BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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L'EXSEIGNEMENT SIPÉRIEER A PARIS
EN f88(
Pécembre 1S8!.
L'enseignement supérieur, à Paris, comprend outre les Facultés le Collège de France, le Muséum d'histoire naturelle, l'Observatoire, lÉcole des Chartes, rEcole des Langues orientales vivantes. Ces divers établissements sont rattachés directement au Ministère*. C'est des Facultés seulement et de l'Fcole supérieure de Pharmacie qui fait corps avec les Facultés que nous traitons ici, c'est-à-dire de l'ensemble des établissements scientifiques ressortissant à l'autorité du recteur et représentés au Conseil académique ^
Fn ouvrant la deuxième session de 1881, je résu-
I 1. On Irouvora les renseignements les plus complets sur la silinlion de |-os étabhfsoments dans la Statistique de l'enseignement supérieur publ..-e en 1878. Voir notamment la remarquable introduction de il. A. du Mesnil, qui la précède.
2.- Ou sait que les Facultés et Écoles supérieures ont aujourd'hui (décret du 28 décembre 1885) un Conseil spécial délibérant mu- i,m,s .es intérêts qui leur sont communs et appelé le Conseil qinéral des l-aciiUes. — Voir aux Annexes, n^ ,\I.
E.NS. SLP j
2 ENSEIGNEMENT SllPÉl'.IEUR.
mais ainsi qu'il suit les anu'lioralions qui y avaient
éU' acromitlios au cours de l'année :
„ La nouvelle clini(iue de la Facullê de Médecine, transférée sur les terrains de l'ancienne pépinière du Luxembourg', a été ouverte le 1" mai.
„ L'Kcole supérieure de Pharmacie, édifiée sur les mêmes terrains, sera inaugurée dans quelques jours.
« Les derniers travaux d'appropriation de la Faculté de Théologie protestante s'achèvent ^
„ La loi du 25 août 1881 a ratifié la convention passée entre la Ville et l'État pour la reconstruction et l'agrandissement sur place des bâtiments de la Sorbonne destinés â recevoir, avec les bureaux de l'Admiiustration académique, la Faculté de Théologie catholique, la Faculté des Sciences, la faculté des Lettres et la Bibliothèque de ri niversité. Tout l'ilot compris entre la rue Cuias et la rue des Écoles d'une part, la rue Saint- Jacques et les rues de la Sorbonne et Victor Cousin d'autre part, est attribué à ce foyer des lumières universitaires. L'ensemble des crédits nécessaires à l'opé-
1 I oi du U d.-ceinbrc 1875 : Bulletin des LoJs.annce 1875, 2' sonieslre, n* 2S9 p Ulo, 11° W2l. La convention passée entre l'Etal et la \illo (28 juillet 1S75J est ann.'x.'e à la loi. -La surface occupée parla nouvelle clinique est de 5000 n.ôtres carrés. La dépense :^^'lJ'>l^^-^ 1 -l't8-20 n-ancs : iSO 820 francs pour l'acquisition du terrain ; 1 2oiMX)0 tr pour les couslruetions; ce dernier chilTrc approximatif, la liquidalion des c.Miptos n'étant pas terminée. Le crédit ouvert par la loi est de 2370 000 francs. ,, , , nn ^o—
•' La Faculté, transférée de Strasbourg ù Paris par décret du 27 mars 18- -.. occupe avfc le soniinaiie, son annexe, une surface totale de 50/6 inutrcs carrés. Elle a coûté pour l'acquisition des Lûliinents et des terrains '•>-0(iO:i francs ; pour l'appropriation des locaux : IH 250 fr., soil au total 571 "50 francs. — On sait que, aux termes du décret du 7 mai 1881, les chain-s dont la Faculté se compose sont partagées en nombre cgal^ outre rÉ!,'lis.- lutliérienno et l'F^Mise reformée, chaque Eglise ayant nécessairement une chaire de dogme.
L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR A PARIS EN 1S81. ô
ration, dont les frais s'élèvent à 22 200 000 francs, est assuré. Les enquêtes d'expropriation sont closes, et le dossier va être soumis au Conseil d'État.
« Une autre loi ', rendue également après accord entre la Ville et l'État, a pourvu à l'agrandissement de l'École pratique de la l'a(uilté de xMèdecine. La Faculté et ses annexes embrasseront l'espace circonscrit par la rue Antoine Dubois, la rue Monsieur-le-Priucc, la rue IJacine, le boulevard Saint-Michel, la rue de l'École-de- Médecine, la rue llautefeuille et le boulevard Saintficrmain.
« Enfin des négociations sont ouvertes pour le dégagement et l'extension des bâtiments de l'École de Droit sur la rue Cujas, la rue Saint-Jacques et la rue Sou^lot^ Les plans et devis sont prêts. »
N'eussent-elles d'autre effet que de mettre un terme à des difficultés depuis longtemps pendantes, ces diverses décisions seraient considérables''. Elles ont de plus l'avantage d'être des solutions heureuses.
Un rapide exposé des négociations qu'elles ont coûté permettra d'apprécier l'importance qui s'attache aujourd'hui au développement de l'enseignement supé-
t. Loi du i'] avril 1881 : Bulletin des Lois, année 1881,1" semestre, n* 616, p. bSl, n" 10306. Voir aussi le n" du Journal officiel du 51 juillet 1881 (séance du Sénat).
2. La dépense prévue pour cette opération est de 2 451 726 francs, dont 1466800 francs pour constructions et 981 326 francs pour cxpioiJiiations, — moitié à la charge de l'État, moitié à la charge de la Ville.
3. De tous les projets dont j'aiinoni;ais la préparation en 1881, celui qui intéresse la Faculté de Droit est le seul aujourd'hui (1887) qui n'ait pas encore été exécuté. Le Conseil municipal pendant deux années disuite a inscrit à son budget une somme de 1500000 francs; mais l'État n'était pas en mesure de fournir sa contribution. La question, qui vient d'être reiirise, ae tardera pas, je resj)ért', à être résolue.
rieur; il nous aidera on outre à faire comprendre ses besoins, ses intérêts et l'esprit nouveau qui l'anime.
Lorsque, en 1865, le percement de la rue des Feuillantines bouleversa les terrains de la rue de l'Arbalète, où l'École supérieure de Pharmacie était établie, il y avait près de trois siècles que Nicolas Ilouel avait créé aux Enfants- l\oiigr s, dans le quartier du Marais, la Maifo7i de CJiarité destinée à « nourrir et instituer un bon nombre d'enfants orphelins à piété et service divin, aux bonnes lettres et par après en l'art d'apothicaire* » (1566). Un édit de 1570 (9 novembre) avait reconnu « l'œuvre » comme établissement public; un jardin dos simples — le premier qui ait existé en Europe — y était annexé. Le 2 janvier 1578, la Maison de charilé hd transférée dans l'hôpital de Lourcine. Après la mort de Ilouel (1587), on se disputa son héritaj^c. Deux arrêts du Parlement (1624-1625) adjugèrent l'hôpital à la communauté des apothicaij-es : c'est à cetto époque que remonte l'acquisition des deux grands jardins de la rue de l'Arbalète, et que l'établissement prit le nom de Jardin des apothicaires. La dénomination do Collège de Pharmacie date de 1777 (25 août). Un arrêté du Directoire executif transforma le collège en École (/raltiite de pharmacie^. La loi du 21 germinal an XI, qui instituait les Kcoles de Montpellier et de Strasbourg, laissa subsister celle de Paris dans les mômes conditions. Deux ans après, un arrêté du 3 frimaire
1 Dulaure, Histoire civique, physique et morale de Paris, t. 111, p. 582. • ï An V, 5 llor(!al.
an \1I la plaça sous l'autorité du Ministre do l'Intérieur. C/osl en 1840 [21 septembre) qu'elle a été rattachée à l'Université.
Elle devait y trouver un patronage régulier, sinon <le grandes ressources. Ses bâtiments étaient dans un délabrement absolu. Ou conçut l'idée de l'annexer à la Faculjlé de Médecine dans les locaux de l'ancienne Académie de Chirurgie (1855) '. C'était reconnaître une parenté d'études qui l'honorait. Mais l'École avait toujours eu sa vie propre. H était naturel qu'elle cherchât à se maintenir dans la région où elle avait grandi.
Le percement de la rue des Feuillantines fournissant l'occasion de la reconstruire , il fut question <le l'édilier sur place rue de l'Arbalète, d'aboid eu intendant un peu son domaine vers la rue Mouffelard et la rue de Lourcine, puis en lui conservant simplement son périmètre, réduit par l'ouverture de la rue nouvelle. Mais les objections se multipliaient «t aucun projet ne pouvait aboutir. Tandis qu'on délibérait, les bâtiments tombaient en ruines; les cours les phis importants avaient dû être interrompus ; de riches collections étaient menacées ; la vie même des professeurs et des élèves n'était plus en sûreté. (.'ne visite faite en 1873 par un membre du Parlement, M. Paiil Bert, et l'inquiétante démonsti*ation photo- ^n-aphique qu'il fit passer sous les yeux de la Chambre coupèient court aux hésitations -,
Dès 1869 un emplacement favorable avait été désigné par les pouvoirs publics sur les terrains retranchés du jurdin du Luxembourg. Les études étaient faites. Si, eu