Arrêté du 11 juillet 1810, art
.'. Ibid.. art. 11.
i. Ordonnance du \" janvier IGH.
LE UACC-VLAURÉAT. 177
1 modernes cl anciennes, la géogra|ihie et l'iiistoire générale. Ce jury central devait parcourir les départements une fois par an, afin d'examiner les candidats tant au baccalauréat qu'à la licence et au doctorat. « L'intervention de rinslilut dans tous les examens, disait-on, produira un effet des plus salutaires à cause de la supériorité même des membres, qui possèdent une connaissance approtondie de tous les systèmes et de toutes les découvertes de l'esprit humain*. »
La préparation aux examens : le règne du Manuel ; les faussaires. — Cette singulière disproportion de moyens, qui montre quelle fausse conception l'opinion était arrivée à se faire du baccalauréat, éclate plus manifestement encore lorsqu'on envisage les procédés auxquels les candidats ne craignaient pas d'acheter le succès. Une industrie s'était formée qui, à l'aide de Manuels, se chargeait de préparer les jeunes gens, en quelques mois, à forfait*. Bien plus, des faussaires de métier parcouraient les facultés, se présentant sous des signatures empruntées, changeant de nom, d'âge et de condition, et passant un examen, bon ou médiocre, suivant le prix.
L'Ktat ne négligeait aucun moyen de déjouer ces coupables artilices. Pour s'assurer de la régularité des études, il réclamait spécialement le certificat de rhétorique en même temps que le certificat de pliilosophie,
1. Études sur l'instruction secondaire, suivies d'un projet de loi avec expoté des motifs adressé à ilM. les membres des (Chambres législatives, par P.-E. G:iic fils. — Cf. Ch. Lciioriiiant, Essais sur l'instruction publique, fiu certificat d'aptitude, p. 265.
2. « Ils passent aux mains d'entrepreneurs qui se chargent de mettre en six mois l"èlre le plus inepte en état de répondre aux questions des examinateurs ; et ils réussissent plus souvent qu'ils n'échouent dans leur entreprise. ■> (Ch. Lcnonnant, Essais sur l'instruction publique, chapitre I, p. 153.)
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178 ENSEIGNEJIENT SUPÉRIEUR.
— l'usage s'étant établi, par une sorte de relâchement, de se contenter du dernier, qui supposait, mais qui ne garantissait pas toujours la possession du premier*. M. de Salvandy avait même pensé à créer, sous le nom de bulletin scolaire, une sorte de livret d'études qui aurait permis d'embrasser dans son ensemble la vie du candidat. On avait aussi modifié le questionnaire : le nombre considérable des numéros était pour les préparateurs une aisance, par cela même qu'il était une gène pour l'examinateur, qui ne pouvait sortir du terrain étroit où la question l'enfermait; afin de permettre au juge d'étendre ses investigations, les numéros avaient été réduits de quatre cents à cent quarante-six d'abord, puis à soixante-neuf^ En même temps on avait cessé d'iudi(iuer dans la liste des auteurs publiée annuellement les passages sur lesquels les candidats seraient interrogés; le sort ne devait plus désigner que l'ouvrage où l'examinateur était libre de choisir les quelques lignes qu'il lui paraissait bon de faire expliquer'. On avait de plus interdit les cours préparatoires, c'està-dire les cours spécialement ouverts en vue de l'examen dans des établissements qui, aux termes de la législation existante, n'avaient pas qualité pour fournir l'enseignement régulier de la rliétoriquc et de la philosophie*. On s'attachait surtout à prévenir les substitutions : le règlement primitif du 13 mars 1821 se bornait à provoquer avant l'examen une déclaration d'identité"; l'arrêté du 11 août 1857 exigeait (jue tout certificat d'études fût précédé de la demande du candidat écrite en entier de sa main". Nul ne pouvait d'ailleurs subir l'examen qu'au