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PREMIER PROJET DU PLAN DU PALAIS MASSIMI

Habitation de’ Picchij. Cheminée.

Via del Paradiso, Chambre faite.

Via di S Pantaleo.

Habitation de M° Luca

Cheminée.

Chambre faite.

di Maximo, " Fenêtre.

| ; Antichambre faite.

Aliguement donné.

F Vestibule ou portique,

Chambre.

Cuisine faite.

F' Niche rectangulaire et ! Cheminéé.

son banc.

Habitation de Me An-

gelo di Maximo.

Loge à faire.

G ! Puits.

Ancienne cour de Me Pietro Maximo.

Citerne.

H Chambre.

I Corridor d'entrée.

K Salle à manger. Loge faite.

Dans le premier projet la façade était en ligne droite suivant l'éloi-

ke

ET CRITIQUES. 57) onement ordonné. La dimension du vestibule était un peu plus considérable; à l’une des extrémités seulement existait une niche, non plus cintrée, mais rectangulaire, aveé un bane. Il est douteux que le vestibule ainsi exécuté eût été d’un effet aussi pittoresque que celui qu'on voit aujourd'hui. La distribution des pièces qui forment la partie antérieure du palais est presque entièrement conforme à celle du plan exécuté; l'escalier seul a été reporté sur un autre point. Ici la cour n'avait pas été régularisée, et l'effet n’en eût pas été satisfaisant, quelque goût que Peruzzi eüt pu mettre dans l'étude. Un portique de communication existait entre le bâtiment du fond de la cour et celui de l'entrée, mais le portique du fond, formant répétition, était supprimé. Ce même projet donne encore de précieux renseignements sur les murs nouveaux à faire, et sur les anciens murs qui furent conservés. Il fixe, en outre, la situation des habitations des deux autres frères de Pietro : celle d'Angelo était mitoyenne et à gauche; celle de Luca comprenait la petite cour et les bâtiments du fond. Il est probable que cette partie fut cédée à Pietro, qui, sans cet agrandissement, se füt trouvé trop à l’étroit. On est porté à croire que cette seconde cour lui était tout d'abord échue en partage ; mais il faut cependant tenir compte de la note de Peruzzi (écrite en sens imverse): di Messer Luca di Massimo:

En face du palais de Pietro, de l’autre côté de la rue & 8. Pantaleo, Luca possédait encore une autre habitation. Nous avons également le plan de cette propriété; il semble plutôt indiquer l’état des lieux qu'une restauration projetée par Peruzzi. Enfin, nous savons que l'alignement ordonné par l'autorité était en ligne droite. Si Peruzzi ne s’y est pas conformé c'était sans doute par des raisons d’'économie et pour se servir des fondations, ou pour donner à la façade plus d'importance. Au lieu de mettre une inseription dans la frise de l'ordre du rez-de-chaussée, il l’ornait de triglyphes et de métopes, dont il avait même détermmé le nombre. Les autres dessins manuscrits,. que nous avons recueillis, représentent le plan, la façade et

deux coupes sur la cour; ils ne différent pas d’une maniere sensible de ce qui a été exécuté.

Après les renseignements et les explications qui ‘précèdent, on est mieux en état d'apprécier Ja restauration de Peruzzi; on connaît maintenant les difficultés de sa tâche. En se rendant ainsi compte de tout ce qu'il a fait pour obtenir partout la régularité, pour dissimuler les biais et mettre chaque chose à sa place avec une rare prévoyance, on sera étonné qu'une œuvre d'art aussi parfaite ait pu être accomplie malgré tant d'obstacles et de complications, ét, loim de trouver nos éloges exagérés, on ne peut manquer de partager nos sympathies et notre admiration.

Complétons maintenant les détails que nous avons à donner sur les deux plans de la planche 281. Apres avoir traversé le vestibule, on entre dans un passage ou corridor, menant à la cour, et qui est l’analogue du prothyrum des maisons de Pompéi. À gauche ce passage donne entrée à plusieurs belles salles, et à droite, à la salle à manger. La voute de celle-ci était décorée d’une fresque de Jules Romain, représentant le Festin des dieux. Cette peinture a malheureusement disparu sous le badigeon, lorsque la salle à manger a été transformée en cuisine. Vu sa situation, cette grande pièce ne pouvait recevoir de jours directs ; aussi Peruzzi a-tl faittous ses efforts pour suppléer à l'insuffisance des jours secondaires : ilen a pris un sous le vestibule d'entrée et deux autres sous le portique de la cour. Non-seulement il a agrandi, autant que possible, ces fenêtres, mais ila pratiqué dans la voûte du portique des ouvertures en biais, qui laissent pénétrer plus de lumière. Pour éclairer l'escalier, qui ést commode et bien situé, la difficulté n’était pas moindre. Ici les jours ont été pris aux deux extrémités. D'un côté l'architecte a su se ménager une petite cour (1) à l’aide de laquelle il a pu éclairer les paliers tournés vers la rue; du côté opposé, les paliers reçoivent du jour d'une arcade ouverte au-dessus de la des-

(1) Cette cour à été supprimée : on y a établi, an premier étage, un petit escalier cireu-

laire, et anx autres étages des communications avec les pièces situées sur la rue,

cente de caves; et à partir du premier étage une vive lumière; arrivant des arcades ouvertes sur la cour, se répand sur l'escalier entier.

La descente aux souterrains a été adroitement rejetée près de la fontaine, sur un point où elle n’est d'aucun embarras.

On ne saurait déterminer quelle situation avait été choisie pour la cuisine. Dans le premier projet, il est vrai, elle était placée à l’extrémité de la cour, dans le bâtiment en aile à gauche; mais cette situation ne pouvait plus convenir, le portique de communication ayant été supprimé, On peut, sans l’affirmer toutefois, croire que la cuisine avait.été d’abord reléguée dans les souterrains. On trouve à mi-étage de la descente anx caves quelques marches interrompues, se dirigeant sous l’une des rampes du grand escalier. Ces marches sont les restes d'un petit escalier qui, en se prolongeant, mettait en communication les souterrains avec une pièce située derrière la salle à manger, pouvant servir d'office. Cette pièce, bien que pourvue d’une cheminée, est trop petite pour pouvoir y installer une cuisine. D'ailleurs peuton supposer que Peruzzi, qui, dans son premier projet, avait reporté au loin la cuisine, pour éviter les inconvénients résultant d’une pareille pièce placée à proximité de la salle à manger, ait pu, dans le projet exécuté, changer complétement d'avis, lorsque les conditions étaient moins’ favorables, ét quand l’espace était déjà trop resserré (1 )2 Il est bon de faire remarquer qu'au rez-de-chaussée, le’ vestibule excepté, toutes les salles; le passage et le portique sont voütés ; tandis qu'au premier étage, le salon et toutesles autres pièces sont décorés de plafonds en bois. On ne saurait qu'approuver cette entente raisonnée de la construction ; là encore on retrouve le même esprit de sagesse et de convenance, qui n’a cessé de présider à la direction de cet édifice.

Le jugement que nous avons à porter sur là facade se réduira à quelques observations : l’ordonnance du rez-de-chaussée est d'une bonne proportion; les fenêtres du premier étage sont d'un beau

(3) Pendant les débordements du Tibre, les caves de tout ce quartier sont envahies par les eaux

qui y séjournent, C’est poureelte raison, sans doute, que la cuisine a été reportée au rez-de-chaussee.

style et dans un bon rapport; mais les appuis saillants, trop rapprochés les uns des autres, sont d’un effet pesant. Le double rang des mezzanines est monotone, bien que l'architecte ait cherché à attenuer cet effet en mettant peu de moulures à celles du premier rang, afin qu’elles prissent moins d'importance et qu'elles parussent être en quelque sorte le complément des fenêtres inférieures, comme elles le sont en effet dans le grand salon. Le couronnement n'est pas moins remarquable par sa belle masse que pour le bon goût de ses détails. C’est peut-être à tort que le mur de face a été entièrement couvert de refends ; cela luiimprime sans contreditune apparence trop uniforme, mais aussi il y gagne plus d'unité; et ee parti pris sert à le détacher davantage du palais voisin. Enfin, la courbure qu'on afait suivre au mur de la façade est une idée heureuse, puisqu'elle donne à cette façade une masse plus imposante et un aspect plus monumental. L'inscription que porte la frise, dans la planche 281, n’a pas recu

d'exécution; nous l'avons retrouvée dans les archives de la famille Massimi. Elle est écrite en lettres majuscules et sans soin, comme une simple indication destinée à l’ouvrier. Nous avons pu reconnaître l'écriture de Peruzzi au mot novissimo, qui avait été oublié, et-que: Peruzzi a rétabli en interligne, avec son écriture cursive ordinaire. Nous donnons ici un fac-simuile de cette inscription, dont les lettres ont été réduites à moitié.

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