SUR ERNEST ROUA RR
Eli 1858, il visita l’Espagne et résida eu Algéi’ie pendant les mois d’oclobre et de novembre de la même année.
Chargé par le ministre d’État de rechercher et d’étudier les causes physiques et morales qui maintiennent les populations de l’Egypte et de la Syrie dans l’état d’infériorité relative où nous les savons , il partit pour l’Orient le T" février 1861.
Il aborda d’abord en Egypte, et n’en sortit (pi’au mois de juin 1862. Les seize mois qu’il passa dans cette contrée furent employés par lui à visiter les ruines historiques qui couvrent le ter-
ritoire de la haute Egypte, à étudier de près et
dans leur intimité les populations arabes du bassin du Nil, à suivre sur lui- même la marche de cette maladie particulière à l’Egypte, et connue sous le nom de « Bouton du Nil, » qu’il avait contractée au contact des populations, pendant ses diverses pérégrinations en Egypte.
Les travaux de l’isthme de Suez étaient dès lors en grande activité, Ernest Godard ne perdit point l’occasion ([ui s’offrait à lui, de faire des études spéciales sur les circonstances pai’ticulières (jni devaient se produire dans une agglomération de poj)ulations réunies snr un jnéme })oint, dans des
XIV RENSEIGNEMENTS RIOGRAPIIIOUES
conditions Ibrl ])en sévères de salubrité, et il se rendit aux iravanx de risthnie.
Le typhus dévorait alors les travaillenrs; Ernest Godard, ne consnllanl que son penchant à nohlenient agir, se joignit aux médecins de la Gonipagnie et soigna avec eux les pestiférés des chan-
tiers de l’isthme.
Le typhus qu’il contracta en accomplissant cet acte tout spontané d’ohscnr dévouement le retint quelque temps à Damiette où, malgré sou état maladif, il lit des reclierches et des études sur l’éléphantiasis.
Il arrive enfm à Alexandrie, s’y emliarque pour Jaffa ; le 12 juillet, il est à Jérusalem, et l’y voilà étudiant la lèpre.
Tant de fatigues et de sublime imprudence devaient enlin le perdre.
Dès le cinquième jour qui suit ses premiers travaux sur les lépreux, il est pris d’une lièvre intense. Le 31 juillet, des ulcérations se développent chez lui sur le côté droit de la bouche. Le 7 août, son mal s’aggrave. Le 28 août, il est anéanti presque jusqu’à la mort par des crises nerveuses. 11 qnilte Jérusalem le 4 septembre.
Le G, après deux jours de pénible voyage en litière, nne iiéritonite se déclare. Le 7, prévoyant sa mort