‹ Effets Produits Sur Les Animaux, Par La Compression Et La DécompressionChapitre 10 sur 36 · LUE · texte numérisé non relu

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Fig. 4 — Oiseau dans un air de plus en plus dilaté et de plus en plus oxygéné : A, cloche

communiquant en B avec la machine pneumatique, en C avec un tube barométrique, en D avec un sac plein d'oxygène O 3,

clos 1, repousse l'idée de toute action mécanique, intervenant pour expliquer les accidents dont sont victimes les aéronautes ou les voyageurs en montagnes, turgescence de la face, hémorragies, etc. Les deux expériences (fig. 4 et fig. 5) qui suivent peuvent, à ce point de vue, être considérées comme fondamentales *. « Un moineau est placé sous une cloche où nous pouvons faire le vide — le vide sous courant d'air si nous voulons — au moyen de

1. La pression barométrique, chap. I, p. 525. 2. La pression barométrique, fig. 55 et p. 748.

3. Dastre, La chaire de physiologie à la Sorbonne (Lecon inaugurale du 7 novembre 1887).

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la pompe pneumatique ou d’une simple trompe. Cette cloche communique d’un côté avec un tube manométrique, qui nous permettra à chaque moment de connaître l'abaissement exact de la pression, et d'autre part avec un ballon d'oxygène. On commence à raréfier l'air, très lentement, afin de désintéresser la brusquerie des variations. Quand la pression n’est plus que de 23 centimètres dans la cloche, l'oiseau titube, trébuche; à 18 centimètres, il s’agite, il tombe sur le côté, les ailes étendues : il va mourir. Nous rendons l'air, et mieux encore de l'oxygène : il se remet, au bout de quelques moments le voilà rétabli.

Ce n’est point la dépression mécanique produite par cet abaissement barométrique qu'il faut accuser.

En effet, cette fois nous avons introduit de l'oxygène dans la cloche, de l'oxygène presque pur (la composition vérifiée nous donne 81 d'oxygène et 17 d'azote). Nous recommencons le vide; voici la pression à 25 centimètres; l’animal ne manifeste aucun malaise : il dépasse sans encombre la pression 18 centimètres, qui tout à l'heure rendait la mort imminente : nous atteignons 15 centimètres. Nous voici à 12 centimètres et l'oiseau n’est pas incommodé. » |

Quelle différence y a-t-il entre les deux expériences dont les conséquences sont opposées ? C’est que dans la première la tension de l'oxygène est moindre que dans la seconde, 6 cent. 3 dans le premier cas, 26 cent. 1 dans le second.

Paul Bert a voulu se rendre compte de ses affirmations à propos de la dépression en opérant sur lui-même. Il s’enferma dans l’appareil que nous avons décrit au commencement de ce chapitre, (fig. 5), la pompe à vapeur fit le vide. Il éprouva les premiers malaises du mal des montagnes à la pression de 45 centimètres. De 60, le pouls était monté à 85 pulsations. L'expérimentateur respira alors l'air d’un sac contenant de l’air riche en oxygène (75 0/0), aussitôt les malaises disparurent et le pouls retomba à 60. La pression fut abaissée jusqu’à 25 centimètres dans le cours de l'expérience et cette pression correspondait à l'altitude de 8850 mètres, à laquelle Glaisher perdit connaissance.

Dans cette dernière expérience, comme dans celle que nous avons décrite avant, sur l'oiseau, c’est l'oxygène qui a été le sauveur, introduit dans l’organisme, alors que celui-ci était en état d'anoxyhémie, c’est-à-dire en état d’asphyxie par défaut d'oxygène.

Cette influence de la dépression sur le sang, Paul Bert l’a étudiée

ER en expérimentant directement sur le sang, à cru, in vibro, in vivo !. Il semblait résulter des travaux de Fernet ? que l’oxygène du sang était indépendant de la pression, l’oxygène étant surtout en combinaison dans le fluide nourricier et la quantité en dissolution dans le

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Fig. 5. — Respiration d'un air moxygéné, dilaté par la diminution de pression 5.

plasma étant minime. Il n’en est pas ainsi. Quand la pression diminue, la composition de l’oxyhémoglobine se modifie par la dissociation.

Paul Bert a donné 57 cent. comme valeur de la pression à laquelle la dissociation commence à se produire, mais il paraît résulter des travaux de Fränkel et Geppert que ce nombre est trop élevé et que la dissociation de l’oxyhémoglobine n’a lieu qu’à partir de 30 cent. C'est donc au-dessous de 30 cent. que commencerait seulement l’altération du sang, constituant l’état d’anoxyhémie.

Ce déplacement numérique n'infirme pas la découverte de Paul

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