Arrêté du \i juin
5. Voir aux Annexes, n° III, le Rapport de M. J.-B. Dumas et le plan n° ï
G. Arrêté du 17 novembre 1815.
7. Voir aux Annexes, n° IV, le Rapport de M J.-B. Dumas et le plaa n" 4.
posait soit de transporter la Faculté des Sciences hors de la Sorbonne et même hors du quartier latin, soit de développer la Sorbonne, au sud, derrière le chevet de l'église, sur la rue Saint-Jacques et la rue des Poirées, soit de chercher l'extension nécessaire du côté du nord, vers la rue des Mathurins.
La première proposition avait été repoussée d'un avis unanime ; on ne voulait pas quitter la Sorbonne. La troisième offrait l'avantage de s'attaquer à des maisons de peu de valeur; elle permettait, en même temps, de donner à l'édifice de Richelieu une entrée d'honneur et un débouché sur une voie dont on projetait l'ouverture, laquelle, partant de la place Cambrai pour aboutir à l'École de Médecine — c'est aujourd'hui la rue des Ecoles, — devait mettre en communication le faubourg Saint-Germain et le pays latin. Mais l'entrée d'honneur se présentait obliquement à l'axe des bâtiments, et l'ensemble de l'opération soulevait de grandes difficultés d'exécution1. Plus coûteuse, mais plus décisive était la seconde combinaison, celle qui avait pour objet l'expropriation des bâtiments de la rue Saint-Jacques et de la rue des Poirées. Elle assurait immédiatement un terrain de près de 2000 mètres, indépendant et régulier. Deux vastes constructions pouvaient y trouver place : un amphithéâtre capable de contenir 2400 personnes et destiné aux grandes solennités de l'Université ; — un bâtiment en forme de cloître, propre à recevoir, au rez-de-chaussée, les salles d'enseignement de la Faculté des Sciences et ce qu'on appelait alors les ateliers de préparation, éclairés par une cour spacieuse ; dans les étages supérieurs, les galeries et les collec-
1. En écartant le projet, on se bornait à indiquer comme désirable l'isolement de la Sorbonne de ce côté par une large rue. .
ÎO ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR.
lions. La dépense totale était évaluée à 5 045 620 fr. : 2558420 fr. pour les terrains à acquérir, 2 507 200 fr. pour les constructions à élever. Ce fut le parti qui prévalut1. Adoptée par le Conseil académique dans une séance qu'avait voulu présider le Ministre, M. de
1 . Séance du 9 mars 1846. Voici l'extrait du procès-verbal :
« M. le Rapporteur, dans un exposé plein de précision et de clarté, fait connaître les points principaux qui ont fixé l'attention de la' Commission dans son importante délibération : ce sont l'insuffisance de l'installation actuelle des Facultés des Lettres, des Sciences et de Théologie: l'impossibilité où se trouve, en particulier, la Faculté des Sciences, de placer et d'accroître ses collections, d'instituer des manipulations en laveur de ses élèves ; les dépenses qu'exigerait une restauration bornée au développement de l'enseignement oral, comparées à celles qui seraient nécessaires pour une restauration embrassant l'enseignement oral, les travaux des élèves, les collections publiques et l'administration de la Faculté; les travaux de construction réclamés par les besoins communs aux trois Facultés des Lettres, des Sciences et de Théologie; les inconvénients graves qu'il y aurait à séparer la Faculté des Sciences des deux autres Facultés et des divers services de l'Académie de Paris; enfin la nécessité de pourvoir à la construction d'une nouvelle sillo pour la distribution des prix du Concours général e i remplacement de la salle actuelle, qui est insuffisante et qui menace ruine.
« Après un mûr examen, la Commission a adopté, à l'unanimité, le programme d'un projet d'agrandissement de la Sorbonne, d'après les bases suivantes : une cour principale, entourée de promenoirs ouverts; une grande salle, pouvant contenir environ deux mille quatre cents personnes, pour la distribution des prix du Concours général; une cour particulière autour de laquelle sont rangés les ateliers de préparation, et dans les étages supérieurs toutes les collections; enfin une partie de bâtiment réservée à l'administration de la Faculté des Sciences et au logement du doyen.
« D'après les combinaisons de ce projet, les Facultés des Lettres et de Théologie et l'Académie de Paris prendraient possession, dans les anciens bâtiments de la Sorbonne, des localités occupées aujourd'hui par la Faculté des Sciences, et y trouveraient, moyennant des modifications peu importantes, tous les services qui leur sont nécessaires.
« Les dépenses de construction s'élèveraient à la somme de 2 507 200 fr.
« Les terrains à acquérir sont évalués à 2 538-420 francs.
« La Com oission pense que la ville de Paris devrait intervenir et se charger de l'achat des terrains; l'État, de son côté, demeurant obligé à l'égard des constructions nouvelles à y élever; constructions qui, du reste, deviendraient la propriété de la Ville et devraient être entretenues par elle en bon état de réparations à l'avenir, selon le contrat général passé entre la Ville et l'Université.
« La Commission propose, en conséquence, que son programme et l'avant-projct, préparé par M. l'architecte du Ministère de l'Instruction
Salvandy, la conclusion fut immédiatement soumise à la ratification du Conseil municipal1.
Par suite d'une nouvelle série de lenteurs et de contretemps, aucune résolution n'était encore arrêtée lorsque intervint (24 juillet 1852) le décret qui décidait l'ouverture de la rue des Écoles. On recommença l'élude du projet2, en l'appliquant aux terrains devenus libres entre la rue des Écoles, la rue de la Sorbonne et la rue Saint-Jacques; et, par un décret du 11 août 1855, cet emplacement, qui mesurait une superficie de plus de 5000 mètres (exactement 5116m,60), fut affecté à la Sorbonne. En même temps, un plan de restauration générale était concerté entre la Ville et l'État, qui devaient
publique, soient renvoyés au Conseil des bâtiments civils pour être préparés, par une discussion sur les bases et les détails entre elle et ce Conseil, à l'examen ultérieur qui en serait fait avec MM. les délégués du Conseil municipal de la ville de Paris.
« Le Conseil académique, après avoir délibéré sur les propositions de la Commission, reconnaît qu'il est urgent d'affecter un établissement spécial et complet au service de la Faculté des Sciences, et de construire à cet effet un nouvel édifice, qui, rattaché aux bâtiments de la Sorbonne, permette de réunir dans une même enceinte les Facultés de Théologie, des Lettres et des Sciences, la bibliothèque de l'Université, la saile de la distribution des prix du Concours général et les divers services de l'Académie de Paris.
« Le Conseil estime en conséquence qu'il y a lieu de renvoyer au Conseil des bâtiments civils le programme de la Commission et l'avant-projet de l'architecte pour être procédé comme il a été dit plus haut. »
1. Voir l'arrêté ministériel du 18 septembre 1846. « Il est formé, pour prendre connaissance des plans et rapports relatifs aux travaux projetés à l'édifice de la Sorbonne et émettre à est égard un avis motivé, une commission mixte composée des délégués de l'Université et des membres du Conseil municipal de Paris désignés par le Préfet de la Seine, savoir : M. le baron Thenard, chancelier de l'Université, pair de France, président ; l'inspecteur général vice-recteur de l'Académie de Paris ; Galis, Pelassy de l'Ousle, Périer, Horace Say, Mortimer-Ternaux, membres du Conseil municipal 5 J.-B. Dumas, Victor Le Clerc, l'abbé Glaire, Pouillet, professeurs de Faculté; Durand, architecte de la ville; de Gbors, architecte de l'Université.