‹ Education et instruction (volume 2)Chapitre 47 sur 98 · Enquête, p · texte numérisé non relu

Enquête, p

2. Enquête, p. 498 et suiv. — Voir dans la Critique philosophique les articles de M. Rcnouvicr, novembre et décembre 1S77.

générale fait défaut1, et les lycées ne disconvien-

1. Ici encore, en raison de l'importance de la question, nous devons citer le texte même des observations des facultés ; nous ne prendrons que les plus expressives.

« Nous n'en devons pas moins constater que les bacheliers qui abordent renseignement supérieur n'y arrivent pas, en général, suffisamment préparés. D'un côté, ils ne possèdent pas toujours les notions préliminaires qui leur seraient indispensables; le complément de leur préparation scientifique absorbe ainsi un temps précieux qui devrait être exclusivement consacré à des études d'enseignement supérieur. D'un autre côté, et sans que nous voulions en rechercher ici le motif, nos bacheliers ne possèdent pas le plus souvent ces qualités de spontanéité, cette manière de penser en quelque sorte indépendante, qui doivent distinguer les élèves de l'enseignement supérieur. Nous l'avons déjà dit, nous avons à déplorer chez les étudiants qui entrent dans nos facultés beaucoup d'incertitude dans les connaissances essentielles, une regrettable ignorance de l'histoire; nous faisons en vain appel à leur activité personnelle, nous relevons tous ces défauts d'initiative contre lesquels nous nous efforçons de réagir. » (Faculté de droit de Bordeaux, p. 77, 78.)

« Il serait très désirable qu'il fût institué un grade littéraire et un grade scientifique intermédiaires entre les baccalauréats et les licences actuels, attestant une capacité et des connaissances suffisantes pour aborder avec fruit les études faisant l'objet de l'enseignement supérieur. » (Faculté des sciences de Bordeaux, p. 93.)

« On est ainsi conduit à proposer d'établir des examens spéciaux à l'entrée des facultés et des carrières publiques. L'idée n'est pas à dédaigner. De tels examens s'ajouteraient parfois utilement à l'examen de fin d'études : la faculté ne pense pas qu'ils puissent le remplacer. La faculté constate que de nombreux étudiants, quoique bacheliers, ont grand peine à comprendre un texte latin de difficulté moyenne, par exemple un texte de Gaius ou de Justinicn. » (Faculté de droit de Caen, p. 12S, 129.)

« Il faut bien reconnaître, en effet, que les candidats, tels que nous les voyons à chaque session d'examens, laissent beaucoup à désirer; l'ensemble de leurs connaissances ne dépasse pas un niveau moyen bien modeste. » (Faculté des sciences de Caen, p. 131.)

« Que deviendraient les études classiques, si elles n'avaient plus la sanction du baccalauréat, lorsque chaque année la faculté constate de plus en plus la faiblesse extrême des candidats, incapables le plus souvent de traduire un texte des Institutes ou du Digeste? » (Faculté de droit de Dijon, p. 201.)

« La faculté déplore depuis quelques années dans ses rapports officiels l'abaissement du niveau des études classiques. Elle constate chez la plupart des bacheliers qui entreprennent l'étude de la science juridique une grande difficulté pour lire les textes de droit romain, une ignorance presque absolue de l'art de la composition et du style, un manque général de connaissances historiques, » (Faculté de droit de Douai,

« L'abaissement des études littéraires et par suite celui de la culture générale qu'elles donnent à l'esprit sont des faits trop certains qui vont s'aggravant chaque jour. Il est incontestable, d'autre part, que les bc-

nent pas que la préparation qu'ils donnent peut être

soins de l'époque rendent chaque jour plus nécessaire l'extension des études positives et pratiques. Si l'on ne veut pas, en conséquence, que les études littéraires meurent avant peu de consomption, il faut trancher dans le vif, en faire résolument l'apanage d'une petite élite. » (Faculté des lettres de Douai, p. 285.)

« Lorsque l'étudiant arrive à la faculté de droit, il est fort empêché de traduire couramment le texte le plus élémentaire de droit romain, et son ignorance presque complète de l'histoire générale lui interdit de pouvoir comprendre le développement des institutions juridiques qui lui sont exposées. Ce n'est pas une exagération de dire que la majorité des étudiants de première année n'est pas capable d'expliquer correctement le lalin, pourtant très simple, des Commentaires de Gaius ; les passages juridiques de Cicéron leur demeurent lettre close. Quant à l'histoire, en dépit des exigences des programmes du baccalauréat, il n'est que trop facile de s'assurer que beaucoup d'étudiants n'en connaissent guère les grandes lignes : ils ne peuvent donc retirer aucun fruit de renseignement du droit romain et de l'histoire du droit qui leur est présenté dès le début de leurs études juridiques. » (Faculté de droit de Grenoble, p. 555-560.)

« Pour parler seulement des notions historiques élémentaires indispensables à l'intelligence de l'histoire du droit, nous constatons fréquemment chez un grand nombre d'étudiants une manifeste insuffisance de savoir. » (Faculté de droit de Lyon, p. 592.)

« La faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lyon demande un examen d'entrée spécial (p. 410-415). De même la faculté des sciences (p. 414).

« La faculté des lettres, très préoccupée de maintenir et même d'élever le niveau des études classiques, pense que les études gagneraient à être envahies par un moins grand nombre d'élèves qui y cherchent moins une culture élevée qu'un grade devenu à la fois indispensable et banal. Un examen d'entrée à la faculté permettrait d'en interdire l'accès à beaucoup d'incapables, comme on en rencontre parmi les bacheliers actuels, et il répondrait peut-être aux critiques récemment formulées contre l'insuffisante préparation classique des candidats aux diverses licences. » (Faculté des lettres de Lyon, p. 417, 418.)

« Dans l'état actuel, les bacheliers es lettres ou es sciences n'apportent à leur entrée dans les facultés que des connaissances insuffisantes aux études spéciales. Cela est manifeste surtout à l'école de droit, où l'on arrive avec des connaissances dérisoires, surtout en histoire. » (Faculté de droit de Paris, M. Cauwès, p. 589.) — « Dans l'état actuel, il est constant qu'un grand nombre des bacheliers arrivent à l'école sans avoir les connaissances historiques et philosophiques nécessaires. » (Id., M. Glasson, p. 618.) « L'enseignement classique ne s'adressant pas seulement aux futurs candidats à la licence es lettres, mais à des jeunes gens en nombre infiniment plus considérable qui n'y visent pas, l'instruction littéraire, historique, philosophique, a été naturellement restreinte à la portée et aux besoins du plus grand nombre, et est restée au-dessous de ce qui est indispensable à ceux qui veulent entrer dans renseignement des collèges ou devenir ce qu'on a si bien nommé dans ces dernier temps des étudiants en lettres. » (ld., p. 612.)

e.;s. su p. lu

effectivement insuffisante1. On espère trouver le remède dans la création d'un baccalauréat élémentaire commun

« Les jeunes étudiants arrivent dans les écoles munis d'une instruction préparatoire littéraire et scientifique tout à fait insuffisante » (Faculté de médecine de Paris, p. 623, 624.) — « Nos étudiants deux fois diplômés ont d'ordinaire une fort médiocre culture littéraire et scientifique; ils ne sauraient, pour la plupart, lire un ouvrage écrit en langue anglaise ou allemande; et malgré l'extension exagérée sur quelques points du baccalauréat es sciences restreint, ils ne peuvent généralement suivre un cours élevé de botanique ou de chimie médicales. » (Id., p. 625.) — « Beaucoup d'élèves munis du diplôme de bachelier es lettres ne possèdent aujourd'hui que des connaissances littéraires très incomplètes. » (/d., p. 628.) — La commission est frappée de l'insuffisance des candidats qui arrivent munis du baccalauréat es sciences. (Id., p. 628.)

« Beaucoup de nos élèves viennent assister à nos cours sans avoir les connaissances voulues pour être en état de comprendre les professeurs. » (Faculté des sciences de Paris, p. 637.)

« L'immense majorité des élèves est hors d'état d'improviser trois pages vraiment bonnes. A très peu d'exceptions près, toutes les copies se ressemblent par un caractère commun d'insignifiance et de médiocrité. » (Faculté des lettres de Paris, p. 640.) — « On peut être bachelier et savoir peu de grec, de latin et même de français. » (Id., p. 644.)

« Nourris de littérature latine, nos jeunes étudiants ne seraient plus exposés à hésiter dans la traduction, je ne dis pas des textes des jurisconsultes classiques, mais simplement des Instilutes, dont le style n'est cependant pas fait pour arrêter les moins lettrés. Ils seraient aussi moins étrangers aux faits principaux de l'histoire romaine. Enfin, mieux préparés par de fortes études philosophiques, ils deviendraient avec moins de peine capables sinon de trouver, au moins de suivre les raisonnements abstraits qui abondent dans la science du droit. » (Faculté de droit de Toulouse, p. 863.)

« Le baccalauréat est insuffisant comme garantie des connaissances nécessaires pour les études médicales. » (École de médecine et de pharmacie d'Alger, p. 893.)

1. Sur l'insuffisance de la préparation, nous ne relèverons que quelques témoignages :

«Considérant qu'il y a entre l'enseignement des lycées, tel qu'il a été constitué par les dernières réformes, et celui des facultés une lacune qu'il est urgent de combler, l'assemblée propose : 1° qu'il soit créé dans certains lycées importants des cours supérieurs de lettres où ne seront admis que les élèves déjà bacheliers, pour y être exercés spécialement à la composition latine en prose et en vers, aux traductions et aux explications approfondies des textes dans les trois langues classiques et dans les langues vivantes, comme aussi à l'étude de l'histoire, de l'histoire des littératures et des institutions grecques et romaines ; 2° que comme sanction un certificat ou plutôt un diplôme supérieur soit délivré aux ayants droit et donne seul l'accès des facultés des lettres aux candidats à la licence. » (Lycée du Havre, p. 153.) — « Le grec est de plus en plus négligé. » (Lycée de Rouen, p. 157.) — « En proposant qu'à l'avenir une des épreuves serait, selon que le sort en déciderait, ou une version latine,

et de baccalauréats supérieurs répondant aux divers besoins de la science et de renseignement.

Le baccalauréat élémentaire embrasserait l'ensemble des connaissances littéraires et scientifiques jugées indispensables. L'examen serait subi à la fin soit de la rhétorique, soit de la seconde, soit même de la troisième ; le diplôme auquel il donnerait droit ne serait en réalité qu'un certificat d'études; et, dans ces termes, rien ne s'opposerait à ce que les épreuves eussent lieu à l'intérieur des lvcées et des col-

ni

lèges, devant un jury local ou départemental, composé exclusivement ou pour la plus grande part des professeurs de l'établissement avec adjonction d'un ou deux membres de l'enseignement libre *. Quelques assemblées seraient disposées à dédoubler cet examen élémentaire et à créer un baccalauréat es lettres et un baccalauréat es sciences de premier degré

ou un thème latin, ou une version grecque, l'assemblée estime que ce serait là un excellent moyen de relever les études grecques et latines, en ce moment trop négligées, faute d'une sanction suffisante, et de former des élèves moins incapables de suivre fructueusement, à leur sortie du lycée ou du collège, les cours de faculté. » (Collège de Libounie, p. 120.) — « L'explication des auteurs grecs et latins est trop négligée. » (Collège de Honneur, p. 169.) — Cl. collège de Soissons, p. 556; — £aint- Dié, p. 562, etc.

1. Enquête, faculté des lettres de Besançon, p. -49; — des sciences de Bordeaux, p. 93 ; — des sciences de Caen, p. 133; — de médecine et do pharmacie de Lille, p. 276; — de droit de Grenoble, p. 553; — de médecine et de pharmacie de Lyon, p. 411-113; — des sciences de Lyon, p. 414; — des lettres de Lyon, p. 418 ; — de droit de Paris, p. 620-6i2 ;

— des lettres de Paris, p. 644; — des sciences de Rennes, p. 818; — des sciences de Toulouse, p. 865. = École des sciences d'Alger, p. 891 ; — des lettres d'Alger, p. 894. — Voir aussi faculté des lettres de Ciermont, p. 181. = Lycée de Nice, p. 24 ; — Toulon, p. 52 ; — Vesoul, p. 57 ; — Agen, p. 102; — Alençon, p. 140; — Chambéry, p. 172; — Saint-Quentin, p. 297, 298 ; — Lyon, p. 428 ; — Nîmes, p. 504; — Montauban, p. 873. = Collège de Bonneville, p. 173; — Tulle, p. 198; — Auxerre, p. 229; — Abbeville, p. 302; — Calais, p. 307 ; — la Fère, p. 323 ; — Autun, p. 454;

— Chalon-sur-Saône, p. 435 ; — Cette, p. 508, 50 ) ; — Saint-Mihiel, p. 564;

— Châteaudun, p. 753; — Coulommiers, p. 757, 759; — Epernay, p. 762;

— Fontainebleau, p. 765; — Montargis, p. 766; — Nogent-le-Rolrou, p. 771; — Bône, p. 899. = Recteur de Chambéry, p. 176 : « L'examen

dont l'attribution serait maintenue aux facultés1. Ce n'est là toutefois qu'une sorte d'amendement. Le vœu, dans sa formule générale, peut s'exprimer ainsi : un baccalauréat élémentaire ou certificat d'études comme tronc commun, lequel se ramifierait en baccalauréats distincts : baccalauréat es lettres ou de philosophie, baccalauréat es sciences mathématiques, baccalauréat es sciences physiques et naturelles, et, pour la sanction de l'enseignement spécial, baccalauréat es arts 2.

C'est dans les lycées et collèges que se préparerait et se passerait le baccalauréat élémentaire; c'est dans les facultésque se prépareraient et se passeraient le baccalauréat de philosophie et les baccalauréats des sciences physiques et mathématiques, afin de permettre à l'enseignement supérieur de diriger lui-même le recrutement de ses élèv s. Pour les facultés comme le droit et la médecine, où les études n'auraient pas le contrôle d'un grade, il y serait suppléé par une année de candiintérieur pourrait être passé dans les établissements libres devant un jury de professeurs libres auxquels serait adjoint un représentant de l'État » ; — Clermont, p. 201; — Nancy, p. 569 (mêmes prérogatives pour le certificat d'études que pour le baccalauréat, sauf en ce qui concerne l'inscription dans les facultés).

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