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des élèves.
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l'examen
de rentrée.
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Sur le nombre des ajournés on peut calculer, d'après les notes, que la
LE BACCALALUEAT. 207
qui se pouriait faire, alors surtout que fout le monde est d'accord pour reconnaître combien il est raisonnable de faire fond sur ce moyen d'action. Les objections ne viennent que de la crainte de voir l'enfant soumis chaque année à un régime d'examen préjudiciable à sa santé. Mais ces objections tombent devant le procédé judicieusement recommandé de tout temps pour l'exécution des règlements'. En réalité, tout élève qui, au
proportion de ceux qui, au mois d'octobre, devront prendre le ])arti foit de redoubler, soit de renoncer, atteindra près de 2000. Cette proportion a été juslidéo par les faits.
t. L'un des meilleurs n'plements qui aient été édictés sur les examens de passage est celui du -22 septembre 1840. 11 est ainsi conçu :
« .article premier. A la fin de l'année scolaire, il sera dressé, dans toutes les classes dos collèges royaux et des collèges communaux de plei i exercice, une liste des élèves de chaque classe ou division de classe par ordre de mérite. Cette liste sera formée d'après les notes etlesplaos obtenues par les élève* dans chaque classe, y compris les compositions de la fin de l'année pour la valeur qui leur est attribuée par les rtglements
« Art. 2. A partir de la sixième inclusivement, les élèves qui ne seront pas compris dans les trois premiers quarts de la liste de mérite précitée ne pourront être admis dans la classe immédiatement supérieure avant d'avoir subi un examen qui constate leur aptitude à suivre utilement ladite classe.
« .\rt. 5. Ces examens d'admissibilité auront lieu pendant la première semaine à dater du jour de la rentrée dos collèges, aux heures ordinaires des classes, en présence de lous les élèves de la classe ou division. Ils seront faits dans chaque classe par le professeur ou agrégé divisionnaire.
« Art. 4. Dans les chefs-lieux académiques, le recteur assistera auxdits examens avec le concours des inspecteurs d'académie, du proviseur et du censeur des études. Dans les collèges royaux autres que ceux des chefs-lieux académiques, un inspecteur sera délégué pour assister aux examens, avec le concours du proviseur et du censeur des éludes.
« Art. 5. Dans les collèges de Paris, les examens auront lieu avec le concours du proviseur, du censeur des études et d'un délégué spécial du Uinistre. Le proviseur et le censeur des éludes se partageront les diverses classes ; le délégué du Ministre s'assurera que les examens se font dans toutes les classes avec la sévérité convenable.
• Arl. 6. Tout élève qui, d'après le résultat de l'examen, ne sera pas jugé capable de suivre utilement le cours pour lequel il s'est présenté sera replacé dans la classe inférieure.
€ .Art. 7. Chaque professeur dressera un procès-verbal de l'examen avec SCS propositio is itioli\écs. Le proviseur joindra ses observations, le délégué du Ministie un rapport s|)écial, et le lecleur prononcera Le résultat définitif de ces diverses opérations sera transmis au Ministre.
« Art. 8. ToutéléTC porté sur la liste prescrite par l'article 1" du pré-
208 ENSEIGNEMENT SUPEUIEUR.
cours de l'année, a pris rang dans lo premier tiers de sa classe, obtient par cela seul droit de passage. L'examen n'est imposé qu'à ceux qui se sont laissés attarder par la paresse ou dont l'inaptitude a formellement arrêté les progrès. Y a-t-il quelque incertitude sur la valeur de l'enfant, provisoirement l'indulgence prévaut. L'examen mal subi j)ar l'élève au mois de juillet devant les professeurs de la classe qu'il va quitter et qui le connaissent le mieux peut être réparé au mois d'octobre devant les professeurs de la classe où il va entrer. Tout ce travail intérieur est suivi par le clief de l'établissement, préoccuj)é de concilier les conditions d'un bon régime d'études avec le crédit de bienveillance qu'il est toujours juste de faire h la jeunesse. Le procédé est donc aussi simple que sincère. Du jour où il serait appliqué avec une jirudente énergie, les critiques dont le baccalauréat est l'objet perdraient beaucoup de leur importance*. « Les examens de passage, disait en d872 M. Jules Simon, ont à nos yeux une importance capitale. En effet, j)our qu'une classe soit bien
sent règlement, et qui, pour motifs létiitimes, aurait obtenu l'autorisation de ne rentrer au collège qu'apiès l'ouverture des cours, devra satisfaire à l'épreuve ci-dessus prescrite. Tout élève venant du doliors, qui, soit au commencement, soit dans le cours de l'année scolaire, se présenterait pour être reçu dans une classe, devra, indépendainuienl des certificats exigés par l'article 76 du statut du l seplemlire 1S2I, subir un examen spécial d'admission. Dans l'un et l'autre cas, l'e.\ameii aura lieu devant le professeur ou agrégé, avec le concours du proviseur et du censeur des éludes.
• Art. 9. Le présent arrêté sera applicable dans tous les collèges royaux et dans les collèges communaux do plein exercice, à partir de la prochaine rentrée des classes. »
1. Circulaire du 27 septembre 1877. —Cf. les circulaires des 26 juillet 1811, 23 septembre 1847, 21 juin 1851, 22 mai 1852, 29 juin 1853, 27 septembre 1S72, 28 septembre 18S0. « Trop souvent, dit cette dernière circulaire, les familles, considéi'ant conmie une sorte de déchéance les refus d'admission dans le cours supérieur, assiègent l'administration de leurs doléances pour que ce chagrin leur soit épargné. Elles oublient trop, ce semble, qu'elle* courent au-devant d'un mal beaucoup plus grand et plus réel, dont les consé(|uences, pour être lentes à se manifester, n'en seront pas moins désastreuses. »
LE BACCALAUREAT. 'iCO
f lile, il faut que tous les élèves présents soient en état (le la suivre. Les enfants qui remplissent les derniers bancs, et qui. faute de préparation antérieure, ne comprennent plus ce qui se dit devant eux, détournent l'attention de leurs camarades, découragent le professeur et le réduisent trop souvent aux conditions d'un surveillant. Mais ce qui est encore plus grave, c'est de ne pas avertir les familles de l'incapacité de leurs enfants. Prévenu à temps, un père renoncerait à pousser son (ils jusqu'au baccalauréat; il le mettrait dans l'industrie, dans le commerce, et ne s'épuiserait pas en sacrifices inutiles pour entretenir un écolier paresseux et préparer à la société le pire des parasites, un ignorant présomptueux. Ce sont ces neuf ans de tolérance coupa])le qui rendent le discernement des candidats difficile à faire et la justice pénible à exercer, n
Le besoin (l'une autre forme (V éducation secondaire. — Toutefois le mal est plus profond. L'institution du baccalauréat, consacrée par les privilèges que les règlements et l'usage ont attribués au diplôme, a eu pour offel de ramener les études secondaires à un type unique. Cette unité est-elle compatibl»? avec notre état social ? Il y a déjà plusieurs années que nous avons posé le problème*. L'enquête le soulève à son tour. Il n'en est point dont la s(dution soit plus pressante.
1 Voir, lotnes M el 111, l'Enseignement secondaire spécial et la Qucs^ lion ries profjrammes.
tNj. sur. Il
Le type unif'onne de l'enseignement clasAÛjne. — Certains esprits, fidèles à des traditions de l'ordi-e le plus élevé, se persuadent volontiers aujourd'hui encore que les études fondées sur la connaissance des langues anciennes constituent seules l'éducation à laquelle doit aspirer quiconque prétend au delà de l'instruction primaire. On considère que, même chez: ceux qui n'ont fait que les traverser, ces études laissent un fonds de culture que rien ne remplace : les plus médiocres se reconnaissent à je ne sais quoi sentiment tout à la fois plus vif et plus juste des choses humaines; ils ont profilé, presque sans le vouloir, comme on profite inconsciemment de l'air saluhnr que l'on respin;. Nous ne contestons point ce que^ d'une manière générale l'observation a d'exact. Sans doute — tous ceux qui ont professé en ont fait l'expérience, — il est dans nos lycées un certain nombrid'élèves qui, sans marquer aux premiers rangs, se forment en quelque sorte dans l'ombre de la classe, tant par l'exemple de leurs camarades que sous la pal'ole du maître, et recueillent sans éclat les germes d'vm enseignement qui fructifie plus tard dans leuiesprit mûri parla pi-atique sérieuse de la vie. Mais combien d'autres, faute; d'avoir ti'ouvé l'aliineut qui convenait à leur intelligence, s'isolent du mouvement génélal et ne remportent de ces études mal appropriéeque des habitudes d'indifférence et d'inertie, l'impatience de tout travail, le dégoût, plus redoutable encore peut-être que l'ignorance pour le développemenl de l'activité de l'enfant !
Peut-on oublier d'ailleurs la nécessité de Hiire une ]ilace, à côté de la culture littéraire, aux nouveaux éléments d'instruction que comjtorte le progrès incessant des sciences dans les sociétés modei'nes? 11 y a
moins do quaranlc ans encore, lo programme dosétiifles secondaires avait presque la simplicité de la tragédie anti(jue. Quelle complexité anjoiird'liui dans ces enseignements qui se pénétrent, se croisent, s'enchevêtrent! Alors que la division du travail est devenue la loi universelle, convient-il de n'admettre dans l'éducation nationale qu'une forme à laquelle soient assujetties ioutes les intelligences, quelle que soit la différence des destinations qui les attendent et des intérêts qui les sollicitent? Cet enseignement propre à tout et à tous sert-il les besoins du pays? Remplit-il les vœux des familles? Profite-t-il même aux études classiques qu'il s'agit de sauver?
L'éducation secoudaire à deti.v degrés. — Le sentiment qui ressort des témoignages de l'enquête, c'est qu'il est impossible d'embrasser dans une même direction des vocations absolument divergentes; sentiment si précis, qu'il se traduit en un vœu d'une nouveauté hardie : la constitution d'une éducation secondaire à deux degrés ; le premier degré répondant aux nécessités communes de l'éducation dite libérale, le second ouvrant la voie dans l'enseignement supérieur à tous les compléments d'études spéciales.
Mais est-il possible de se dissimuler que la création d'un baccalauréat élémentaire aurait tout d'abord pour résultat l'abaissement du niveau général, aloi's (jue l'objet même de celte création serait de mettre le premiei diplôme à la portée du plus grand nombre? 11 est tant d'ambitions qui s'en trouveraient satisfaites! Ce sérail, à bref délai, le découronnement de l'enseignement secondaire, qui, si l'examen, comme on le propose, était placé à la fin de la seconde, n'aurait plus de
rhétorique ni do pliilosophie, ces deux classes maîtresses, moins encore peut-être à cause des études qu'elles représentent qu'en raison de la maturité relative avec laquelle on les aborde et qui en assure le profit. — Si du moins la mesure devait tourner à l'avantage de ceux qui i)ousseraient au delà du terme commun! Mais comment espérer sérieusement faire marcher de front avec cette élite la masse de ceux qui seraient résolus par avance à ne pas fournir toute la carrière'? C'est cette niasse paresseuse et lourde, sans fond ni foi, qui comme toujours ferait la loi. Et sur une base ainsi affaiblie que pourrait édifier l'enseignement supérieur? Pour ne parler que des facultés des lettres, après avoir très utilement transformé une partie de leurs cours en conférences, elles devraient donc convertir leurs conférences en classes avec correction de devoirs écrits et retour aux premiers principes ! Ne sait-on pas ce que dès aujourd'hui elles ont à faire pour combler les lacunes de l'instruction élémentaire de leurs boursiers ? Dépression des études secondaires, au grand détriment de la culture intellectuelle moyenne du pays, et déviation de l'enseignement supérieur, au détriment non moins grand de la culture la plus élevée, tels sont les deux termes auxquels aboutirait fatalement l'organisation d'un baccalauréat à deux degrés. L'exemple de la Belgique, sous ce rapport, n'est-il pas le plus décisif des avertissements^? .N'enlevons rien à l'enseignement secondaire, si nous vouions, d'une part qu'il offre à l'enseignement supérieur un support
1. « AiijourJ'luii, dès la quatrième, les élèves refusent d'éludierlo grec, sous prO texte qu'Us ne doivent pas poursuivre leurs études littéraires. » (/-.'«fyxp/e, collège de Compiègne, p. 75U.)
2. M. Brcal, Excursions pédagogiques, p. 180, ISi. — « Les rtieillcurs esprits ne sont-ils pas A('']\ j)resque résignés à lésci ver le grec pour l'uxaincn de licence? » (f/zi^iic/e, faculté des letlics de l'ans, p. 007.) — L'ii
résistant, d'autre part qu'il demeure le régulateur autorisé de l'esprit public et continue à former pour la société des cadres solides.
On suppose, il est vrai, que cet enseignement de second degré pourrait être créé dans des conditions telles, que les facultés n'en reçussent aucun affaiblissement, bien plus, que les éludes du lycée en fussent fortifiées. 11 s'agirait simplement d'organiser des cours supérieurs de lettres sur le plan des cours de mathématiques spéciales, qui, à l'origine, portaient, eux aussi, le nom de mathématiques supérieures. Mais oublie-t-on les conditions dans lesquelles se recrulent ces cours de mathématiques? Un certain nombre des élèves qui les peuplent sont des jeunes
mouvement en ce sens s'est produit l'an dernier en Hollande. « Vers la liu de l'année 1880, écrit M. Diock. profe-seiir d'histoire à Groningue, un certain nombre de pères de famille de La Haye présentèrent au conseil municipal une adresse tendant à faire disparaître le grec du programme de l'enseignement secondaire. Un peu plus tard les professeurs de l'Université entrèrent dans la lice : quelques professeurs de droit demandèrent que le grec fut déclaré facultatif pour les élèves des gymnases qui
voudraient suivre le chemin des éludes juridiques Et les jirofesseurs
des sciences ne restèrent pas en arriére.... Ils furent d'avis que le grec fiil décliiré facultatif pour les élèves des gymnases qui voudraient suivre le chemin des sciences, et que le latin subit pour ces mêmes élèves une restriction sensible. C'était vers l'époque oîi les chambres des États-Génélaux ouvrirent la discussion générale sur le budget des alCiires intérieures, dont l'enseignement forme une partie considérable.... A son tour h presse se mêla de 1 affaire.... Des brochures sur la question du grec iiioiid.'rent le marché.... Lnlin la discussion devant les Chambres s'ouvrit. Le .Ministre de l'Intérieur, assisté de quelques membres de la Chambre des lleprésentants, se prononça pour le grec... Courage, champions de l'enseignement classique!... La discussion devant la Cliambre des iieprésenlaiits vous a montré que le danger pour le grec n'était pas encore imminent. Dcjà la tempête s'est calmée, mais ne vous reposez pas sur vos lauriers. .\niLliorez es qui peut être amélioré, mais songez que vous avez un puissant adversaire dans ce siècle : le Satan de l'utilité immédiate, qui veut voir le résultat du moment, en oubliant les lésultals des temps à venir, qui veut sacrilier l'idéal à la jiratique. » {Revue internationale de l'eiiseif/nemc7it, la mai 1887.) — Voir aux Annexes, n* XIU, le Discours que nous avons prononcé à la réunion de l'Association pour l'encouragement des études grecques en France, et n» XIV, lue Visite à l'UniversiLé d'Ldinibourg.
gens qui, cliangoaiit (li> voie à parlir de la quatiième ou de la troisième, ont passé par toute la série des classes de nialliéinaliques depuis les préparatoires; les autres, poussant jusqu'à la seconde, t)nt débuté par une division inférieure d'élémentaires; les meilleurs attendent qu'ils aient terminé leurs études littéraires et pris le baccalauréat es lettres ; parjni ceux-là même il n'en est guère (jui ne fossent une ou deux années d'élémentaires, et il n'en est point qui ne redoublent les spéciales : en un mot, c'est toute une éducation. Imagine-t-on qu'il puisse en être autrement pour les lettres? Oui peut-être, s'il ne s'agit (jue d'appliquer une sorte de vernis sur un fond sans solidité. Mais, la tâche étant sérieuse — qu'elle soit accomplie à la faculté ou au lycée, — il faudra bien, dans ces cours de second degré, reprendre à nouveau les éléments plus ou moins bien établis dans le premier. Il suffit de voir ce qui se passe pour les candidats à l'École Normale et aux bourses de licence. Sauf les exceptions qui sont le fait d'une élite restreinte, n'ont-ils pas à subir une double, parfois une triple vétérance de rhétorique? Kt, parmi ceux dont le succès couronne les efforts, combien en est-il qui arrivent surmenés, n'ayant plus ni fraîcheur d'esprit ni force, faute d'avoir élé préservés de la fatigue des fausses manœuvres par une direction prise de loin, ferme et sûre ! Gardons-nous de cette espèce d'enseignement à rallonges, pour me permettre ce terme familier. La superposition des cours peut être, dans certains cas, un moyen nécessaire ou un expédient utile; elle ne saurait servir de règle. L'étoffe dont se fait un bon esprit ne se compose pas de pièces lapportces et ajustées avec plus ou moins de bonheur; c'est une trame tissée dès les premiers linéaments suivant un plan réguliei', et où tout se coordonne, s'enchaine, se tient.
La tiécesxile de séparer pour fortifier. — Au lieu <le s'ingénier à tronquer les éludes pour tenir rappro- <'liés des éléments que tout sépare, pourquoi ne pas <-liercher plutôt à distinguer franchement, résolument, <:e qui est devenu distinct par la force des choses, et fortifier, par la séparation même, ce qu'une union fac Jice ne peut qu'affaiblir'.'
(-e sentiment s'impose de plus en plus à l'opinion ■éclairée'. « C'est le rêve de toute administration, de l'administration universitaire comme des autres, de vouloir partout établir les mêmes règles, écrivait ré cemment, dans une étude justement remarquée, un puhliciste d'une compétence incontestée et d'un sens droit*. Les esprits sont différents, les caractères différents, les aptitudes différentes, n'importe! On veut tout plier aux mêmes lois, faire peser sur tous les mômes exigences. Ne faudrait-il pas, tout au contraire, en matière d'éducation surtout, se rapprocher davantage de la nature qui est si libre, si riche et si variée? Plus nous aurons de types divei's de l'enseignement, plus nous aurons de chance que tout jeune homme rencontre ici ou là la direction qui lui est propice; les intelligences seront moins coulées les unes et les autres dans le même moule et l'activité du pays tout entier y aura gagné. Ilélas! s'il sort de nos lycées tant de véritables ^ivortés, ce n'est pas à eux seuls qu'en appartient la laute! » Et il concluait à la constitution d'un enseignement secondaire français, distinct de l'enseignement dit
1. Voir la brochure la Crise de l'enseitinemcnt secondaire, par M. Cli Lcbaigiie, membie du Conseil supcricur de l'Instruclion publique.
2. M. Charles Bigot, /«.■* Programmes de l'enseignement secondaire. Celle élude a élé insérée dans la Hevne politique et littéraire des 13 et 20 décembre 188i, 5 el 10 janvior 1883. Elle fail aujourd'hui parlie du •volume inlilulé Questions d'enseignement secondaire.
classique, classique aussi ceponriant à sa façon, — car il embrasserait, avec les sciences, la langue et la littérature françaises, les langues vivantes, l'histoire et la philosophie, — mais absolument indépendant du grec et du latin, réservés dès lors à ceux qui rechercheraient une culture d'un ordi-e plus raffiné et plus délicat : « Quand nous aurons un enseignement secondaire français ainsi organisé, ajoutait-il, il n'y aura plus de raison de refuser à ses disciples et le baccalauréat et les avantages que confère le diplôme de baclielier, » — « La véi'itable réforme des études secondaires, la réforme la plus urgente, disait de son côté, avec une égale passion des fortes études et du bien public, M. Th. Reinach', est de fermer l'accès des classes supél'ieures à un grand nombre de jeunes gens qui ne font que les encombrer. » Kt il demandait qu'on leur ouvrît les portes de l'enseignement secondaire spécial régularisé et fortifié. Enseignement secondaire français ou enseignement secondaire spécial, au fond, somble-t-il, la différence n'est pas grande, sauf en ceci, que l'un existe et n'a besoin que d'être encouragé, tandis que l'autre sérail à constituer de toutes pièces. L'enseignement spécial n'a-t-il pas même pendant longtemps porté le nom d'enseignement français? Mais, quelles que soient les diversités d'appellation — diversités qui ne résisteraient pas à l'interprétation saine et libérale des règlements actuels de l'enseignement spécial, — l'objet comnmn de ces protestations qu'appuient tant d'autres témoignages, c'est qu'on ne saurait csjH'.rer de maintenir dans le même lit deux courants qui tendent chaque jour à s'écarter davantage.
1 Leliro au journ.il le Tniipit, 8 oclobrelST'J. Cf. dans le même journal un ailii;le du VJ sc)iteinbic ISTt) el une leUre anonyme insérée dans le nunniro du 10 octobre di.- la mùinc aunce.
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A ne prendre la question que par le côté où elle louche aux examens de passage, qui sont unaninienieut considérés comme la force la plus sûre dont nous disposions pour la régénération du baccalauréat, quelle sera la sanction raisonnable de ces jugements, si les moyens nous manquent de remettre dans leur chemin ceux qui se fourvoient? Les éliminations les plus justifiées ne vont iamais sans quelque peine pour ceux qui les imposent aussi bien que pour ceux qui les subissent. Si l'on veut qu'elles tournent au profit des enfants ((u'elles frappent, ne faut-il pas qu'on puisse leur dire : il y a d'autres études secondaires qui se proposent, elles aussi, dans une large mesure, l'éducation générale de l'esprit, que la société honore et auxquelles elle assure les avantages compatibles avec les garanties qu'elles fournissent''/
C'est l'incomparable, supériorité qu'offre l'organisation de l'enseignement public dans la plupart des pays qui nous environnent ; et (u-t avantage, nous en sommes encore à nous le disjmler à nous-mêmes, alors que les autres en recueillent déjà si manifestement le profit.
Les obstacles opposés au développement de l'ensei- (jnement secondaire spécial. — Chose singulière : une révolution s'est accomplie, il y a cent ans, dans l'état social des peuples civilisés; et, comme il était naturel, nulle part celte révolution n'a marqué plus prolondé-
1. C'est sur ce point qu'insistait judicieusement M. Chevandier de Valdrome dans lesdùclaialions qu'il avait portées à la Chambre des Députés (séance du 2 décembre 1882/. Voir plus haut, p. 182, note 1. — « Quant au moyen de défendre l'eiamen contre tout abaissement de niveau qui tiendrait à la faiblesse de la majorité des candidats, et d'éviter lencombremeiU des classes par des élèves insuFlisants, tout en parant aux conséquences d'examens de passage rigoureux et ofliciellcment constitués, ce n'est pas, il me semble, dans un simple remaniement des baccalaurénts, mais dans une réorganisation de notre système d'ens°ignement qu'il faudrait le chercher. » (Enqitéle, recteur do Grenohle, p. 387, 388.)
ment sa traro que dans le pays d'où le mouvement était parti. Tout s'est transformé dans nos sentinienlç, nos intérêts, nos lois, nos mœurs; l'instruction a cessé d'être un privilège, la propriété un droit de naissance. A une société reposée et enfermée dans les limites que lui avait assignées la nature, ne connaissant et ne pratiquant guère avec les nations voisines d'autre échange que celui des idées, a succédé une société afiairée, expansive, sollicitée de toutes parts par les intérêts du commerce et de l'industrie, mise en demeure, non plus seulement de soutenir l'éclat de sa grandeur héréditaire par la propagande de la production littéraire ou des découvertes scientifiques dont elle n'a pas cessé d'être le foyer, mais de lutter sur tous les marchés du monde pour le développement de sa richesse matérielle, pour la vie. Sur une popuLition de 15 millions d'hommes engagés dans les hranches diverses de l'activité nationale, plus de 14 millions sont voués aux professions industrielles et commerciales, tandis que les professions libérales en retiennent à peine 800 000. Par un effet naturel du progrès de la démocratie, ce sont les représentants de ces professions industrielles et commerciales qui sont appelés, chaque jour davantage, à siéger dans les conseils élus, à régler les intérêts généraux, à décider de la fortune et de l'honneur de la France. En présence de cette transformation, il n'est pas un ministre de l'instruction publique, depuis quatre-vingts ans, pas un homme d'État qui n'ait travaillé à établir la nécessité d'élargir les cadres de l'enseignement secondaire, en respectant, en dévelop- ]iant même les études classiques, mais en créant à côté d'elles une forme d'éducation nouvelle pour des besoins nouveaux*. Un enseignement s'est créé, en effet,
1. CcUe iilôe est noltement di'-finie dans tous les documcnls relatifs à la création de l'enseijjnement spécial « Sur la base Cdiiiniime de
dans l'esprit que riicliolioii jivail, il y a deux siècles, préconisé el comme prophétisé, d'après les régies étudiées de notre temps par Henouard, (îuizot, Cousin, Villemain, Saint-Marc Girardin, et codifiées par M. V. Duruy. Mais tout a manqué à sa naissance : le nom, qui lait souvent la fortune des choses; les ressources, sans lesquelles les meilleures institutions sont condamnées au discrédit; la confiance de ceux qui devaient contribuer à le fonder. Malgré les difficultés qu'il rencontrait pour vivre, il a réussi d'abord à ne pas mourir. Bientôt il s'est fait reconnaître. Puis, par la clientèle nombreuse qu'il a réunie, il s'est imposé. In jour vint où des programmes lui furent donnés, programmes étendus outre mesure, comme il arrive dans les jours d'entraînement'. Tandis que pour les éludes classiques on maintenait le baccalauréat es sciences distinct du baccalauréat es lettres, on réunissait pour le baccalauréat de l'enseignement spécial les
rcn^eigncmont secomlairc, disait M. Diiruy, s'clèveront parallôlement les de'U enseignciiieuls socdiidairps. » — « L'eiiseigneiTieiU s-ccomlaire spécial, écrivait M. Chanchat, rappoiicur du projet de la loi de 186d au <;orps législatif, n'est pas en oppc-ition avec l'ensoignonieiil classique; il a sa place et sa place nécessaire à cùlo de cet enseigncnienl. » — « Le nouvel enseignement, répétait à son tour H. le conseiller d'État Langlois ilans son expose des motifs, constitue une variété, une division de l'ordre d'instruction que la loi a désignée sous le nom d'instruction secondaire. — Son nom même, dans la pensée de ceux qui on avaient ctridié de plus pi'ôs les caractères nécessaires, aciievait de lui assurer ce rang. » « La commission, nous citons ici encore le texte même du rapport de M. Chauciiat, la commission croyait avoir trouvé la déaominaliou vraie qui distinguerait l'enseignement nouveau de l'enseignement classique. Dans l'enseignement classique, ce sont les langues mortes qui servent d'instrument principal pour l'éducation et l'instruction. Dans le nouvel enseignement secondaire, on n'apprendra plus ni le grec ni le latin ; c'est l'étude approfondie de la langue fiaiiç.iise qui sera l'instrument principal de culture. La majorité de la commission avait lionc préfère à toute autie la diinoiuinnlion li'cnxcignemi'nt secniiflniv français. Vais l'amendement jirésentc à ce sénat a été rejeté par le conseil d'État. .