LE GEAI PARÉ DES PLUMES DU PAON
Un paon muait : un geai prit son plumage,
Puis après se l’accommoda ;
Puis parmi d'autres paons tout fier se panada , Croyant être un beau personnage.
5 Quelqu’un le reconnut : il se vit bafoué ,
Berné , sifflé , moqué , joué ;
Et par messieurs les paons plumé d’étrange sorte ;
Môme vers ses pareils s'étant réfugié ,
Il fut par eux mis à la porte.
10 11 est assez de geais à deux pieds comme lui,
Qui se parent souvent des dépouilles d’autrui ,
Et que l’on nomme plagiaires.
Je m’en lais , et ne veux leur causer nul ennui :
Ce ne sont pas là mes affaires.
La Fontaine.
I Muait. Changeait de plumes. Au tcuipj de la mur, les wtl» changent leur bois , les serpent* leur peau , les quadru|»èdes leur poil.
3 Se pnnada, ou »e pavana.
>0 Geais à deux pieds, comme qui dirait des hommes.
I* Plagiaires, ceux qui s'approprient ce qu'ils ont pille dans le» ouvrages des autres. An lieu d'appeler ccs boiumes des voleurs, on est convenu de dire qu'ils ont comtois un plagiat , que ce sont de* plagiaires.
U Je m'en tais, je me tais sur leur compte.