DÉSOBÉISSANCE ET VICTOIRE DE SAUL
Saül régna paisiblement pendant deux ans; mais son fils Jonathas ayant attaqué les Philistins, ils assemblèrent une armée innombrable contre les Israélites. Le plus grand nombre, effrayé, se cacha, et les autres s’assemblèrent auprès de Saül. Or Samuel avait dit à Saül : « Vous m’attendrez » pour sacrifier au Seigneur. » Saül attendit sept jours ; mais, voyant que Samuel ne venait point, que les soldats désertaient, il offrit seul le sacrifice. A peine fut-il achevé, que Samuel arriva, qui dit à Saül : •> Si vous » eussiez obéi à ce que le Seigneur vous a » commandé par ma bouche, la couronne «serait restée dans votre famille; mais, « parce que vous avez désobéi, le Seigneur
HISTOIRE SAINTE
» vous rejette, et a choisi uu autre roi qui
» sera selon son cœur. » Cette parole affligea Saiil , qui se prépara pourtant à combattre les Philistins.
Les Philistins avaient leur camp proche de celui des Israélites, et.lonathas, plein de confiance en Dieu, auquel il demanda du secours, entra dans leur camp, suivi d’un seul homme : il tua vingt Philistins, et Dieu les frappa d'une telle crainte, qu’ils s’entretuaient, ou jetaient leurs armes pour fuir plus vite. Saiil les poursuivit, et dit : * Mau- ■i dit soit celui qui mangera avant que j’aie » fini de vaincre mes ennemis ! » Le peuple était fort fatigué et avait une grande faim ; mais, quoiqu’il passât dans un bois où il y avait beaucoup de miel, personne n’osa y toucher. Jonathas, qui ne savait pas les paroles que son père avait dites, se trouva mal de besoin de manger, et prit un rayon de miel au bout de sa baguette : ce petit secours le fortifia. Quelqu’un lui ayant dit le serment que son père avait fait, il le blâma. Cependant , après la victoire, Saiil consulta Dieu pour savoir s’il devait encore combattre les Philistins; mais le Seigneur ne lui répondant point, il connut par laque quelqu’un avait manqué au serment qu’il avait fait. 11 tira au sort pour connaître le coupable, et le sort tomba sur Jonathas. Saiil voulait le faire mourir; mais le peuple s’y opposa, et força le roi de lui accorder sa grâce.