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Liiquùlc, recteur de i^ijoii, p ti'i

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tore uot et d'une indiscutable utilité. Voici, poui uotre l)art, couinieut nous les apprécions.

1" Considérant l'état présent do nos mœurs et de nos lois, nous repoussons l'idée de modiller le jury. L'institution d'une commission spéciale et extra-scolaire — qu'elle soit départementale, régionale ou nationale — est celle qui s'éloigne le plus du but dont nous voudrions nous rapprocher. Sans lien direct avec les éludes, elle serait moins que toute autre en mesure d'en servir les intérêts. D'un autre côté, un bureau mi-parti ne donnerait satisfaction à personne. Il placerait l'unvis-à-visdel'autre renseignement supérieur et reuseigneinont secondaire dans une situation mal définie, délicate, grosse de difficultés. Les facultés n'y trouveraient d'ailleurs qu'un soulagement insuffisant ; pour les lycées, on l'a justement remarqué, ce serait un élément de trouble, les professeurs étant enlevés à leur enseignement alors qu'ils y seraient le plus nécessaires. Knfin, à supposer qu'on put, dans ces bureaux mi-partis, faire place aux écoles libres, serait-on sûr de trouver partout dans leurs représentants en province des assesseurs pourvus des titres nécessaires? Le principe de l'exam.en intérieur écarté, il n'est pas de jury qui puisse être mis en balance avec le jury de fiicultés, composé des professeurs et des maîtres de conférences : ce qui leur manque parfois d'expérience pratique de l'enseignement secondaire est compensé et au delà par la largeur d'esprit qu'ils apportent dans la ccnduite de l'examen.

2» Ce qui nous préoccupe surtout, c'est de fortifier les moyens qui permettent au candidat de se faire connaître, au .juge de se prononcer avec sécurité, au per-

soniicl enseignant de conihaUre les préparations arlifîciellos.

A ce lili'o, rien ne nous pai'ail plus légilime que d'autoriser la production d'un livret scolaire authentique, portant les noies, places, récompenses des dernières années d'études. C'est un témoignage loyal qui, n'ayant qu'une valeur morale, peut éclairer le jui-y sans^ le contraindre*. Nous n'oublions pas que, dans un sentiment contraire, on a demandé que les noms des candidats, enfermés sous pli cacheté, ne soient connus qu'après la correction des copies; mais cette sorte de mystère, sans compter qu'il parait mettre le correcteur en suspicion, constitue à nos yeux une fausse mesure d'impartialité. Plus le candidat se sentira à découvert devant ses juges, plus il prendra confiance dans la valeur de son intelligence et dans les résultats de sou application : ce qui est la première et juste récompense des éludes bien faites. Nous n'avons aucun goût non plus pour les étranges considérations de morale pratique qui conduisent à faire à l'aléa une lai'ge place, sous le I)rélexte de préparer la jeunesse aux mécomptes de la vie, ni pour le singulier système d'équité qui, indifférent aux mérites des meilleurs et sensible aux périlsdes autres, aboutit presque à accorder indirertement des points de faveur à la paresse ou à la médiocrité.

5" Nous craindrions de voir établir le régime del'uniformité absolue des épreuves. Outre qu'il y a, sendjie-l-il, quelque chose de puéril à jeter toute la jeunesse à la même heure dans le même moule d'exa-

1. Viiir au Journal officiel (séance de la Ch;iinl)re des Dtiputés des 27) et 24 mai 188i) les discours de MSI. Mûziôi-es et Frcppei : le commuii' reproche qu'ils font à l'examen du baccalauréat, c'est que le juge ne rniiiiait pas ou conuait très insuinsainfnent le candidat sur le sort duquel, il ])runonce.

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mon, nous ne croyons pas que l'idenlilô du sujot de coinposilion soit le moyen le plus éclairé d'assurer la justice du jugomont; sans fermer les yeux aux inconvénients des déplacements, lesfpiels sont réels, nous partageons la manière de voir de ceux qui estiment que l'intérêt du candidat est d'être apprécié en une fois, par le même juge, dans son unité vivante, non à intervalle, et par des juges différents. Quelle nécessité d'ailleurs de ramener mathématiquement, pour ainsi dire, à une commune mesure le résultat des éludes, et d'empêcher, par exemple, que la faculté de Paris prenne sa règle dans le milieu scolaire où sa clientèle se développe? Laissons les jurys, à l'ouverture de chaque session, choisir eux-mêmes leurs sujets, en se préoccupant d'y maintenir un sage équilihre, et n'allons point, par je ne sais quelle superstition d'égalité — de l'égalité qui ahaisse, — courher, d'un bout à l'autre de la France, tous les esprits sous le même niveau •.

1 Nous devons reconnaître toutefois que le vœu relatif à runiformilc de réprouve est assez fr«5néraL En dehors de l'enquête, il a été formule dans une pétition présentée, il y a deux ans, au Conseil supérieur par des représentants de l'enseignement libre. Nous croyons utile d en reproduire ici le texte :

Les soussignés, directeurs d'établissements libres d'enseignement secondaire, inspirés par la pensée de servir les int.-rêts de l'mstruclion. des (amilles. des professeurs et des élèves, ont Ihonneur de présenter à M le Ministre de l'Instruction publique, président, et à MM. les memhres du Conseil supérieur de l'Instruction publique la pétition suivante, dont l'objet principal est d'obtenir que les candidats aux deux baccalauréaU es lettres et es sciences bénédcient du mode d'examen en vigueur depuis cinquante ans pour les écoles du gouvernement, telles que les Écoles Militaire et Polytechnique.

G est pourquoi : .:,,,, a

1- Considérant que les dérangements graves et les déplacements onéreux qui résultent de l'obligation de se rendre au siège de l'académie pour les épreuves écrites comme pour l'examen oral seraient évités aux candidats, si les compositions se faisaient au chef-lieu de chaque département et de chaque arrondissement, qui sont d'ordinaire les villes ou sont établies les maisons d'études : de sorte que les seuls admissil.les c'cst-à-diic environ la moitié seulement des candidats, resteraient assu-

4° Nous ne soniines point davantage partisan des prescriptions générales sur la marclie dos examens, les

jetlis à Tobligalion de se rendre au sifgc des facultés pour Texainen oral.

Les soussignés demandent :

Que les épreuves écrites se fassent, pour toute !ri France, flans choque chef- lieu de préfecture et de sous-préfecture, sous la surveillance d'un fonctionnaire de l'autorité administrative ou d'un membre délégué des facultés;

2' Considérant qu'il importe d'établir une entière uniformité et une équitable égalité dans l'objet des examens et conséquemment dans la valeur des grades, en faisant ])ortor chacune des épreuves écrites sur un sujet ou sur un texte identique j'artout : ce qui rendrait impossible la différence remarquée à cet égard entre les diverse» lacultés cl sessions,

l.es soussignés demandent :

Qu'il soit donne un même sujet ou texte de composition à tous les candidats d'une même session, et que conséquemment les compositions se fassent les mêmes jours par toute la France;

3° Considérant qu'il importe de donner aux examens ton tes leurs justes garanties d'impartialité, et d'cviter ainsi le soupçon, fondé ou non, d'acceptions de personnes, et pour cela il iinjiorte de moTitrer, par une mesure décisive et générale, que le seul mérite de la composition décide de l'admissibilité des candidats, à l'exclusion de leurs noms, titres et recommandations,

Les soussignés demandent :

Que les noms des candidats, remis sous pli cacheté, ne soient apposés sur les compositions qu'après la correction et le classement de celles-ci, avec les précautions d'usfuje;

4° Considérant que, surtout dans ces conditions meilleures, le succès du candidat à l'épreuve écrite constitue une constatation suffisante et définitive de sa capacité dans ce genre d'épreuve, sans qu'il soit besoin, en cas d'éciiec à l'examen oral, de l'assujettir ultérieurement à de nouvelles compositions en vue de nouveaux examens.

Les soussignés demandent :

Que l'admissibilité une fois obtenue par le candidat lui soit acquise indéfiniment et lui assure le droit de se présenter ensuite à l'examen oral, dans les sessions suivantes, tout en tenant compte, pour son admission, de la valeur des compositions qui ont décidé de l'admissibilité ;

5* Enfin, considérant qu'il importe que désormais les cours scolaires soient le moins possible désorganisés dans les mois d'examen, et que pour cela il soit fait un règlement uniforme de la date des sessions, d'où il résulterait qu'un mois île plus serait donné à l'étude sérieuse : soit la premièie moitié de juillet et la seconde moitié de novembre,

Les soussignés demandent :

Que l'époque des épreuves écrites soit fixée aux premiers jours de. juillet, et que les épreuves orales commencent le iO juillet au ;;/«« tôt et le 1" novembre au plus tard.

l'ersuadés que les précédentes améliorations seraient |)roIit,Tlj!es h

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coefficieuts, etc. Nous ne voudrions réglemenlairement défendre au profit des candidats qu'une seule chose : rinlégrilé de l'année de travail. L'examen nous opin-ime non seulement par ses exigences spéciales, mais par les dates auxquelles il s'impose. Pour l'admission aux grandes écoles du gouvernement, il rompt les classes dès le mois de juin; pour le baccalauréat, le ralentissement, puis la désorganisation commence avec le mois de juillet. Kt voici qu'aux examens des élèves viennent s'ajouter ceux des maîtres : l'époque des épreuves écrites de l'agrégation étant avancée, les professeurs sont éloignés de leur chaire juste au moment où ils auraient à soutenir le dernier effort*. Aucune mesure ne serait plus utile peut-être que celle qui consisterait à ne laisser nulle part les sessions d(! baccalauréat s'ouvrir avant le 15 ou le 20 juillet : du même coup on reporterait au 15 octobre au plus tard la session de novembre, afin de ne pas retarder la constitution des classes*. Telles étaient les dates fixées

tous : aux candidats, pour qui l'admissibilité deviendrait dtjsormais un droit acquis ; — aux familles, qui se verraient déchargucs de frais considérables; — aux maisons d'éducation, qui y gajjneraient un mois d'études; — aux professeurs de facultés, qui, n'ayant plus àsurveiller des compositions si nombreuses, verraient abréger le temps et albV'er la charçe des sessions d'examens ; — enfin au pays lout entier, qui trouverait dans ces réformes des garanties d'impartialité et d'équité,

Les soussignés ont la confiance que M le Ministre de 1 Instruction publique et MM. les membres du Conseil su|)érieiir de l'Instruction publique voudront bien prendre leur requête en coi.sidération,

Et ils les prient d'agrcor l'hommage du plus profond rospect avec lequel ils ont l'Iionncur d'être

Leur." très humblert se7-vileurs, Soivent 'es si;na*ure< de< .icb^renlt, cerliliijcs 1011^1111!$.

1. Par suite de celte innovation, dans l'académie de Paris seule — ot elle est naturelb'ment l'une des mieux pourvues de professeurs munis de grades, — plus de 150 classes se sont trouvées sans direction, à partir du '20 juillet. .Nous espérons que l'innovation ne sera pas maintenue.

2 F.n IS3.S (circulaire du 2i juillet;, M. de Salvandy avait prescrit aux commissions de ne procéder aux examens qu'après la distribution des

par les anciens irglciuiMils, cl réliMulue des locaux dont disposent aujourd'hui les facultés, le nombre des chaires et des conférences qui ont été créées, leur permettraient assurément de resserrer les périodes d'examen : elles seraient les premières à en recueillir le profit'.

5" Tant que, par l'application complète des instructions relalives aux examens de passage, nous ne serons pas arrivé à prendre de sérieuses garanties préalables, il nous paraîtra difficile de simplifier les épreuves, écrites ou orales. Mais c'était une règle bien judicieuse que celle du décret de 1811 repris par M. Y. Duruy, qui prescrivait simplement d'interroger les candidats sur les programmes des deux dernières classes. Aucune idée ne nous semble pédagogiquemeut plus décevante que celle qui consiste à faire représenter dans l'examen toutes les matières de l'enseignement. « L'explication des matières, la spécification détaillée des questions, l'importance égale attachée à toutes les épreuves, amènent les candidats à se préoccuper d'accumuler dans leur souvenir des réponses toutes prèles bien plus que de travailler pour le développement de leurs facultés à se rendre capables d'en trouver eux-mêmes. La tendance des élèves à une sorte de réceptivité toute passive s'en trouve fortifiée et arrive à déjouer souvent les efforts faits pour la combattre; c'est ainsi que, pour préparer à la composition française, on se

prix, afin de laisser aux élèves le bénéfice d'une complète annde de travail.

i. « Chaque année, au mois d'octobre, dit le llapporl du Conseil général des faciilléa [V Université de Paris en 18S5-188C), que nous avons déjà plus d'une lois cité, nous voyons nos étudiants arriver très empressés; ils copient les aniches des cours, s'iiit'orment, cherchent à s'installer; mais leur place est prise par les candidats au baccalauréat, et lours maîtres ne les voient qu'à la hûte, entre deux examens, 1res affaires, très fatigués. Cette session de novembre est nuisible aux études, très nuisible. »

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préoccupe bien moins d'acquérir les qualités nécessaires de pensée, de méthode et de style que de se charger la mémoire de résumés tout faits et de fragments de manuscrits'. » Ilien n'est plus exact. Le candidat succombe sous le fardeau de ces préparations aussi sujjerficielles que laborieuses. Quant au jury, il n'a pas besoin de tant d'éléments d'appréciation, 11 convient seulement de donner au juge le droit de choisir les textes d'explication, sans l'intervention de l'asjurant, et de lui assurer tout le temps nécessaire pour apprécie:'.

6° Eu égard à la surcharge des programmes, nous pensons qu'il y a, quant à présent, moins d'inconvénients que d'avantages à laisser subsister, pour les lettres, le baccalauréat scindé; au fond, ce dédoublement de l'examen se rapproche par quelque côté du mode de contrôle successif que nous croyons le plus sûr.

7" Si les jeunes gens ne peuvent être obligés à se présenter dans la région académique où ils ont fait leurs classes — les principes de la liberté pouvant en paraître atteints *, — rien ne semble s'opposer à ce que, son choix une fois fait, le candidatsoit, sauf exceptions justifiées, contraint de réparer son échec devant la faculté où il l'a subi : c'est le meilleur moyen d'encourager les efforts consciencieux et de tenir en éveil les négligences invétérées: un revers immérité n'est qu'un malheur; un succès de surprise est un scandale^.

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