‹ Égypte ancienneChapitre 10 sur 53 · TH · texte numérisé non relu

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qu'ils placent leur confiance dans un appel qui imite le cri d'amour, du serpent. L'habileté consiste à en- bien contrefaire la voix , par un sifflement tantôt sonore comme le mâle^ tantôt plus étouffé comme celui de latemelle, et ce n'est effectivement qu'à cette condition que le serpent peut entrer enémoi, et se déterminer à quitter sa retraite.

Avec de jolis serpents, il y a aussi en Kgypte de jolis lézards. Ces animaux sont en général de forme élégante , parés de couleurs très-vives , et d'une extrême agilité; ils ont quelque intelligence et sont d'un naturel ûoux et timide. Mais , s'ils se défendent, ils montrent à la fois du cou-, raee et de l'adresse. Une fois accouplés , les deux individus restent ensemble pendant toute la saison ; le mâle se bat avec acharnement pour conserver sa femelle.

Le plus connu , à juste titre , de tout les lézards d'Égypte , est le crocodile. Sa férocité, sa structure monstrueuse, sa taille de 30 à 40 pieds, l'ont toujours fait remarquer ; les anciens observèrent ses habitudes , et la relation qu'en a écrite le père de l'histoire, Hérodote , est encore vraie en ses points principaux. « Je vais parler, ditil, des mœurs du crocodile. Pendant les quatre mois d'hiver, ces animaux ne prennent aucune nourriture. Le crocodile , quoique quadrupède , vit également à terre et dans l'eau ; mais il pond toujours ses œufs sur le sable, où ils éçlosent. Il passe la majeure partie du jour à sec, et la nuit tout entière dans le fleuve , dont l'eau a une température plus chaude que n'est alors celle de l'air et de la rosée. De tous les animaux que nous connaissons , le crocodile est celui sans doute dont l'accroissement est le plus extraordinaire. Ses œufs ne sont pas beaucoup plus grands que ceux d'une oie, et il en sort par conséquent un . animal proportionné; cependant cet.

animal en grandissant atteint jusqu'à 17 coudées de longueur, et quelque fois davantage. Il a les yeux d'un co-. chon, les dents saillantes en dehors ,v

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et très-grandes dans la proportion de son corps. Il est le seul de tous les animaux qui n'ait point de langue , Je seul aussi dont la mâchoire intérieure ne soit pas mobile, et qui fasse au contraire retomber la mâchoire supérieure sur Tinférieure. Il a des ongles extrêmement forts, et une peau écailleuse qui est impénétrable sur le dos. Il voit mal dans l'eau, mais, en plein air, sa vue est très-perçante. Comme il se nourrit particulièrement dans le Nil , il a toujours l'intérieur de la gueule tapissé d'insectes qui lui sucent le sang. Toutes les espèces d'animaux terrestres ou d'oiseaux le fuient; le trochilus, seul, vit en paix avec lui, parce que ce petit oiseau lui rend un grand service : toutes les fois que le crocodile sort de l'eau pour aller sur la terre, et qu'il s'étend, la gueule entr'ouverte (ce qu'il a coutume de fafre en se tournant vers le vent du midi), le trochilus s'y glisse et avale tous les insectes qui s'y trouvent : le crocodile , reconnaissant , ne lui fait aucun mal.

« Il y a plusieurs manières de chasser ces animaux ; voici celle qui parait la plus remarquable. Après avoir attaché a un hameçon le dos d'un porc , et l'avoir jeté 'au milieu du fleuve, les chasseurs se placent sur la rive , et frappent un petit cochon qu'ils ont apporté avec eux. Le crocodile , entendant les cris de l'animal , se dirige vers le lieu d'où vient la voix, et, rencontrant dans son chemin l'appât qui a été tendu, l'avale avec l'hameçon.

Alors les chasseurs le tirent à eux , et lorsque le crocodile arrive sur la terre, un d'entre eux, avant tout, s'avance et enduit les yeux de l'animal d'argile délayée qu'il a préparée ; avec cette précaution , on vient facilement à bout du reste; autrement, il en coûterait beaucoup de peine. »

Voilà ce qui se disait en Égvpte sur le crocodile, du temps d'Hérodote. Les observateurs modernes ont rectifié, en certains points, une telle narration.

Ainsi , dans le cas où , au commencement des choses, le crocodile passait quatre mm sans prendre de nourri-

ture , comme on Fa raconté aussi des crocodiles de l'Amérique, il mange aujourd'hui durant toute l'année. Il y avait autrefois des crocodiles dans lâ Basse comme dans la Haute-Égypte.

Au contraire, on remonte, de" nos jours, centlieuesdu Nil, depuis son embouchure, sans en apercevoir : il paraît que c'est l'élévation de la température qui retient le crocodile dans la Haute- Egypte. Il est habituellement cruel .

farouche, inquiet, audacieux , prudent et rusé. Il guette les femmes qui viennent puiser de l'eau au Nil , et les enlève s il le peut. Un Albanais dormant dans sa tente, près du Nil, fut saisi par une jambe et entraîné dans le Nil. Ceci se passa près d'EsnélTen 1820.

Le crocodile vit dans l'air, mais il préfère l'eau , pour laquelle il est plus particulièrement organisé. C'est la chaleur solaire qui fait éclore ses œufs; M. Cailliaud , dans son voyage en Nubie, recueillit des œufs de crocodile, les déposa dans sa barque , qui , un matin, fut envahie par autantde petits crocodiles ; ils étaient éclos bien naturellement. Les tupinambis, dont nous avons déjà parlé, et l'ichneumon , détruisent un grand nombre d'ceufsde crocodile.

Lorsqu'ils se rendent, dans le jour, en troupes, sur les rives du Nil, l'un d'eux fait le guet, en appliquant l'oreille sur le sol , alind'enienùrc le moindre bruit. A l'égard de sa langue, la vérité est qu'il en a une, mais peu épaisse, et engagée dans des téguments. Il est vrai aussi que la mâchoire inférieure n'est presque pas mobile, et c'est la mâchoire supérieure qui joue sur elle; mais la mâchoire supérieure ne forme qu'un &ul tout avec sa tête entière.

C'est de cette manière que les anciens ont, en effet, représenté le mouvement de la mâchoire supérieure du crocodile, notamment sur les médailles romaines de la colonie de Nîmes.

La dureté de la peau du crocodile est aussi une vérité incontestable; les balles de calibre , tirées à une distance moyenne, glissent sur ses écailles, et le réveillent à peine, s'il est endormi. C'est un petit pluvier qui nettoie sa gueule des innombrables insectes qui

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f assiègent, et dont le défaut de langue mobile ne lui permettrait pas de se débarrasser. Enfin, on a apporté en France plusieurs momies de crocodiles très - artistement embaumés. Quand le mâle approche la femelle , il la tourne sur le dos, et s'il oublie, ou s'il est empêché de la retourner, quand il la quitte , elle ne peut changer sa position par ses seuls efforts , et devient ainsi la proie des chasseurs. On porte à cinq le nombre des espèces de crocodiles qui vivent dans le Nil.

Parmi les autres animaux dont il nous est venu d'Égypte un grand nombre de momies, on "doit surtout remarquer Y ibis, dont les Égyptiens connurent deux espèces , le blanc et le noir, qui vivent d'insectes, de vers aquatiques, et même de poissons. Les anciens ont attribué la sépulture que les Égyptiens accordaient a l'ibis , a leur reconnaissance fondée sur ce que l'ibis détruisait les serpents. Il est cônnu aujourd'hui que l'ibis ne fait point la guerre à ces reptiles. Les ibis ne nichent point en Egypte, et ils y arrivent des que le Niï commence "à croître; ils disparaissent avec l'inondation.

L'ibis était consacré au grand dieu Tbôth, l'inventeur des sciences et des lettres, et il est figuré très-fréquemment sur les monuments antiques. On attribue aussi à cet oiseau l'invention des clystères ; on raconte que lorsqu'il est malade, il s'injecte de l'eau dans l'anus, au moyen de son bec et de son cou , qui sont fort longs. Les ibis se voient en Nubie, où les voyageurs les ont plusieurs fois observés; on les trouve également dans toute l'Afrique.

Les chauve-souris sont très-abondantes enÉgypte, il y en a huit genres distincts ; elles habitent l'intérieur des temples abandonnés, les tombeaux et les autres édifices ruinés. Les unes poursuivent leur proie dans les airs, les autres la saisissent sur les arbres. Celle qu'on appelle la roussette n'a presque pas de queue , et on a observé que sa face ressemblait à celledu chien ; on trouve les roussettes en grand nombre, surtout dans les chambres de la pvmde pyramide. On sait que les rous-

settes sont susceptibles d'éducation; qu'elles s'attachent aux personnes qui en prennent soin ; on les accoutume aussi à être caressées par tout le monde; elles lèchent comme les chiens, et en ont toute la familiarité. D'autres fois, elles témoignent une affection particulière pour leurs maîtres, en mordant ou en égratignant les personnes qu'elles ne connaissent pas. On est, toutefois, peu disposé a élever des roussettes, à cause de leur odeur et de celle de leurs urines.

Uichneumon est aussi un animal assez timide pour être susceptible d'éducation ; on en achète de jeunes , qui font la chasse aux rats et aux souris dans les maisons. Il devient doux et caressant en domesticité ; il distingue la voix de son maître, et le suit presque aussi lidèlement qu'un chien. I< mange dans le lieu le plus retiré et le plus obscur, et il ne faut alors l'approcher qu'avec beaucoup de précautions. Il lape en buvant, et lève une jambe de derrière en pissant; il a à la fois des habitudes au chien et des grands carnassiers. Il vit de rats , de serpents , d'oiseaux et d'œufs. Lorsque l'inondation le pousse vers les villages , il y détruit les poules et les pigeons ; mais le renard lui fait la guerre, et surtout le lézard nommé tupinambis , très-friand aussi des œufs de crocodile, mais plus adroit et plus agile nue l'ichneumon. Les anciens ont dit que, pour attaquer un serpent, l'ichneumon se roule dans la vase, qu'il la fait sécher au soleil, pour s'en faire une espèce de cuirasse, qu'il préserve son museau en repliant sa queue autour, et qu'ainsi armé, il se jette sur les plus grands serpents.

Quant aux grands quadrupèdes , on trouve aussi en Egypte la célèbre hyène d'Orient ; elle y vit dans les lieux les plus reculés, et sur la lisière du désert ; les terrains déchirés lui servent aussi d'asile. Elle inspire peu de terreur, et n'attaque que les troupeaux ou les animaux isolés. Le schakai est le loup d'Égypte ; il est également très-rusé, très-hardi, et vit dés proie?

qu'il se procure par tous les moyem

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connus». Ou peut dire qu'en général , les animaux d'Egypte ont moins de férocité qu'en d'autres climats ; le crocodile même y est plus timide.

L'hippopotame habite les régions nlus méridionales du Nil; il ravage les récoltes , mais n'attaque pas l'homme. On le repousse dans le Nil avec des feux allumés et beaucoup de bruit.

Si, à cette nomenclature des animaux les plus remarquables parmi ceux qui se trouvent en Egypte, on voulait ajouter la liste de ceux qui furent connus par les anciens Égyptiens , et qui sont figurés par la peinture ou par la sculpture dans leurs monuments, il faudrait nommer les principaux animaux de l'Afrique et de l'Asie , des oiseaux , surtout des quadrupèdes. On a trouvé un tombeau très-antique entièrement peint de figures d'oiseaux différents , au nombre de plus de cent , et tout autant de quadrupèdes , en partie étrangers à l'Egypte , entre autres, une espèce de coneoro , l'éléphant, et un ours brun mené par des bateleurs , en compagnie d'un singe. On voit aussi sur les monuments sculptés, des singes de l'intérieur de l'Afrique, des perroquets au plus riche plumage , des éléphants, et même la girafe, figurés parmi les tributs payés par les peuples vaincus. Il parait également certain que les anciens rois d'Egypte emmenaient avec eux à la guerre un lion apprivoisé , qui les secondait et les gardait dans le combat. On a parlé aussi en d'autres temps de quelques lions apprivoisés; Méhémet- Ali , vice-roi actuel d'Egypte , en a un dans son palais, et assis habituellement auprès de lui.

Parmi les végétaux observés en Egypte , les uns y sont indigènes , d'autres y arrivent par les vents ou par le Nil. Entre les arbres particuliers à la Haute-Égypte , il faut compter le palmier, le aoum et le sayal. U acacia nilotica est un des arbres qui appartiennent à la Haute et à la Basse- Egypte ; d'autres ne viennent que par la culture , et tels sont le sycomore et le tamarinier, originaires de l'intérieur

de l'Afrique, le cordia myxa, l'acacia iehbeek et le cassia fistula, originaires de l'Inde. Dans la Basse-Égypte, facilement inondée , croissent les roseaux, deux espèces de nymphxa ou lotus, et enfin le papy rus -, autrefois très-commun aujourd'hui très-rare dans cette contrée. Il y a quelques végétaux dans le désert. On sème dans les terres arrosées le trèfle et plusieurs autres plantes de la classe des légumineuses ; on cultive le riz , le froment , les fèves, l'orge, le blé, la laitue, les lupins, la gesse , les pois chiches , les lentilles et Te blé de Turquie; le pavot, le tabac et le chanvre y sont abondants; on n'y connaît ni le seigle ni l'avoine. La canne à sucre , le coton et l'indigo y viennent très-bien. Il n'y a en Égypte que du blé barbu , et on en a retrouvé dans des tombeaux , où il était déposé dès la plus haute antiquité.

De toutes les plantes d'Egypte , le papy rus , ou byrulos , fut une des plus, utiles dans les temps de la prospérité de cet empire. Il servait de papier dans l'Orient , dans l'empire romain , et la France même jusqu'au XI" siècle. Le papyrus, très-rare aujourd'hui, crois-t sait' dans les lacs et dans les marais; il s'élevait à dix pieds de haut environ ; sa tige porte au sommet une chevelure qui n'est d'aucun usage. Pour faire du papyrus à écrire avec cette tige, on retranchait les deux extrémités, on coupait la tige en deux parties égales dans sa longueur, et on séparait successivement, avec une pointe, les tuniques , au nombre de vingt environ, qui forment cette tige , dont le diamèr tre est de deux ou trois pouces. La blancheur des tuniques croissait à mesure qu'on approchait du centre. On les étendait séparément; chacune d'elles formant une feuille , et après diverses préparations, on collait deux feuilles Tune sur l'autre, mais placées de manière que leurs fibres se croisassent ; la feuille prenait par-là une suffisante consistance. On battait, pressait et polissait chaque feuille, et avec plusieurs, collées à la suite l'une de l'autre, on faisait des pièces de papier de toutes longueurs. On enduisait ensuite ce

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papier d'huile de cèdre , comme trèspropre à le préserver de la corruption. On possède , écrites sur papyrus d'Éurpte , des chartes de rois de France , à empereurs et de papes; des livres en grec ou en latin , oui remontent aux premiers temps de la monarchie française; mais l'antiquité de ces monuments écrits ne peut entrer en considération à côté des papyrus égyptiens découverts en Egypte , dans des jarres d'argile , hermétiquement scellées , et déposées dans les tombeaux. Ces papyrus sont de toute nature ; il y a des rituels ou livres de prières pour les morts , des registres de comptabilité , de simples lettres , des dossiers de procès, et surtout des contrats passés entre particuliers pour achats et ventes, et autres conventions civiles.

Quelques-uns de ces contrats en caractères égyptiens remontent même aux temps antérieurs à Moïse , et n'ont pas à présent moins de 3500 ans d'atffiqmté; ils sont bien conservés, grâces à /a salubrité des lieux où ils ont été déposés, et vraisemblablement aussi à la bonne préparation de cette espèce de papier, dont aucun de nos papiers modernes n'égalera jamais la solidité et la durée. Les anciens se servirent de plusieurs sortes de papyrus ; le plus fin et le plus beau était le papyrus royal, et papyrus augustus sous les Romains; venait ensuite le papyrus hiératique , servant aux écritures et aux livres qui intéressaient la religion ; on l'appela plus tard livius, pour flatter Livie, la femme d'Auguste. Ces dénominations varièrent dans la suite, quand on fabriqua du papyrus à Rome et en d'autres villes de 1 ancien monde, là où la nature du sol favorisait la végétation de cette plante aquatique. L'Égypte en cultiva cependant plus que toute autre contrée. Saint Jérôme dit que, de son temps , l'usage du papyrus était général ; aussi on avait grévé cette production et cette industrie d'impôts tellement considérables, que Cassio- 4ore félicita, par uneépître bien connue , le genre humain tout entier sur la diminution opérée par Théodoric , lins le tarif de l'impôt existant sur

une production aussi utile. L'invention des papiers de coton et de chiffes a fait négliger la culture du papyrus ; on ne le trouve presque plus en Egypte. Du reste, on peut voir au musée égyptien du Louvre et à la Bibliothèque rovale de beaux manuscrits sur papyrus d'Egypte et de toutes les époques.

Pour compléter ce qui vient d'être ditdans ce paragraphe relativement aux productions naturelles de l'Egypte , il est nécessaire de rappeler avec quel soin les anciens Égyptiens les étudièrent , et le fréquent usage qu'ils en firent dans leurs institutions publiques. Les animaux et les végétaux les plus connus en Égypte furent en effet consacrés à des divinités diverses , et employés comme symboles religieux ou ornements sacrés dans les temples et les cérémonies du culte. Le nombre des êtres divins était considérable dans la croyance égyptienne ; ils représentaient individuellement les diverses qualités du grand dieu qui les renferme toutes ; on consacra donc à chacun de ces êtres divins l'animal à gui les Égyptiens attribuaient de posséder essentiellement ces mêmes qualités ; chaque animal était donc un symbole religieux , et il est employé comme tel dans les représentations nombreuses qui nous restent du culte égyptien.

C'est pour cela qu'il nous est parvenu un si grand nombre de figures, en toutes manières , représentant les mêmes animaux, tels que le bélier, le schakal, le chat, le singe, le crocodile, l'épervier, l'ibis, le taureau, le scaraf>ée,le bœuf, le vautour, diverses espèces de serpents , quelques insectes et quelques arbres, arbustes et plantes. Pour faire comprendre les motifs du choix de chacun de ces symboles , nous citerons quelques exemples des idées qui guidèrent ces prêtres et philosophes de l'Égypte. Ils consacrèrent le cynocéphale (espèce de singe) à la lune , parce que le cynocéphale, nourri dans les temples ,* était privé de la vue pendant les conjonctions du soleil avec la lune; l'épervier était le symbole du dieu soleil . parce que cet

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oiseau avait la faculté de fixer ses yeux sur cet astre ; le scarabée était aussi consacré au soleil , parce que le scarabée a 30 doigts comme le mois solaire a 30 jours ; le vautour était aussi l'emblème de la déesse-mère, parce qu'il n'y avait que des femelles parmi cette espèce d'oiseau ; l'ibis était consacré à la lune , parce que cet oiseau s'occupe de ses œufs pendant la durée de la croissance et de la décroissance de la lune. L'ibis représentait le grand Hermès ou Thôth , particulièrement adoré en Egypte , parce que cet oiseau marche avec mesure et gravité, que son pas était un étalon métrique , et qu'il avait inventé la science des nombres. On disait aussi qu'une espèce de cynocéphale connaissait la valeur des lettres ; il était en conséquence le symbole du dieu Thôth, l'inventeur des sciences ; on figure, en effet, cet animal tenant dans ses pattes une tablette d'écrivain. Le bélier fut le symbole delà prééminence, d'Àmmon-Ra, le grand dieu de l'Égypte , parce que sa principale force est dans sa belle tête et qu il est toujours placé en avant du troupeau pour le conduire. Le chat, le crocodile, des serpents étaient aussi des emblèmes d'autres dieux de l'Egypte. Chacun de ces animaux était nourri avec beaucoup de soin, et selon ses goûts, dans le temple consacré au dieu dont il était I l'emblème, et soigneusement mis en momie après sa mort. S. Clément d'Alexandrie rapporte que les temples égyptiens étaient de magnifiques édifices, resplendissants d'or, d'argent et des pierres précieuses de l'Inde et de l'Ethiopie : « Les sanctuaires , ajoutet-il,sont ombragés par des voiles tissus d'or; mais si vous avancez dans le fond du temple et que vous cherchiez la statucyUn employé du temple s'avance d'un air grave en chantant un hymne en langue égyptienne, et soulève un peu le voile , comme pour vous montrer le dieu; que voyez-vous alors?

un chat, un crocodile, un serpent indigène, ou quelque autre animai dangereux ! Le dieu des Égyptiens paraît !... C'est une bête sauvage , se vautrant

sur un tapis de pourpre ! » Tous les sanctuaires de l'Egypte renfermaient en effet un animal vivant; ce n'était pas l'animal qu'on adorait, mais la divinité dont il était le symbole vivant et consacré. Les exclamations de saint Clément sont donc sans objet.

Les Égyptiens pensèrent qu'il était plus digne de leurs dieux , de les adorer dans des symboles animés de leur souffle créateur, que dans de vains simulacres de matières inertes ; ils croyaient d'ailleurs que l'intelligence des animaux les liait de parenté avec les dieux et les hommes.

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