LA PAROISSE AVANT LA RÉVOLUTION
La paroisse, pendant bien longtemps, ne porta d’autre nom que celui de Saint- Avit-les-Châteandun. Aujourd’hui encore, Saint-Avit est le nom de l’extrémité de la paroisse, qui avoisine l’ancienne abbaye.
L’église du monastère servit d’abord au culte paroissial ; mais bientôt les religieuses comprirent que le recueillement du cloître était peu compatible avec ces allées et venues du dehors, avec ce mouvement populaire. Elles firent alors édifier une église pour la paroisse, en dehors de leur enclos, mais contiguë à l’abbaye. Il en est fait mention, pour la première fois, en 1183 sous le vocable de Saint-Denis.
Est ce à cette époque qu’elle s’enrichit d'un os maxillaire de saint Denis l’Aréopagite ? Nous ne saurions le dire. Il ne nous reste aucun document à cet égard.
Malgré la distinction des deux églises, le curé qui était à la nomination de l’abbesse, devait, en souvenir de respectueuse dépendance, aller en procession à l’église des Bénédictines, au commencement de l’office L’évêque de Chartres, Guillaume, confirme aux religieuses, en 1183, la possession de l’église de Saint-Denis, et leur reconnaît le droit de la faire desservir par un chapelain qui portera l’habit religieux Dès le principe, en effet, les prêtres de l’abbaye étaient condonnés, c'est-à-dire agrégés à l’ordre Bénédictin. Il paraît que, jusqu'à l’époque de la clôture rigoureuse1 du monastère (1607) les religieuses se rendaient à l’église de Saint-Denis pour y chanter les offices.
Une adjudication de rhôtellerie de « Y Image saint Denis » au
1 Cette clôture était imposée par le concile de Trente : les décrets en furent publiés à Chàteaudun, l’an 1609. On voit par les dates que nos religieuses n’attendirent pas d’y être contraintes pour se confirmer aux décrets du concile.
SAINT- DENIS-LES-PONTS
bourg de Pont, dans Je XVIe siècle, prouve que le culte du saint était encore fort en honneur à cette époque.
L’église paroissiale dominait la cour du moulin de Saint- Avit ; il en reste un pan de muraille qui fait actuellement partie de la maison de M. Gustave Isambert. En avant, s’étendait le cimetière. Elle possédait deux cloches. L’un de ses chantres était renommé pour sa belle et puissante voix. Le P. Guyon, qui, peu avant la Révolution, vint donner à la Madeleine de Châteaudun une grande mission, où l'on accourait de tousles villages voisins, distingua cet organe sonore, au milieu des cantiques populaires, et eut voulu emmener avec lui le chantre de Saint- Denis.
L’église paroissiale subsistait encore au commencement de ce siècle. M. Péan, qui en était propriétaire, l’offrit alors à la com* mune pour la modique somme de 1500 francs.
L’esprit religieux était bien refroidi. Tout était bien changé depuis le 13 août 1791, où les habitants redoutant leur annexion à Châteaudun, avaient adressé, aux administrateurs du département, une vive réclamation afin d’obtenir la conservation de leur paroisse : « l'annexion à la ville devant porter un très grand « préjudice à la religion et à leurs intérêts. »
L’offre si peu exigeante de M. Péan fut rejetée. Les habitants alléguèrent qu’ayant l’habitude de monter à la ville le dimanche, ils n'avaient plus besoin d’église particulière, et que, d’ailleurs, elle avait le défaut de n’être pas centrale. Elle fut donc abattue. Restait le cimetière qui, placé à l’extrémité de la commune, n’avait plus de raison d’être, et d'un autre côté gênait singulièrement l'entrée de la cour du moulin. Aussi en 1818, M. Péan après avoir obtenu l’autorisation du préfet d’Eure-et-Loir et de l’évêque de Versailles, propose au conseil municipal de transporter le cimetière à l’extrémité du bourg de Pont, sur le chemin de Lanneray.
Il s'engagea à fournir un demi-arpent de terre, pour cette destination, à l’enclore de murs à chaux et ciment, le tout à ses frais1. De plus il versera la somme de 600 1. à la commune en vue d'ériger une chapelle, au centre du village.
1 En 189G, le cimetière a été agrandi et mis dans son état actuel. La partie neuve a été bénite solennellement par M. l'abbé Desvaux, curé doyen delà Madeleine de Châteaudun, le 19 octobre de la même année.
EGTJSE DE SAJNT-DEN1S-LES-PONTS
SAINT-DENIS-LES-PONTS