‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 301 sur 549 · PAR LES HOLLANDAIS, SOUS LOUIS XIV · texte numérisé non relu

PAR LES HOLLANDAIS, SOUS LOUIS XIV

Madame de Longueville fait fendre le cœur , à ce qu’on dit ; je ne l’ai point vue; mais voici ce que je sais : Mademoiselle de Vertus était retournée depuis deux jours à Port-Royal , où elle est presque toujours. On est allé la quérir avec M. Arnauld pour dire cette terrible nouvelle. Mademoiselle de Vertus n’avait qu’à se montrer. Ce retour si précipité marquait bien quelque chose de funeste. En effet dès qu’elle parut : Ah! mademoiselle, comment se porte monsieur mon frère? sa pensée n’o&a aller plus loin: — Madame, il se porte bien de sa blessure. — Et mon fils?On ne lui répondit rien. — Ah! mademoiselle, mon (ils, mon cher enfant, répondez-moi, est-il mort sur-le-champ? n’a-t-il pas eu un seul moment? Ah! mon Dieu, quel sacrifice! Et làdessus elle tombe sur son lit; tout ce que la plus vive douleur peut faire et par des convulsions, et par des évanouissements, et par un silence mortel, et par des cris étouffés , e* par des larmes amères, et par des élans vers le ciel, et par des plaintes tendres et pitoyables , elle a tout éprouvé. Elle voit certaiues gens; elle prend des bouillons, parce que Dieu le veut. Elle n’a aucun repos; sa santé est déjà très-mauvaise et visiblement altérée ; pour moi, je lui souhaite la mort, ne comprenant pas qu’elle puisse vivre après une telle perte.

MME de Skvigné.

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