintures ont été choisies parmi les fresques de Raphaël, d’Annibal Carrache et du Guide. Les sculptures sont des statues de Michel-Ange et de Gugliolmo délia Porta.
(a) Les deux portraits compris dans les médaillons sont ceux de Bramante et de Baldassarre Peru tz\.
(3) Tous ces numéros hors de marge correspondent à ceux du plan général. Voyez l’explication de re plan sur la gravure.
NOTICES HISTORIQUES
« gré son peu d'étendue, eomme le plus commode et le plus logeable « qu’il y ait à Rome.
« L’escalier, la cour, les portiques , les portes et les cheminées , sont « exécutés avec une élégance infinie. Messer Marcliionne en fut telle- « ment satisfait, qu’il se détermina à faire peindre l’une des salles « à fresque par Perino del Vaga. »
Notre opinion sur cet ouvrage estimable s’éloigne peu de celle de \ asari ; cependant , en l’examinant en détail , nous aurons occasion d’y signaler quelques imperfections qui tiennent au système et à la manière de Sangallo ; système pour lequel il a encouru des censures quelquefois méritées.
Le plan est conçu dans un excellent parti et offre une distribution commode. Le soin avec lequel il est étudié dans ses moindres parties, pour obtenir une régularité parfaite, doit être remarqué. L'escalier mérite surtout de fixer l’attention, et principalement pour la manière adroite dont on a su lui ménager à la fols des jours sur la grande et sur la petite cour.
L’entrée des voitures, qui a été reportée sur la face postérieure du palais, serait une disposition blâmable, si l’exhaussement du sol ne l’avait rendue obligatoire. .
La façade principale, représentée sur la même planche, est d’un aspect mâle et sévère , mais la division des étages n’en est pas fort heureuse : on y condamne la hauteur trop considérable du rez-dechaussée , qui enlève au premier étage son importance et sa noblesse. Peut-être suffirait-il de baisser l'appui des croisées pour que tout reprit des proportions convenables. Quant aux détails, ils sont , en général, d’une masse trop pesante. Ce reproche peut s’adresser spécialement aux bandeaux et à la porte d’entrée , dont les colonnes sont trop courtes et les piédestaux trop allongés.