‹ Éducation moderne et entraînement professionel [microforme]Chapitre 12 sur 29 · S6 EDUCATION MODERNE · texte numérisé non relu

S6 EDUCATION MODERNE

ceux qui se préparent à offrir leurs services à ia société dans l’exercice d’une profession libérale.

Et, voilà qu’avec les écoles techniques, partout à l’ordre du jour, nous verrons, avant bien longtemps, la plupart des métiers mécaniques eux-mêmes, pratiqués exclusivement par des hommes méthodiquement entraînés dans des écoles professionnelles spéciales.

Notre province peut se glorifier d’avoir marché de pair avec les pays les plus progressifs du monde, en ce qui concerne la préparation aux professions libérales.

Nos universités se sont tenues presque à la hauteur des institutions similaires des nations les mieux favorisées, surtout en ce qui regarde l’étude de la médecine et du droit.

Nous n’avons pas, non plus, à rougir des ingénieurs que notre Ecole polytechnique, chaque année, fournit à l'exploitation de nos richesses minières et au développement de nos industries.

En éducation, le progrès a été moins rapide. Cependant, depuis quelques années, il existe, dans notre province, un mouvement excellent pour la création de plus nombreuses écoles normales.

Espérons que bientôt, nous les verrons étendre encore davantage le bienfait de leur action formatrice ; qu’elles seront plus fortement et plus uniformément organisées ; qu’elles recevront une direction et une inspection régulière ; qu’elles deviendront le plus tôt possible, des écoles purement professionnelles, e: « elles ne recevront que des élèves possédant déjà une instruction scientifique suffisante.

À ces réformes, il faudra encore ajouter des me-

sures énergiques pour que, avant longtemps, nul ne puisse exercer légalement la profession d’instituteur public, sans avoir subi l’entraînement de l’une de ces écoles professionnelles de pédagogie.

S’ii y a une science de l’éducation, il faut exiser de ceux qui exercent parmi nous la profession d’instituteur, une suffisante connaissance des principes dr cette science, et de la pratique rationnelle de leur profession.

Puisque nous sommes à signaler quelques-uns des traits caractéristiques de la civilisation moderne, nous ne manquerons pas de mentionner celui qui, depuis quelques années surtout, s’accentue d’une manière frappante, parmi les nations.

Je veux parler de la tendance qu’ont tous les peuples modernes d’observer ce qui se passe chez leurs voisins pour adopter, presque simultanément, les mêmes lois, les mêmes coutumes, les mêmes bienfaisantes institutions.

La campagne contre l’intempérance, l’usage de l’opium, l’abus du tabac chez les enfants, a fait le tour du monde civilisé, comme portée sur les ailes de l’électricité.

Faïisons-nous une loi sage contre les grèves et le chômage des ouvriers, aussitôt tous les autres pays adoptent.

L’Angleterre songe-t-elle à créer des pensions de retraite pour ses vieillards, l’idée n’en est pas encore complètement réalisée que, déjà, les autres nations

he D += ren 000 ge ne te À te ste à = on tr ve

“4 { Î î là Ê ; H ; :

“e mettent à l’œuvre pour établir, chez elles, une institution si conforme aux principes les plus féconds de la charité chrétienne.

On peut dire qu’il y a, aujourd’hui, dans le monde des gouvernants, une grande émulation pour améliorer les conditions de l'existence.

C’est à qui fera le mieux bénéficier son pays des réformes les plus propres à faire marcher les nations vers un idéal plus élevé.

C’est surtout dans le domaine de l'éducation que tous les peuples civilisés se sont empressés, en ces dernières années, de se copier les uns les autres, chacun s’efforçant d’adopter les meilleurs procédés ct de créer les institutions les plus propres à élever, dans les écoles populaires, le niveau de l'instruction et de l’éducation.

Ecoles normales, écoles maternelles, écoles complémentaires, écoles techniques, écoles de hautes études commerciales, etc., toutes ces institutions ont été successivement adoptées dans presque tous les pays civilisés, depuis une vingtaine d’années surto t.

Ontario a transformé, durant ces dix dernières années, tout le système de ses écoles normales.

Les auteurs suivis pour l’enseignement des priucipes pédagogiques, ont été changés pour d'autres plus récents et d'inspiration plutôt allemande.

Des cours nouveaux de travail manuel, d’agriculture, de travail ménager, ete., ont été ajoutés aux programmes des écoles primaires ; tandis que l’on s’est efforcé, par des cours de vacances et des conférences multipliées, de mettre les anciens instituteurs au courant des nouvelles méthodes et des procédés les plus récemment mis en usage.

Nous ne pouvons nier que notre province n’a pas participé, aussi complètement qu’il eût été désirable, au mouvement général qui a poussé presque tous les pays civilisés à améliorer grandement, en ces deinières années, la qualification et les connaissances professionnelles des instituteurs publics.

Léon XIII, dans son encyclique “ Affari vos ”, avait déjà signalé cette lacune de notre système scolaire, en disant :

“ Il est un autre point qui appelle encore vos com- ‘“munes sollicitudes. C’est que, par votre autorité, ‘et avec le concours de ceux qui dirigent les établis- “seme.ts d'éducation, on élabore, avec soin et sa- ‘“gesse, tout le programme des études, et que l’on ‘“ prenne SURTOUT GARDE de n’admettre aux fonc- “tions de l’enseignement que des hommes ABONDAM- “MENT POURVUS de toutes les qualités qu’elles com- “ portent, naturelles et ACQUISES .

Mais, comme nous le disions il v a un instant, le temps est venu où, à l’instar des autres nations, tout le travail d'amélioration de notre système scolaire va se porter sur ce point important de la formation professionnelle des instituteurs.

Comme le dernier Rapport de l'honorable Surintendant de l’Instruction publique nous le fait pressentir, c’est désormais sur ce point fondamental que devront se concentrer les efforts de tous ceux qui ont pour devoir de s'intéresser au progrès de nos écoles populaires.

La fondation récente d'une chaire de pédagogie à l’Université Laval de Montréal est, à ce point de vue, un pas dans la bonne voie.

Page 1