V . La favorite servait la femme légitime, elle est restée
I '' debout pendant toute la réception, de même que toutes
les autres femmes présentes, excepté, bien entendu, les ; ■ . visiteuses.
i ! . La femme légitime a dit qu’elle ne fumait pas, suivant
I l’habitude des Européens. Cependant elle avait les dents
fort noires ; peut-être leur donne-t-elle cette couleur avec ; de la teinture. Comme on parlait du sort des femmes en
Orient, elle a dit qu’on était loin en Europe de connaître les pleurs du harem. Ce mot semble prouver que les femmes d’Orient commencent à souffrir de leur état de passivité et qu’elles sont malheureuses de n’être que des instruments déplaisir.
La favorite est fort bien, elle avait les cheveux coupés Vi courts comme les autres femmes. Elle ne portait sur elle
, aucun l)ijou. Bien que mise simplement, elle avait une
^1' : très-belle robe. Elle servait le café à sa maîtresse et aux
' I visiteuses. Des dames sont venues, accompagnées de
trois petites filles fort jolies, de dix ans environ. Elles j.'i ont dansé des pas fort lascifs ; elle se contournaient en
J ! arrière et de côté, se ployant complètement ; puis, àplu-
' sieurs reprises, elles ont fait des cabrioles. Elles faisaient
aussi saillir leur ventre en avant. Toutes ces danses étaient bien au sens de la musique. A terre, il y avait quatre vieilles bouffonnes qui amusaient la société. La y femme légitime a dit à madame K... que si elle voulait
{ emporter une collection d’antiquités en Europe, elle lui
j ferait cadeau des quatre vieilles.
■ , Dans ce harem, il y avait en tout seize femmes. Les
•; J appartements étaient meublés à l’européenne. Madame
HAREMS
• K... a vu une pendule sur une console. Il y avait aussi un piano, car la maîtresse et la favorite vont apprendre à jouer de cet instrument.
ÏV