Ihid., p
(t. Revue in!eriiationnU de Vemeirjnemcnl , 18SI, le Jury du baccaliiuréiit es Irtires, p. ôii : « Ce soiil six mille jou niées d'exHinon par an à rupailir eiilre trois cents professeurs, soit, à six jmirs de travail par semaine, pràs de dix semaines pour chacun d'eux en moyenne. » Société pour l'étude des questions d'enseignement secondaire, 18S0, i février : le iiaccalauréiit : « Le baccalauréat impose en moyenne aux prol'esseur.s de la faculté de i'aris cinquanle-iiuit jours do travail sur deux cent qualre-vin^'ts dont se compose une année normale, si l'on retranche un mois de vacances cl les dimanches : c'est presque un quart de leur vie que les membres de l'en'-eignement supérieur sont forcés de sacrifier à cette fali;,'aiite et stérile besogne. » — Cf. Snci'^lé d'étude.'! pour les questiom d'enseignement supérieur, 1878, p. 613 ; ISSO, p. 139
LE BACCALAUREAT. Ït9
réat est nécessaire par la raison qu'il ouvre l'aecôs da l'enseignement supérieur, et que, pour êlre efficace, cette action doit être directe et souveraine'. — Elles ajoutent que, si leur autorité est inattaquable et inattaquée, c'est qu'elle est indépendante et ne se règle que sur l'intérêt impersonnel et élevé des études*. — Et puis, délivré par d'autres, le diplôme aurait-il la même valeur, le même prestige ? On ne peut être bon juge de renseignement que l'on donne, et il ne serait pas sans inconvénient qu'à ce tribunal suprême des études les écoliers s'attendissent à trouver des visages qui leur fussent trop familiers ^. — Dira-l-on que le jugement remis à un corps spécial a pour effet de couler tous les esprits dans le même moule? Mais cette uniformité n'est-elle pas une garantie d'équité et une condition de force? — A ceux qui remarquent que la plupart des professeurs de l'enseignement supérieur n'ont point passé par l'enseignement secondaire et n'en connaissent ni l'esprit, ni les métliodes, ni la mesure, les facultés répondent que leurs propres élèves, auditeurs libres ou boursiers, leur sont une école trop souvent tiislement instructive*. Que, s'il est vrai au surplus qu'un peu d'aide ne leur seiait as inutile, les maîtres de conférences sont là pour
t. Enquête, faculté de droit de Nancy, p. olG; — des lettres de Paris, p. 6li.
2. Enquête, faculté des sciences de Marseille, p. 9; — des sciences de Pijon, p. 207 ; — de droit de Douai, p. 201; — des lettres de Douai, p. 282; — de droit de Grenoble, p. 552 ; — de droit de Montpellier, p. 447; — des lettres de Montpellier, p. 4Gi; — des sciences de Poitiers, p. 782 ; . — des lettres de Toulouse, p. 867. = Lycée Henri IV, p. 6G4 : « Le jury ne connaît presque jamais les candidat:;, et c'est sa force » ; — Louis-le- Grand, p. CsS; — Vanves, p. 709 = ).j faculté des lettres de Poitiers est la seule qui exprime formellement un avis contraire, p. 788 : • En voyant leurs prol'cs.-eurs devenir leurs ju^cs, les élèves comprendraient mieux que l'examen n'est autre chose que la revision générale des matières vues au Lycée ». — Cf. Lycée de Châteauroux, p. 71(1.
3. Enquête, faculté de droit de Paris, p. 596. i. Ibid., faculté des letliCj de Nancy, p. d.>2
leur prêter ce concours nécessaire*. Quant aux professeurs de l'enseignement secondaire, si l'on se décide à les adjoindre en nombre plus ou moins considérable, de deux choses l'une : ou bien ils devront renoncer à leur chaire pour être attachés au service des examens du baccalauréat, ou bien ils n'auront place dans les jurys qu'à titre de collaborateurs do circonstance et d'auxiliaires de passage-. — Certaines assemblées seraient portées à pousser plus loin encor ■ cet esprit de défense : la collation des grades appartient aux facultés; c'est leur raison d'être et leur honneur^; les en dépouiller serait porter atteinte à leur autorili'
1 Enquête, facuUé des sciences de Montpellier, p. 460. = Lycée de ! : Rochelle, p. 802. = Recteur de Bordeaux, p. 123; — de Dijon, p. 253; -de Douai, p. 3il.
2. Enqw'le, faculté des lettres de Cacn, p. 157 ; — des lettres de Grenoble, p. 372; — des lettres de I.yoti, p. 117; — des lettres de Rennes, p. 821 ; — de droit de Paris, p. 616.
Admettent le concours de l'enseignement sccondnire à titre conditionnel les assemblées suivantes : faculté de droit d'Aix, p. 7 ; — des lettres d'Aix, p. 11 ; — des sciences de Dordcaux, p. 02; — des lettres de Bordeaux, p. 96; — des lettres de Clerniont, p. 180; — des sciences ■! ■ Lille, p. 281; — de droit de Nancy, p. 522; — de médecine de Naney, p. 528 ; — des lettres de Nancy, p. 331 ; — des sciences de Paris, p. (jZ'.i ■■
— de droit de Poitiers, p. 782 ; — des sciences de Poitiers, p. 783 ; — il'lettres de Rennes, p. 821 ; — école de médecine et de pharmacie d'Ai\. p. il ; — des lettres d'Alffcr. p. 892. = Cf. recteur de Besançon, p. ','>:
— Grenoble, p. 388; — Nancy, p. 570; — Rennes, p. 831; — Algeip. 903.
3. Enseiprner les principes, conférer les grades universitaires, voilà I ' douille mission sociale des professeurs de faculté. » Eitquèle, faculté il' droit de Douai, p. 261. — « Sans doute, en province, les professeurs il' faculté travaillent et produisent; mais les facultés de province, malgi la valeur hautement reconnue de leurs maîtres, ne passent point encori aux yeux du public pour des centres d'activité scientilique et ne jouissen point sous ce l'ajiport de l'autorité h laquelle elles ont droit. Ce qui leu' donne une autorité morale incontestée, ce qui, au jugement du plU; grand nombre, et il faut compter avec l'opinion commune, les rehausse et les met hors de pair, c'est qu'elles constituent un tribunal toujouri respecté devant lequel viennent se présenter les jeunes gens désireux d( pniuvcr qu'ils ont fait, dans les établissements d'enseignement secoii' daire, de sérieuses études générales. » Recteur de l'académie d'Aix, p. 44
— Cf. faculté des sciences de Marseille, p. 8. = Lycée Louis-le-Grand p. CU2.
morale et violer leur droit'. Mieux vaudrait encore K' régime des examens de carrière, quels qu'en soient les dangers, que ces jurys bâtards. Se figure-t-on les professeurs de faculté réduits à la présidence des commissions, allant de lycée en lycée, de collège en collège, c exercer le métier de gendarmes, et de gendarmes que tout le monde s'entendra pour tromper », à moins que, se faisant débonnaires, ils ne soient décidés à tout sanctionner les yeux fermés-? — Et quel serait dans I ces commissions le rôle des professeurs de l'enseigne- I ment secondaire eux-mêmes? Un rôle forcément infé- I rieur et subordonné^. De tels compromis ne sont acceptables pour personne. — A défaut de l'intervention I directe des maîtres, on parle de notes fournies sur les t élèves : les facultés n'ont que faire de ces témoignages ; les dossiers de composition et d'interrogation leur suffisent pour juger*.
Lea scrupules de l'enseignement secondaire. — Si l'enseignement supérieur se montre peu disposé à se laisser dessaisir de ce qui lui appartient, l'enseignement secondaire marque encore moins d'empressement à accepter
1. « L'introduction des professeurs de l'enseig-nement secondaire dans le jury serait un acte de défiance que la faculté repuiisse, une menace de conflits perpétuels qu il vaut mieux éviter. » Etiquete, faculté des lettres de Dijon, p. 213. — «La faculté doit être absolument maîtresse de l'cxaiïien ou ne pas s'en mêler. » Enquête, faculté des lettres de Lyon, p. iU). — Voir aussi : faculté des sciences de Grenoble, p. 370; — de droit de Montpellier, p. i3i : — des sciences de Montpellier, p. 435; — des lettres de Montpellier, p. 477 ; — de droit de Toulouse, p. 862 ; — des lettres de Toulouse, p. 8G8 ; — école jtréparatoire de médecine de Clermont, p. ISO; — des sciences d'.AIf;er, p. 890.
2. Enquêtf, faculté des lettres de Douai, p. 285; des sciences de Grenoble, p. 3C8.