ÉGLISE DE TREMBLAY-LE-VICOMTE
Placée sous le vocable de saint Martin et de saint Jacques, l’église de Tremblay-le- Vicomte est du XIIe et du XVIe siècle, vaste, bien construite, éclairée par 13 fenêtres ogivales, dont trois à meneaux, dans la nef.
Elle se divise en deux parties bien distinctes : la nef, large de 7 mètres 60 et longue de 19 mètres 40 serait au moins en partie du XIIe siècle, comme en témoignent deux fenêtres, très étroites, de forme romane, le cintre formé de pierres appareillées, bien visibles à gauche comme à droite ; un contrefort peu saillant en pierre de roussard, situé au côté droit, serait de la même époque, ainsi qu’une petite porte murée.
Les fenêtres ouvertes aujourd’hui ont été percées au XVIe siècle ; l’une d’elles, à gauche, conserve un meneau et le trèfle supérieur; les contreforts à soubassement, larmiers et retraits sont de la même époque.
La 2e partie, longue de 16 mètres 60 et large de 10 mètres 40, formant le chœur et le sanctuaire, est du XVP siècle ; le sanctuaire est pentagonal ; à droite est une chapelle rectangulaire de 6 mètres 60 sur 3 mètres 80. Les contreforts extérieurs sont également munis d’un soubassement avec moulure, d’un retrait intermédiaire et se terminent par un larmier Les 9 fenêtres du chœur sont ogivales, les meneaux ont été enlevés
La voûte est en charpente, avec entraits et aiguilles, et de forme ogivale ; elle est très ornée au-dessus du chœur, les extrémités des entraits se terminent en tète de dragons ; sur l’une des poutres on lit l’inscription suivante :
c< M DC XL. P. A. FOVET. E. DE LESPHIE,
ET. H. GVERIN. GAGIERS. »
Entre chaque fenêtres se voient les figures des apôtres, peintes à fresque, assez bien conservées.
La voûte de la nef est hexagonale, les poutres sans sculpture. Des peintures modernes couvrent les parois : la Fuite en Egypte, le Baptême de N. -S., la Résurrection du fils de la veuve de Naim, Jésus avec les apôtres. Au plan supérieur, les douze Apôtres et les Docteurs. Au-dessus de la grande porte : Marie-Madeleine essuyant avec ses cheveux les pieds de Jésus.
A côté de la porte est un grand tableau représentant saint Martin guérissant un lépreux à la porte d’Amiens.
Ce tableau était autrefois au retable du maître-autel.
Il nous reste à décrire celui-ci tel qu’il est aujourd’hui.
« En 1874, fut fait un nouvel autel en bois de chêne découpé avec retable en style ogival. Son mérite consiste dans les nombreuses statues qui le décorent. Notre-Seigneur au milieu des douze Apôtres, puis les quatre grands personnages de l’ancienne loi, Abraham et Melchisédech, Moïse et David. Plus haut, les saints de la nouvelle loi : saint Denis, saint Eleuthère, saint Remi et saint Louis, sainte Geneviève, sainte Philomène, saint Augustin saint Fulgence et deux anges sur des colonnes.
« Au sommet, sous un dôme en forme de campanile, Jésus, le souverain prêtre , tenant d’une main le calice et de l’autre la croix.
« Toutes ces statues, au nombre de trente sont en bois de chêne, comme l’autel et très bien sculptées.
« A droite et à gauche sont les statues richement décorées des deux patrons saint Martin et saint Jacques, avec des dômes et des supports dans le genre de l’autel. »
Les artistes ne doivent pas être oubliés. Ce sont M. Beaufils et M. l'abbé Piau, actuellement doyen de Thiron.
La chapelle, à droite, est ornée de trois autels dans le même genre. Ces autels sont dédiés au Sacré-Cœur, à la sainte Vierge et à saint Joseph. Le confessionnal, les stalles du chœur, les boiseries du sanctuaire rivalisent d’élégance et de finesse. Tout cet ensemble, si peu ordinaire qu’il soit, est agréable à contempler et fait le plus grand honneur aux deux artistes.
Cette chapelle était autrefois voûtée en maçonnerie, la naissance des arêtes est encore apparente.
On trouve dans les archives plusieurs mentions des autels de la Vierge, de sainte Anne, de Notre-Dame de Pitié, celle-ci placée sous le chapiteau, en 1617.
Le clocher, placé au pignon occidental semble relativement moderne. La base cependant est ancienne, mais le beffroi et la flèche ont été récemment restaurés, sinon refaits en entier.
Il y avait avant la Révolution deux cloches ; la première surtout était remarquable. Belle , grosse, artistement décorée, elle avait été bénite en 1583, sous M le prieur-curé Vincent Mahon. Elle portait parfaitement gravée cette inscription avec les armes du seigneur parrain : « L'an MDLXXXIII, je fuz nommée Martine par havlt et pvissant sr Mess. Ph. Hevrault, chev. des
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