PYRENEES -ORIENTALE S
Une église de campagne, aussi bien qu'une cathédrale, doit être avant tout un monument durable, dans lequel rien ne saurait être négligé pour obtenir une bonne construction. Nous ne voulons pas dire par là que les mêmes matériaux doiventêtre employés dans l'un et l'autre cas ; seulement nous pensons que , quels que soient ceux dont on dispose, il est toujours possible, en les employant convenablement, d'obtenir un résultat relativement satisfaisant. Plus un monument est modeste, plus l'emploi des matériaux doit être judicieux, si l'on veut satisfaire aux conditions de solidité , d'économie et même d'apparence. Rien , en effet , ne donne un caractère monumental à un édifice comme une construction franchement accusée et un appareil bien entendu , et si d'autre part cet édifiée est bien conçu dans son ensemble et qu'il présente d'heureuses proportions, il n'a pas besoin du secours de la sculpture pour être une bonne œuvre architecturale.
L'église de Saint-Sauveur, dont nous publions aujourd'hui la monographie, est une excellente preuve de ce que nous avançons , et certes , il serait difficile, avec les mêmes ressources, d'élever une construction plus sage, mieux raisonnée et en même temps plus élégante. Cet édifice se compose d'une seule nef terminée par une abside polygonale ; le clocher placé dans l'axe principal sert de porche et possède deux petits escaliers qui desservent la tribune et conduisent jusqu'au comble; la sacristie est établie latéralement entre deux contre-forts.
Dans l'étude d'une église, de quelque importance qu'elle soit, il est toujours
très-difficile de disposer convenablement la sacristie, si l'on veut réunir toutes les
conditions exigées. Pour satisfaire aux besoins du culte, elle doit être à proximité du chœur et située latéralement; de plus, elle ne peut forcément avoir qu'une
hauteur minime relativement à celle de l'édifice et cependant elle doit s'y relier autant que possible. Il nous semble que, pour une église de village ne possédant qu'une seule nef, le meilleur parti à prendre est celui qu'a adopté l'architecte de Saint-Sauveur; la sacristie est traitée franchement comme une annexe, élevée seulement à la hauteur nécessaire et disposée de façon à ne pas interrompre les lignes principales de la façade latérale. Le passage établi entre les deux contre-forts a été couvert par un dallage, afin de faciliter l'écoulement des eaux, et de détacher le comble de la sacristie qui, ainsi disposée laisse dégagée dans toute sa hauteur la fenêtre de la travée correspondante.
Le monument qui nous occupe est entièrement voûté sur plan barlong ; nous avons présenté la coupe transversale en indiquant la construction des contre-forts, afin de donner par cet exemple une idée de l'habileté et de l'économie apportées dans l'emploi de la pierre ; les remplissages sont montés en moellons et enduits de mortier à l'intérieur comme à l'extérieur. Nous ferons remarquer sur cette même planche la disposition des escaliers dans la partie supérieure et la manière dont l'architecte a profité de l'arc formeret pour établir des marches conduisant jusqu'à l'étage du beffroi. Le bois intercalé dans le texte donne à l'échelle de deux centimètres des détails nécessaires pour faire comprendre la construction de la flèche en pierre; le plan de l'assise A et celui de l'assise B indiquent l'appareil de la souche et le moyen employé pour passer du plan carré à l'octogone; la coupe sur MN montre la disposition de l'un des trompillons élevés aux angles et faisant contre-poids.
Il serait très-intéressant de pouvoir reproduire ces détails en plus grand nombre et de donner un plan à la hauteur de chaque assise , comme l'a fait d'ailleurs l'architecte pour l'exécution, mais notre cadre ne nous permet pas de nous étendre davantage. Nous espérons néanmoins que nos planches feront suffisamment comprendre l'esprit de la construction et donneront une idée du soin avec lequel ce monument est étudié.
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