‹ Education et instruction (volume 4)Chapitre 23 sur 87 · LES RÉSULTATS DE LENQUÊTE · texte numérisé non relu

LES RÉSULTATS DE LENQUÊTE

La nécessité d'un examen terminal. — Qu'un exameu terminal soit nécessaire, c'est ce qu'avec raison on u'a pas cru utile de discuter longuement. L'usage vient d'en être appliqué à l'école primaire; le moment serait mal choisi pour en détruire la tradition dans les êtalilissemenfs d'éducation secondaire. Des études sans contrôle courraient grand risque d'être des études sans valeur'. 11 n'est pas de pays, sauf la Belgique et l'Amérique, où cette sanction n'existe. L'xVmérique n'a point à se féliciter de ne l'avoir point créée*, ni la Belgique de s'en être privée^. L'examen terminal est un stimulant

1. Enquête, faculté de droit de Douai, p. 460 ; — de droit de Lyon, p. ÔW : — de droit de Nancy, p. 514. = Lycée Louis-le-Grand, [>. 695.

Un seul établissement, un collège, propose de supi)iimer tout examen final et de délivrer simplement aui élèves, à leur sortie, un cei'tifical de présence. — Le lycée de Montpellier est d'avis de délivrer, d'après les notes de l'élève et sans examen, un certificat d'études auquel ne serait allaché aucun avantage. — Voir plus bas, p. lli-113.

i. Voir La Boulaye, Rapport sur la toi relative à la liberté de l'enleignement supérieur.

3. Loi du 20 mai 1876. — Cette loi a aboli l'examen de gradué es lettres qui, supprirru5 une première fois en I83i, avait été rétabli en 1861, pour l'admisî^ion aux universités. — Voir, sur le principe do la loi, les observations de M. Emile Flourens {Société pour l'fllnde des questions d'enseignement supérieur, année 1878, p. 312 et 343) et, sur les effets qu'elle a produits, la publication de M. Paul Thomas, professeur à l'Uni- Tersité de Gand (Hevue internationale de l'enseignement, année 1881, ^. 119).

Si la faculté mixte de médecuie et de pharmacie de Lyon recom-

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nécessaire : il oblige à l'effort; en même temps il perniol de suivre la marche générale de l'enseignement; c'est le moyen d'information le plus sûr, pour peu qu'il soit judicieusement appliqué. Mais où se fera ce contrôle et qui aura la direction de l'examen?

U examen de carrière. — L'examen de carrière remplaçant l'examen du baccalauréat n'a rencontré, à quelques exceptions près *, que des adversaires.

Si l'examen porte sur les mêmes matières que le baccalauréat, et si la réforme n'implique qu'un changement de juges, quel autre effet pourrait-elle avoir que de remplacer un jury compétent par un jury qui le serait moins? Est-il une administration qui fût assurée de trouver, même dans les éléments distingués dont elle dispose, les ressources nécessaires pour constituer un tel tribunal? Les facultés elles-mêmes, les facultés professionnelles, celles de droit et de médecine, déclarent qu'elles ne se croiraient pas suffisamment autorisées à faire passer à leurs élèves la revue de l'ensemble des connaissances classiques, scientifiques et littéraires*. — Et puis n'y a-t-il pas un certain nombre de jeunes

mande les examens d'entrée pour Tadmission à renseignement supérieur, c'est dans la pensée non de supprimer les examens d'instruction générale, mais de faire de ces examens d'entrée des moyens de sélection spéciale. {Enquête, p. 412.) Tel est également le sens de la délibération de la faculté des sciences et de la faculté des lettres de Lyon, p. .iU et i\:> : — do l'Kcole supérieure de pharmacie de Montpellier, p. 483.

t. Enqucle, faculté des sciences de CIcrmont : proposition du doyen non appuyée; la proposition maintenait d'ailleurs le diplôme de bachelier comme condition d'entrée dans les carrières dépendant de l'enseignement supérieur. = Lycée d'Alger, p. 893 ; — de Limoges, p. 792. = iJollége d'Aiirillac, p. 195.

2. Enqiu'le, faculté de droit de Douai, p. 2B2; — de droit de Nancy, p. 51b et bl6 ; — de médecine de Nancy, p. 527 ; — de droit de Paris, p. 59-i; — de médecine de Paris, p. 629; — de droit de Poitiers, p. 781 ; — des sciences de Poitiers, p. 781.

LE BACCALAIRÉAT. 85

gens qui ne prétendent ni aux emplois administratifs, ni aux grandes écoles, ni aux études supérieures? Ceuxlà devraient donc renoncer au bénéfice detoutesanction. — Pense-t-on enfin aux candidats, toujours assez nombreux, qui, ayant régulièrement terminé leurs classes à dix-sept ou dix-buit ans, ne peuvent, par suite de diverses circonstances, entrer en carrière ou aborder les facultés qu'à vingt-cinq ans?

Si c'est aux matières de l'examen que s'applique le changement (et le système, pris sérieusement, ne peut guère avoir d'autre sens), quelle sera la règle? Donner aux études secondaires un contrôle aussi multiple que peuvent l'être les besoins apparents ou réels de la société, n'est-ce pas les livrer à l'arbitraire des visées les moins élevées, des intérêts les moins légitimes, des caprices de l'opinion, des passions du jour? Qui ne sait quels éléments de trouble apporte dans l'harmonie de nos classes ce qu'on appelle la préparation aux écoles, depuis que les écoles imposent à l'Université les programmes d'enseignement que raisonnablement elles devraient en recevoir ou du moins concerter avec elle? Que serait-ce lorsque ce privilège combattu serait devenu le droit incontesté de tout le monde'? Les établissements d'enseignement secondaire, cédant à la fatalité des lois économiques et se réglant sur la demande, cesseraient bientôt d'être des écoles de culture générale pour devenir des ateliers de pi'épara- .ion professionnelle. L'industrialisme y trouverait peutêtre un moyen de fortune. Ce seroitassurément la ruine des études. L<^s administrations ne tarderaient pas à reconnaître elles-mêmes les péi'ils d'un recrutement fait sans autre garantie que celle des exigences de métier; mais l'épreuve, si peu de temps qu'elle durât, suffirait

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