S7. VINCENT DE PAUL
les travaux matériels qu'ils fort exécuter, et procèdent d'ordinaire à l'inverse lorsqu'il s'agit d'œuvres artistiques ; que les gouvernements, dis-je» viennent en aide à nos artistes. Et, comme vient de l'écrire le même auteur, pour un peu de cet argent qui serait dépensé quand même après tout, les artistes lui fourniront de la gloire, et de la bonne et belle — pas teinte de sang ni mouillée de pleurs, celle-là !
Et les étrangers nous admireront ; et nos enfants seront fiers de nous ; et 11 mémoire de nos hommes publics vivra, car les protecteurs des arts sont plus vénérés que les guerriers et les conquérants.
La province de Québec, par le nombre et la valur de ses architectes, peintres, dessinateurs, sculpteurs et écrivains, est la première de la Confédération, Aux autres de chercher à nous rejoindre, mais aussi à nous de garder la tête par un labeur persévérant et des études sérieuses.
Savez-vous que Hébert, en plus d’une circonstance, a sculpté des panneaux de bois de chêne pour des richards de Montréal, sans presque se faire payer ! Il fallait bien que le pauvre garçon se fit une renommée, en premier lieu. Aujourd’hui ce que lui commandent ces mêmes individus ou leurs amis est mieux rétribué. M. Meloche a dû se soumettre à de semblables sacrifices au commencement. Se faire connaître est une dure tâche, dans toutes les carrières de la vie, et surtout dans les beauxarts, en Europe comme er Amérique. En Europe, il y a encombrement de cette classe d'hommes, de là les difficultés du chemin. En Canada nous croyons manquer d'argent pour payer leurs travaux, et, longtemps, nous avons manqué de l'intelligence qu'il faut pour les comprendre.
Tout change pour le mieux maintenant, grâce aux luttes courageuses de nos amateurs et de plusieurs citoyens dignes du nom de protecteurs des beaux-arts. Plus les années s'accumulent, plus je sens que la cause des artistes est comprise parmi nous et que l’on aime à s'occuper d'eux.