‹ Éducation moderne et entraînement professionel [microforme]Chapitre 14 sur 29 · DE EDUCATION MODERNE · texte numérisé non relu

DE EDUCATION MODERNE

être libre et immortel, voguant, dans une existence sans fin, À travers les espaces indéfinis du temps.

Vouloir que cet être, un en personnalité, se divise pour faire abstraction d’une portion de lui-même, durant une période quelconque de son existence, c'est, nous le répétons, une absurdité,

Voilà pourquoi nul ne peut séparer en lui l'homme publie et l’homme privé ; l’homme publie qui pourrait poser en être areligieux, et l’homme privé, qui doit être, en tout temps, un chrétien respectueux de ses devoirs envers la Divinité.

A voir les commotions produites parmi les peuples, chaque fois que l’évolution naturelle des institution: caduques qui nous régissent, entraîne les sociétés humaines dans un mouvement progressif, on est porté à croire que le monde retourne en arrière et tend vers le chaos.

Cependant, pour quiconque a compris les lecons de l’histoire, il est clair que la main d'un Etre suprême et tout-puissant dirige, à travers les siècles, avec ‘orce et douceur, les créatures tant matérielies que libres, vers un idéal de perfectionnement toujcirs de plus en plus accentué.

Le caractère le plus frappant du ement providentiel des créatures raisonnable liberté avec laquelle Dieu veut conduire les êtres telligents qu'il a tiré du néant. Nulle part n’éclati ‘avantage le souci du respect de la liberté individuel ue dans

la constitution sociale donnée par Dien à 26 eupl

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telle que nous la trouvons décrite dans lu Bible ; tandis que l’histoire ne cesse de nous montrer les nations qui avaient prospéré sous un régime de liberté, tombant rapideme;:t dans une ruine irréparable, -orsqu’elles se sont senties étreintes par l'hydre de la tyrannie et du despotisme.

On peut dire que c’est à Ja liberté que les nations ont dû leur naissance et leur accroissement ; mais lorsque, dans la suite des tem, ces nations, étant parvenues à la plénitude de l’âge, ont senti le despotisme étoutfer dans leur sein la bienfaisante liberté, Dieu a brisé un instrument faussé par un trop long usage ; il a démol: un édifice devenu dangereux pour ceux qu’il abrite.

N'est-ce pas là l'histoire de Rome, de Carthage et d’Athènes ? L”’ empire romain n'a-t-il pas joui d’une très grande prospérité jusqu’au jour où il fut écrasé par P absolutisme de ses ignobles empereurs ?

Pour reconstruire à nouveau l'édifice ébranlé des sociétés vieillies et décrépites, Dieu commence par nettoyer la place et déblayer le terrain.

Ponx cette œuvre de démolition comme pour celle de l'édification, la Providence agit par le moyen de ses créatures.

Veut-elle bâtir sur les ruines de l'absolutisme de lemrire romain, la féconde liberté du Moyen Age, les :.bres peuplades du Nord seront ses instruments de choix.

Quatre siècles ont été nécessaires à ce travail de démolition, de déblaiement et de reconstruction, avant que l’on ait pu voir briller à tous les yeux les libres institutions des communes du Moyen Age,

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pour montrer au monde qi nert produire, pour le bonheur des peuples, l'un ca féconde de l'Eglise et de l'Etat, sous l'égide de ln iiberté.

Dan: les temps modernes, Louis XI et ses successeurs étouffèrent à leur tour, en Europe, la bienfaisante liberté sous les étreintes de l’absolutisme.

La Pre. #nce dut intervenir à 1 suveau, pour rétablir du: !: monde la féconde liberté.

La révontion de 1789, comme autrefois Atiln ot Alaric, promena sur l’Europe le fléan de Dieu, abattant, écrasant, dispersant des institutions autrefois florissantes, mais, aujourd'hui, touchées par le poison ut despotisme,

Voilà plus d’un siècle que ce fléau de Dieu pousse à travers le monde ses hordes dévastatrices.

Nous nous étonnons de la longue durée de cette nouveîle période de démolition des institutions que nous nous étions accoutumés à considérer comme nccessaires à la prospérité des peuples ; et nous éprouvons quelque chose des inquiétudes qui ont agité les nations européennes, au dixième siècle, lorsqu'elles se croyaient à la veille de Ja atastrophe finale qui doit anéantir le monde.

Calmons nos craintes et nos appréhensions: nous aussi nous aurons notre an mille !

Dans un jour plus ou moins éloigné, nous nous éveillerons pour constater que, pendant que nous voguions dans la nuit sombre, une main infiniment sage avait condnit tous les événements vers l'établis.

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sement dut 0 le plus en plus favorable à l'expansion de tout l] inité,

Prenons patience.

Aussi longtemps que dure la construction de Fédi fice, on ne voit partout que l'amoncellement informe de matériaux et de débris de toute nature, qui emburrassent d'autant plus longuement le sol, que l'édifice à construire sera plus grand et plus splendide,

Non, tout n’est pas tini !

Non, les portes de l'enfer ne prévalent pas dans le monde !

Ceux qui ont foi à la parole du Christ promettant à son Eglise l’immertalité et une prospérité toujours croissante, et qui, cependant, croient qu le monde va s’abîmant dans un irrémédiable chao., font, dans leur esprit, une division qui équivaut à l'absurde séparation de l’Église et de l'Etat.

Car, comment l'Eglise pourrait-elle aller grandissante dans une prospérité sans fin, tandis que Îles peuples, qui forment partie intégrante de cette divine société, crouleraient dans une ruine sans rciwède ?

Le monde moderne est de nouveau en travaii de liberté.

Des principes féconds semés dans les esprits par l'Auteur de tout bien et son Vicaire svr terre, germent de tous côtés, et montrent déjà leurs opulentes tiges, pleines des espérances d'un: :iche moisson.

Parmi les germes précieux semés dans le monde par Dieu et son Eglise infaillible, nous comptons ces heureuses aspirations de la civilisation moderne que nous avons signalées dans un précédent chapitre, surtout celles qui tendent à perfectionner et à rendre plus efficace l'éducation populaire.

Léon XIII s’est montré un semeur d'idées incomparable, et Pie X, à son tour, répand sur le monde une semence d’une fécondité merveilleuse.

Qui dira ce que va produire, par exemple, pour la restauration de la société, son récent décret sur la communion quotidienne, dans lequel il invite tous les hommes, sans distinction d'âge et de condition, à commencer la iournée, comme faisaient les premiers chrétiens, par l’audition de la sainte messe et la participation au banquet eucharistique ?

Se figure-t-on ce que sera la société des humains, le jour où la plupart auront compris que celui qui trouve tout naturel de consacrer huit heures de sa Journée au sommeil, trois ou quatre heures, au repos et aux amusements, et deux à trois heures, à ses repas, ne devrait pas considérer exorbitante la pratique de donner chaque matin, une demi-heure de son temps au soin de sa vie surnaturelle, par l’audition de la sainte messe et la manducation du pain quotidien de l’âme ?

Le retour de cet âge d’or, dans le monde, n’est pas une utopie.

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iDaRee

Les papes ne sont pas des utopistes ; et la Providence a pris soin de nous préparer, dans le développement de la science pédagogique, l’instrument propre à faire entrer dans la pratique des sociétés modernes, des habitudes si raisonnables et si salutaires.

Cet entraînement dans la pratique d’une vie chrétienne sérieuse et raisonnée, n’est-il pas essentiellement œuvre d'éducation ?

Une école catholique d’enseignement professionnel de pédagogie devra former le maître à appliquer à la culture du sentiment religieux, les méthodes employées, aujourd’hui, pour développer dans les enfants le sentiment de l’honneur, de la loyauté, de la droïiture, du respect de soi-même, qui fait, dans la société, le citoyen honorable et prospère.

N’est-il pas étonnant de voir tant de jeunes gens si peu affectionnés aux pratiques de la vie chrétienne, après leur sortie de l’école onu du collège ?

Ce fait regrettable est si commun qu’on finit par en prendre son parti, et croire que c’est là un mal nécessaire.

Cependant, pourquoi l’artisan serait-il de moins en moins habile dans la pratique de son métier à mesure qu’augmentent, pour lui, ses années d’apprentissage ?

Pourquoi un enfant serait-il de moins en moins religieux tandis que se multiplient les années où il apprend à bien remplir ses devoirs envers la Divinité ?

Ne sommes-nous pas encore ici, en face du résultat négatif obtenu par une éducation faussée ?

L'enfant n’a-t-il pas été amené à considérer les

pratiques de la religion comme faisant partie du rè-

glement scolaire, bon pour des écoliers, mais dont il

se hâte de se débarrasser, au sortir de ses études ? D'où vient une si malheureuse lacune ?

N’hésitons pas à le reconnaître. Ce qui fait défaut, c’est l’éducation ; c’est le souci, chez le maître, de développer dans l’enfant, avec tout le soin dû à une si importante partie de son œuvre, le véritable sentiment religieux.

De rares exhortations, de froids enseignements dogmatiques, sont loin de suffire à cette importante tâche. |

C’est tous les jours et à tout propos que le maître doit s’ingénier à trouver l’occasion favorable, pour inculquer au cœur de l'enfant la véritable notion de ses devoirs envers son Créateur.

Chaque prière, chaque exercice religieux, à l’église ou à l’école, devraient être une occasion nouvelle de graver dans l’âme de l’enfant des sentiments de respect envers l’Etre suprême, de confiance en son infinie bonté, de gratitude pour les biens que nons tenons de sa munificente main.

La lecture, l’histoire et bien d’autres spécialités de l’enseignement offrent, à leur tour, des occasions toutes naturelles de travailler à la culture du sentiment religieux.

Et le maître ne croira avoir accompli, à cet égard, tout son devoir d’éducateur chrétien. que le jour où il verra ses élèves pratiquer, avec liberté et conviction, toutes les obligations qu’impose à l’homme sa condition d’être déchu, mais guérissable par la grâce

des Frères des

Fondateur

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